Le 2 juillet 2008 —Le groupe des 8 leaders et des principaux producteurs de pétrole doit « agir maintenant » pour répondre à la « catastrophe artificielle » provoquée par les prix élevés des produits alimentaires et du pétrole, a déclaré M. Robert B. Zoellick, président du groupe de la Banque mondiale, préalablement au sommet du G8 qui se déroulera du 7 au 9 juillet à Hokkaido, au Japon.
Dans une lettre datée du 1er juillet, M. Zoellick a affirmé au Premier ministre du Japon, M. Yasuo Fukuda, hôte du prochain Sommet du G8 : « Nous entrons dans une zone de dangers ». Il a ajouté que la crise s’était même détériorée depuis le mois d’avril.
Pour la première fois depuis 1973, le monde est frappé par une combinaison de prix record pour le pétrole et les produits alimentaires, ce qui menace d’entraîner 100 millions de personnes dans une pauvreté extrême et d’annihiler les progrès effectués ces sept dernières années pour surmonter la pauvreté.
Quelque 41 pays ont perdu de 3 à 10 % de leur PNB en raison de l’augmentation des prix alimentaires et des prix des carburants et des marchandises depuis janvier 2007. Plus de 30 pays ont connu des émeutes alimentaires, l’impact de la crise atteignant le niveau des ménages.
Une nouvelle entente sur la politique alimentaire mondiale
Au mois d’avril, 150 pays ont avalisé une nouvelle entente sur la Politique alimentaire mondiale, un plan destiné à répondre à la crise alimentaire par l’intermédiaire de filets de protection sociale, d’une augmentation de la production agricole et d’une réduction des entraves au commerce.
La Banque mondiale a annoncé qu’elle irait jusqu’à augmenter globalement ses prêts agricoles de 6 milliards de dollars dans l’année à venir, ce qui devrait presque doubler le montant destiné à l’Afrique et à l’Amérique latine et octroyer plus de 1 milliard de dollars à de nouveaux projets agricoles en Asie du Sud. Les prêts pour la protection sociale, la nutrition et la sécurité alimentaire sont également voués à être doublés pour atteindre 800 millions de dollars.
La Banque a alloué 200 millions de dollars au Bangladesh et 100 millions de dollars au Burkina Faso, au Burundi, à la Côte d’Ivoire, au Ghana, à Madagascar, au Mali et au Niger, qui ont été durement frappés, afin de faire face aux dépenses supplémentaires pour l’importation de produits alimentaires et pour acheter des semences pour la saison prochaine.
Les demandes d’aide dépassent les ressources
En mai, la Banque a créé un fonds de 1,2 milliard de dollars, dont 200 millions pour des subventions, afin d’apporter un financement rapide pour nourrir les enfants pauvres et les autres groupes vulnérables. Les fonds sont distribués à 12 pays prioritaires. En outre, 31 autres pays font appel à une assistance, ce qui représente un total 400 millions de dollars en nouvelles subventions.« Ces appels à l’aide surpassent nos ressources disponibles en subventions », a déclaré M. Zoellick.
Le système mondial mis à l'épreuve
La Banque mondiale estime que les pays les plus durement touchés ont besoin à court terme d’un total de 10 milliards de dollars pour les filets de protection sociale et le soutien agricole. « La communauté internationale se doit de relever ce défi », a affirmé M. Zoellick. » Cliquez ici pour plus de détails.
La communauté internationale fait face à une « mise à l’épreuve sans précédent dans cette nouvelle ère de la mondialisation », a dit M. Zoellick. « La question est de savoir si nous pouvons agir promptement pour aider ceux qui sont le plus dans le besoin. »
Une aide rapide qui porte ses fruits
La Banque mondiale travaille avec des partenaires afin d’identifier les pays les plus vulnérables à la crise. Sur la base de ces évaluations rapides des besoins, la Banque a commencé la distribution de fonds afin d’aider les 12 pays prioritaires et procède rapidement à l’approbation de fonds pour des pays supplémentaires afin d’accompagner l’augmentation de la demande en assistance. Cliquez sur la carte ci-dessous pour voir les réalisations en cours de la Banque. (bientôt en français)