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Dans un contexte de ralentissement mondial, les économies émergentes restent dynamiques

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10 juin 2008—Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale publié aujourd'hui au Cap (Afrique du Sud), de nombreux pays en développement ont été relativement épargnés par l'onde de choc induite par les turbulences sur les marchés financiers qui s'est propagée dans les pays à revenu élevé en 2007.

D'après le rapport publié chaque année par la Banque sur le financement du développement dans le monde (Global Development Finance 2008), la Chine a affiché une croissance à deux chiffres pour la cinquième année consécutive, et les apports nets de capitaux privés aux économies en développement ont atteint le chiffre record de mille milliards de dollars.

En 2008, la croissance chinoise, des autres pays de la région Asie de l'Est et Pacifique, et des autres régions en développement devrait se poursuivre à un rythme moins rapide mais toujours soutenu de 6,5 %, contre 7,8 % précédemment, tandis que leurs partenaires commerciaux à revenu élevé, tels que les États-Unis, verront leur activité fléchir à 1 ou 2 % et leurs importations reculer.

« Ils ne sont pas exposés de façon passive » à l'économie mondiale

D'après le rapport, si les pays en développement ont résisté jusqu'ici à la tourmente financière née aux États-Unis et à l'envolée des prix de l'énergie et des produits alimentaires, c'est en partie grâce au travail qu'ils ont accompli ces dernières années pour améliorer leurs politiques publiques, investir davantage et réaliser des avancées technologiques.

« Ce sont les réformes et les bonnes politiques économiques qu'ils ont su mettre en place qui les ont sauvés durant cette crise financière » explique Mansoor Dailami, chef de l'équipe Finances internationales à la Banque mondiale et principal auteur du rapport.

Hans Timmer, co-auteur du rapport, ajoute : « On constate de plus en plus qu'ils ne sont pas exposés de façon passive à l'évolution de l'économie mondiale, mais qu'ils en influencent activement le cours. Le ralentissement de l'économie américaine, en particulier de la demande intérieure, n'a pas grand impact sur eux. »

Data Highlihhts

1 : L'économie mondiale
Les turbulences sur les marchés financiers et la montée de l'inflation ralentissent la croissance mondiale.
  • Croissance du PIB mondial en 2008, 2,7 % ; en 2007, 3,7 %
  • Croissance des pays à revenu élevé (OCDE) : 1,5 % en 2008
  • Croissance des pays en développement : 6,5 %, 7,8 % en 2007

L'inflation s'accélère rapidement

Mais l'inflation qui pousse les prix de l'énergie et des denrées alimentaires à la hausse fait du tort aux segments les plus pauvres de la population des pays en développement. Les prix des produits alimentaires de base ont augmenté de plus de 100 % depuis 2005. En mars 2008, le prix réel du riz a grimpé à son plus haut niveau en 19 ans ; et quasiment simultanément le blé a atteint un sommet inégalé depuis 28 ans.

« Nous constatons que l'inflation s'accélère rapidement dans le monde en développement, » observe Hans Timmer, co-auteur et Directeur de l'équipe chargée d'analyser les tendances mondiales au sein du Groupe d'étude des perspectives de développement à la Banque.

En outre, alors que la crise semblait s'atténuer au premier trimestre de 2008, la tourmente financière qui secoue les États-Unis et quelques pays européens « continue de sévir », relève M. Dailami.

Un besoin urgent d'aide au développement

Dans le même temps, les apports d'aide publique au développement (APD) aux pays les plus pauvres, hors allégements de dette, n'ont que peu augmenté ces deux dernières années, malgré l'engagement pris en 2005 par les bailleurs de fonds d'accroître considérablement leur aide, note le rapport.

« Si les pays donateurs honoraient leurs promesses d'APD, cela pourrait aider les pays en développement à faible revenu à faire face au renchérissement des prix des denrées alimentaires et de l'énergie » observe M. Dailami.

Le niveau élevé des prix pétroliers menace la croissance d'un petit nombre de pays dont la balance courante accuse actuellement un déficit de 10 % ou plus. C'est le cas notamment de la Roumanie et des États baltes. Les problèmes de balance des paiements, couplés aux turbulences financières, dissuadent les opérateurs étrangers d'investir, explique M. Timmer.

Rôle des banques étrangères

« Les banques internationales, auxquelles le rapport 2008 était spécialement consacré, contribuent de manière importante à financer la croissance et les investissements nationaux » explique Dailami, « en renforçant la concurrence et l'efficacité, en donnant à de nombreux citoyens des pays en développement accès au crédit, en offrant un mécanisme pour transférer des fonds à l'étranger, et en encourageant la mise en place de marchés financiers locaux ».

Les banques étrangères comptent aujourd'hui plus de 2 000 bureaux locaux dans 127 pays en développement, dotant ainsi l'industrie bancaire internationale de l'infrastructure et des plateformes technologiques indispensables pour enregistrer des opérations avec l'étranger, pas seulement depuis leurs sièges situés dans les grands centres financiers, mais aussi à partir d'un vaste réseau d'agences et de filiales implantées dans les pays en développement.

L'inconvénient est que les banques étrangères peuvent aussi relayer les chocs financiers qui affectent leurs marchés nationaux et entraîner de ce fait une contraction brutale du crédit aux pays en développement. « Nous n'avons rien vu de tel se produire à grande échelle, mais le risque existe », reconnaît M. Dailami.

Des défis complexes

« On voit mal à quel autre moment de l'histoire récente la communauté internationale a été confrontée simultanément à un aussi grand nombre de défis d'une telle complexité », ajoute M. Dailami.

Les auteurs du rapport appellent à prendre des mesures immédiates pour s'attaquer aux problèmes posés par la flambée des prix des denrées alimentaires et de l'énergie et par la volatilité des marchés des capitaux. Il s'agit en priorité d'aider les pays en développement à faire face à la hausse des prix, en ciblant l'aide sur les plus déshérités.

Les derniers événements survenus sur les marchés financiers soulignent également que les principales banques centrales du monde doivent coordonner leur action.

« La situation appelle des réponses éclairées, formulées de concert par les décideurs de tous les pays et guidées par l'intérêt de l'ensemble de l'économie mondiale », conclut M. Dailami.





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