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Des semences pour affronter la crise alimentaire au Burkina Faso

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  • Un programme d’urgence a été mis en place de février à mai pour aider à atténuer les effets de l’envolée des prix alimentaires.
  • Le programme a distribué 3 500 tonnes de semences améliorées de mil, de sorgho, de maïs, de haricots et de riz à 140 000 ménages dans 302 communautés rurales.

               

Le 3 juillet 2008 — Le Burkina Faso est un pays sans littoral d’Afrique de l’Ouest. Avec une population de 13 millions d’habitants, le pays a l’un des PIB par habitant les plus faibles au monde.

 

La hausse des prix internationaux des matières premières a affecté le Burkina, alimentant le mécontentement et provoquant aux mois de février et mars de cette année des émeutes contre ce qui est appelé « la vie chère » dans quelques grandes villes.

 

En 2007, le pays avait subi d’autres perturbations, qui ont provoqué une diminution des revenus et mis gravement en péril la sécurité alimentaire dans le pays. Ces perturbations étaient dues à une saison des pluies de courte durée qui a entraîné une faible production agricole, mais aussi à de graves inondations qui ont ravagé plus de 40 000 hectares de terres dans 20 provinces et qui ont aggravé les pertes agricoles et compromis la situation nutritionnelle et sanitaire de plus de 100 000 personnes, et plus particulièrement des enfants.

 


Producteurs heureux de recevoir, à temps, les semences améliorées pour la saison des semailles.

En collaboration avec le Gouvernement, la Banque mondiale a rapidement engagé des actions en vue d’évaluer l’ampleur et l’impact des perturbations et d’aider le pays à surmonter la crise sans inverser les perspectives de développement récentes. De février à mai, un programme d’urgence a été mis en place afin d’aider à atténuer immédiatement les graves effets de ces perturbations, plus particulièrement sur les plus vulnérables.

 

Le but du programme est de faire en sorte que les enfants poursuivent leur cursus scolaire, que les populations vulnérables ne voient pas leur santé se dégrader davantage et que les villageois de condition modeste aient la possibilité de produire de la nourriture et de nourrir leur famille.

 

3 500 tonnes de semences distribuées

 

Pour le lancement de la campagne agricole 2008, le programme d’urgence a aidé à distribuer 3 500 tonnes de semences améliorées de mil, de sorgho, de maïs, de haricots et de riz à 140 000 ménages dans 302 communautés rurales du pays. Ce soutien, évalué à 5 millions de dollars, a été consenti grâce à la restructuration du Projet à base communautaire de développement rural (PNGT2).

 

Ishac Diwan, directeur-pays pour le Burkina Faso, a saisi l’occasion de sa récente visite effectuée à la fin du mois de mai, au début de la saison des semailles, pour participer à la distribution de semences aux producteurs de condition modeste dans les deux communautés rurales de Tanghin-Dassouri et Konki Ipala. Ces communautés ont reçu chacune 11,5 tonnes de semences améliorées. Le choix des ménages à cibler a été opéré par les conseils villageois, en tenant compte du niveau de pauvreté et de l’impact des inondations.

 

Pendant la visite, Etienne Kaboré, directeur général au ministère de l’Agriculture, a expliqué aux agriculteurs comment tirer le meilleur rendement possible des semences améliorées. En particulier, il a exhorté les ménages à commencer très tôt les semailles, afin de profiter des pluies.

 

Une aide ciblée

 

De même, par l’octroi de financements additionnels pour trois projets en cours, la Banque fournissait un soutien pour une aide ciblée dans d’autres domaines :

  • l’extension des programmes d’alimentation scolaire (5 millions de dollars) permettra de couvrir plus de 200 000 enfants pauvres supplémentaires pendant deux ans dans 15 provinces ;
  • 3,5 millions de vaccins de méningite ont été achetés (5 millions de dollars) et la vaccination a été achevée entre février et mars 2008, ce qui a permis de contenir la flambée de méningite qui a frappé 7 provinces du Burkina Faso au début de l’année ;
  • Dans les mois à venir, plus de 3 millions d’enfants et de femmes enceintes souffrant de malnutrition sévère recevront des micro-nutriments comme le plumpy’s nut, la vitamine A et d’autres suppléments dans le cadre du programme élargi de soutien nutritionnel (10 millions de dollars)

 

À moyen et à long terme, le Burkina peut tirer parti de l’augmentation des prix des denrées alimentaires en augmentant et en diversifiant sa production agricole. La Banque et les autorités publiques ont déjà entrepris des actions dans le but d’améliorer la production et la gestion après-récolte du coton, en plus de la fourniture de semences améliorées de coton et d’une aide financière aux producteurs de coton.

 

Les initiatives visant à diversifier l’agriculture, notamment grâce à la participation de l’IFC et du secteur privé, se poursuivent actuellement. Enfin, un nouveau projet destiné à appuyer une stratégie à long terme du Gouvernement en matière de sécurité alimentaire est en cours de préparation en vue de son lancement au cours du prochain exercice.


L'irrigation permet de fournir des produits frais aux marchés de Ouagadougou et améliore le revenu des producteurs.

Cette initiative conduite par le Gouvernement, avec le concours de la Banque, pour la distribution de semences aux agriculteurs de condition modeste a été très appréciée par les bénéficiaires. Les discussions se poursuivent avec les autorités en vue de l’octroi d’un financement complémentaire pour l’achat de semences destinées aux populations et pour soutenir la production de riz pendant la saison sèche qui commence en octobre 2008.

 

Galina Sotirova, le nouveau responsable-pays de la Banque à Ouagadougou, a déclaré à l’endroit des agriculteurs que « Comme le gouvernement et le peuple burkinabé, la Banque apporte sa contribution à un effort commun qui vise à faire en sorte que la production agricole augmente sensiblement cette année et que tous les agriculteurs soient en mesure de compenser les pertes qu’ils ont subies durant la campagne écoulée ».


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