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La réponse humanitaire à la crise alimentaire est entravée par les restrictions pesant sur les exportations, déclare M. Zoellick

Il faut que les pays assurent l’accùs à des achats locaux pour les besoins humanitaires
Disponible en: Español, Ű§Ù„ŰčŰ±ŰšÙŠŰ©, æ—„æœŹèȘž, English
Communiqué de presse n°:2009/009/EXC

Contacts:

À Washington: Carl Hanlon

chanlon@worldbank.org

+1-202-473-8087

À Tokyo: Tomoko Hirai

thirai@worldbank.org

+81-3-3597-6650

+81-90-5496-8066


HOKKAIDO (Japon), le 7 juillet 2008
— Le prĂ©sident du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, a fait la dĂ©claration suivante lors de la confĂ©rence de presse qu’il a tenue au cĂŽtĂ© du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies, Ban Ki-moon, en marge du Sommet du Groupe des Huit qui se tient cette semaine au Japon :

 

« C’est pour moi un plaisir d’ĂȘtre ici aujourd’hui au cĂŽtĂ© du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral. Je tiens Ă  lui rendre hommage pour son leadership face Ă  la crise alimentaire mondiale, et pour l’orientation qu’il a donnĂ©e Ă  l’élaboration du Cadre d’action mondial. Nous sommes unis dans notre dĂ©termination Ă  apporter une rĂ©ponse Ă  cette crise, qui met aujourd’hui en pĂ©ril des millions de personnes Ă  travers le monde.

 

La rĂ©ponse apportĂ©e Ă  cette double menace constituĂ©e par la flambĂ©e des prix alimentaires et Ă©nergĂ©tiques a valeur de test pour notre systĂšme mondial et sa dĂ©termination Ă  venir en aide aux plus vulnĂ©rables. C’est un test auquel nous ne pouvons nous permettre d’échouer.

 

Ce Sommet du G8 se doit d’apporter de l’espoir à ceux qui n’en ont pas, et de quoi se nourrir à ceux qui ne le peuvent pas.

 

Pour que la mondialisation fonctionne convenablement et tienne ses promesses, elle se doit d’ĂȘtre Ă  la fois solidaire et durable. Il nous incombe de protĂ©ger les plus vulnĂ©rables dans le mĂȘme temps oĂč nous ouvrons une voie permettant de saisir les opportunitĂ©s qu’elle offre, et jamais cette protection n’a Ă©tĂ© plus nĂ©cessaire qu’aujourd’hui. Produits alimentaires et carburants, nourriture et Ă©nergie, malnutrition et santé : il n’y a rien de plus fondamental que cela.

 

Ce qu’il nous faut, ce sont des ressources, des initiatives et des rĂ©sultats en temps rĂ©el, en agissant pour commencer dans trois domaines :

 

Tout d’abord, il s’agit de rĂ©pondre aux besoins immĂ©diats. Cela doit se traduire par un appui pour les filets de protection sociale et les programmes tels que ceux d’alimentation scolaire, de nutrition maternelle et infantile, de vivres contre travail et de transferts monĂ©taires conditionnels, qui peuvent apporter rapidement des Ă©lĂ©ments nutritifs et des ressources en espĂšces aux plus nĂ©cessiteux.

 

Nous devons renforcer l’appui destinĂ© Ă  l’aide alimentaire fournie par le Programme alimentaire mondial. Celui-ci a gĂ©nĂ©ralement besoin d’environ 3 milliards de dollars par an de contributions volontaires, mais, cette annĂ©e, cela pourrait se situer entre 5 et 6 milliards, et il est probable que le PAM aura besoin d’une somme analogue l’annĂ©e prochaine. Il ne faut pas que cet argent fasse l’objet d’une affectation spĂ©ciale ou soit assorti de conditions, car cela en rĂ©duit l’efficacitĂ©. On devrait rĂ©flĂ©chir Ă  un recouvrement spĂ©cial de contributions des membres des Nations Unies, ou Ă  un engagement dans le sens d’un financement des activitĂ©s de base, ce qui rĂ©duirait la nĂ©cessitĂ© de mobiliser chaque annĂ©e Ă  partir de rien l’intĂ©gralitĂ© du montant recherchĂ©.

 

Si les Nations Unies procĂšdent Ă  des recouvrements pour le maintien de la paix lorsque des sociĂ©tĂ©s se sont trouvĂ©es disloquĂ©es par un conflit, pourquoi ne pas engager des ressources Ă  l’avance pour empĂȘcher la dislocation des sociĂ©tĂ©s ?

 

Une autre mesure urgente consiste Ă  donner aux petits exploitants, particuliĂšrement en Afrique, accĂšs aux semences, engrais et autres intrants de base. Pour un certain nombre de pays, par exemple en Afrique australe et de l’Ouest, la saison des cultures va de septembre Ă  dĂ©cembre. D’autres auront besoin d’aide pour leur prochaine saison de cultures. Une occasion nous est donnĂ©e maintenant d’accroĂźtre les rendements Ă  court terme.

 

Dans l’ensemble, nous estimons que les besoins de financement Ă  court terme pour les filets de protection sociale et l’apport rapide d’intrants agricoles dans plus de 50 pays que nous avons Ă©valuĂ©s, grĂące Ă  nos Ă©quipes sur le terrain, se montent Ă  3,5 milliards de dollars. À cela s’ajoutent les Ă©valuations du PMA et du FMI, pour un montant de l’ordre de 6,5 milliards de dollars, ce qui porte les besoins globaux pour le court terme Ă  10 milliards de dollars environ. La communautĂ© internationale se doit d’ĂȘtre Ă  la hauteur de ce dĂ©fi.

