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La Banque mondiale propose des contrats de dérivés climatiques indexés

Le Malawi est le premier pays à bénéficier de cette initiative novatrice
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Contacts :
À Washington : Roger Morier (1 202) 473 5675

rmorier@worldbank.org

À Lilongwe : Zeria Ntambuzeni Banda (265-1) 770 611

zbanda@worldbank.org

 

WASHINGTON, le 24 juin 2008 – La Banque mondiale progresse grâce à des projets visant à utiliser le marché des dérivés du climat pour diminuer l’impact de la sécheresse dans les pays en développement. Son conseil d’administration ayant récemment approuvé l’emploi des dérivés climatiques, la Banque mondiale peut désormais offrir des services d’intermédiation financière aux pays clients à faible revenu de l’Association internationale de développement (IDA), et ajoutera ces services à la gamme d’outils de gestion des risques dont disposent les pays clients à revenu intermédiaire de la Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD). Le Malawi sera le premier pays à profiter de cette nouvelle offre de produit financier de la Banque mondiale.

           

La Banque jouera le rôle d’intermédiaire pour les risques de catastrophe climatique en mettant en place des transactions « miroir » avec le pays client et une contrepartie du marché financier. En cas d’événement climatique grave, les pays clients, notamment le Malawi, pourraient recevoir un paiement de la Banque dont la valeur totale serait basée sur un indice servant d’estimation de l’impact financier. Ce montant serait couvert par le paiement reçu par la Banque au titre de la transaction miroir.

 

« Cette nouvelle offre de produit s’étend grâce au travail permanent de la Banque mondiale qui utilise les outils du marché pour la gestion du risque » a déclaré Gloria Grandolini, directrice du service de banques et de gestion de la dette.  « Elle fait partie de l’effort accéléré de la Banque mondiale pour développer des solutions financières visant à diminuer la dépendance des pays vis-à-vis des fonds de donateurs octroyés à la suite d’une catastrophe, et à planifier des réponses efficaces aux catastrophes. Ces produits sont le volet le plus efficace de la stratégie de gestion du risque plus large ».

 

Mme Grandolini a ajouté : « Les dérivés indexés peuvent fournir aux gouvernements une protection contre les perturbations financières qui se produisent au lendemain de catastrophes naturelles. Ils permettent un versement immédiat du fonds du fait qu’ils ne présupposent pas une évaluation des pertes réelles subies, à la différence de la plupart des régimes d’assurance.

 

Au Malawi, la Banque mondiale agira à titre d’intermédiaire entre le pays et les sociétés de réassurance ou les banques d’investissement qui offrent des produits pour la gestion des risques climatiques. Un tiers indépendant se chargera du contrôle des données climatiques qui seront alors enregistrées dans un modèle reflétant les précipitations par rapport aux récoltes et qui permettra de déterminer si le Malawi doit recevoir un versement. 

 

Le dérivé climatique pour le Malawi nécessite le paiement préalable d’une prime et a pour objet de gérer le risque d’événements de faible probabilité mais de haute gravité, comme les sécheresses graves, plutôt que le risque d’événements survenant plus fréquemment, comme les sécheresses mineures ou normales.

           

La première transaction de dérivé climatique pour le Malawi va tester le marché avec un petit contrat qui est prévu pour ramener la somme d’environ 3 millions de dollars en cas de sécheresse grave. Les donateurs soutiennent cette initiative, la Banque mondiale agit en tant qu’intermédiaire et la prime est réglée par le ministère du Développement international britannique (DFID).

 

L’emploi du marché climatique et de produits d’assurance indexés pour l’agriculture dans les pays en développement est une chose toute nouvelle. Le marché des dérivés climatiques, qui a débuté il y a 10 ans, a enregistré une croissance rapide mais il est principalement utilisé par des sociétés privées pour la gestion des risques.

 

« Ce qui est nouveau dans ce cas, c’est qu’il s'agit de l’un des dix pays les plus pauvres du monde qui court d'importants risques climatiques, et qui a aujourd’hui accès aux mêmes outils, c’est ce qui est intéressant » a déclaré Timothy Gilbo, chef-pays de la Banque mondiale au Malawi. « Il s’agit de trouver une nouvelle manière de traiter les risques. L’évaluation de la pauvreté nous permet de savoir que, au moment où une situation d’urgence est déclarée, il y a un appel d’aide et les gouvernements apportent de l’argent, mais un grand nombre de pauvres ont déjà vendu le peu de biens dont ils disposaient, comme une vache ou une chèvre ».

 

D’après Julie Dana, spécialiste technique du service de l’agriculture et du développement rural de la Banque mondiale, la Banque mondiale espère que ce nouvel instrument de dérivés climatiques, ainsi qu’un nombre croissant de produits de financement des risques de catastrophes, permettra de resserrer « l'écart important du marché qui existe entre les banques, les compagnies d’assurance, les sociétés de négoce de marchandises qui offrent des produits de couverture et les pays en développement qui en ont besoin ».

 

« Le développement de cette offre » a déclaré Mme Dana, « reflète un intérêt accru au sein du Groupe de la Banque mondiale, et parmi les partenaires donateurs, pour aider les pays à développer des approches préalables à la gestion du risque de perturbations externes, étant donné que les mesures post catastrophe peuvent être coûteuses, inefficaces et difficiles à gérer lorsque le pays fait déjà face à la crise ».

 

En 2005, le Malawi a été durement touché par la sécheresse qui a causé une famine généralisée dans de nombreux pays d’Afrique australe. La récolte de maïs du pays s’est desséchée dans les champs et le gouvernement a été contraint de demander de l’aide. Le Malawi a dépensé 200 millions de dollars pour répondre à la crise, la Banque mondiale et d'autres bailleurs de fonds ayant offert une somme similaire. Même si le gouvernement a planifié avec soin sa réponse humanitaire, le coût réel des interventions à été bien supérieur, ce qui a entraîné un plus gros déficit fiscal.

 


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