 

Une troisiĂšme mesure devrait consister Ă  rĂ©duire les mesures d’interdiction et autres restrictions sur les exportations qui ont contribuĂ© Ă  la hausse des prix alimentaires au plan mondial. Quelque 26 pays exportateurs nets de produits alimentaires ont maintenu ou introduit des mesures de ce type.

 

Ces remparts aboutissent Ă  un effondrement du systĂšme agricole international. Ils rendent difficile l’acquisition et l’expĂ©dition de produits alimentaires pour les plus nĂ©cessiteux, mĂȘme lorsque des fonds sont disponibles.

 

À titre minimum, les pays du monde entier devraient assurer l’accĂšs Ă  des achats locaux pour le PAM et les besoins humanitaires. Ces achats humanitaires devraient aussi ĂȘtre exempts de restrictions Ă  l’exportation et de taxes. Ce n’est pas le cas Ă  l’heure actuelle, et cela constitue un scandale.

 

J’invite instamment l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies Ă  adopter en septembre une rĂ©solution pour abolir les restrictions de ce type sur les achats du PAM. C’est lĂ  une mesure que peuvent prendre tous les pays du monde pour dĂ©montrer leur dĂ©termination commune Ă  l’abolition des barriĂšres qui empĂȘchent les produits alimentaires d’atteindre ceux qui ont faim. Ces politiques d’égoĂŻsme sacrĂ© mettent des vies et des pays entiers en pĂ©ril.

 

Tout en rĂ©pondant aux besoins immĂ©diats prĂ©sentĂ©s par cette crise, le G8 devrait Ă©galement envisager des mesures pour faire en sorte que cette catastrophe ne se reproduise jamais. Une mesure de ce type consisterait Ă  Ă©tudier l’intĂ©rĂȘt qu’il y a Ă  Ă©tablir, sous forme de dispositif « virtuel » coordonnĂ© au plan international, une rĂ©serve stratĂ©gique Ă  caractĂšre humanitaire pour les situations alimentaires d’urgence.

 

Comme je l’ai dĂ©jĂ  soulignĂ© avec insistance, les États-Unis et l’Europe doivent Ă©galement entreprendre de rĂ©duire les mandats, subventions et mesures tarifaires en faveur des biocarburants Ă  base de cĂ©rĂ©ales et d’olĂ©agineux, qui font que des millions de personnes n’ont plus de quoi se nourrir. Nous devons nous employer rapidement Ă  dĂ©velopper plus avant les biocarburants cellulosiques de seconde gĂ©nĂ©ration, qui n’aboutiront pas Ă  ce que les ressources servant Ă  remplir nos rĂ©servoirs crĂ©ent autant de ventres creux.

 

Dans le mĂȘme temps oĂč nous prendrons ces mesures immĂ©diates pour franchir la zone de danger, nous devons faire de cette situation de crise une source d’opportunitĂ©s pour le dĂ©veloppement sur le long terme. Moyennant des investissements bien pensĂ©s, nous pouvons accroĂźtre considĂ©rablement la production et les rendements dans les pays en dĂ©veloppement, et particuliĂšrement en Afrique, afin de faire progresser les revenus des pauvres tout en produisant plus de denrĂ©es alimentaires.

 

À l’heure actuelle, 4,9 % seulement des terres cultivĂ©es du continent africain sont irriguĂ©es, contre 40 % en Asie du Sud.

 

En 2006, seulement 11 % des terres d’Afrique subsaharienne Ă©taient plantĂ©es en variĂ©tĂ©s de semences amĂ©liorĂ©es, contre 55 % en Asie et 48 % au Moyen-Orient.

 

Il y a lieu de financer d’autres travaux de recherche par le biais du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale, de façon Ă  disposer de semences capables de pousser en pĂ©riodes de sĂ©cheresse ou rĂ©sistantes aux inondations et Ă  la salinisation des sols, et Ă  renforcer Ă©galement les rendements. Compte tenu des changements climatiques, ce renforcement de la recherche est encore plus primordial.

 

Nous devons accroĂźtre les investissements publics et privĂ©s sur l’ensemble de la chaĂźne de valeur, qu’il s’agisse des droits de propriĂ©tĂ© ou des intrants, de l’irrigation, des installations de stockage, des moyens logistiques, des marchĂ©s ou des mesures d’attĂ©nuation des risques, surtout pour les petits exploitants. Nous devons aussi mener Ă  bien le cycle de nĂ©gociations de Doha sous les auspices de l’OMC, afin de surmonter les barriĂšres et mesures de subvention qui font obstacle Ă  des Ă©changes mondiaux rationnels en matiĂšre agricole. 

 

Pour rĂ©soudre le problĂšme, on n’a pas besoin de grande percĂ©e scientifique : on sait ce qu’il y a Ă  faire. En mai dernier, j’ai dĂ©fini un plan en dix points. Le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, l’Équipe spĂ©ciale de haut niveau, la Banque mondiale et d’autres ont Ă  prĂ©sent collaborĂ© Ă  l’élaboration d’un Cadre d’action mondial. Les points sont les mĂȘmes. Ce qu’il nous faut Ă  prĂ©sent, ce sont des ressources, des initiatives et des rĂ©sultats en temps rĂ©el.

 

Les rĂ©unions au sommet ne peuvent pas rĂ©soudre tous les maux de la planĂšte, et il ne faut pas non plus s’attendre Ă  ce qu’ils le fassent. Pour commencer, bon nombre des principaux acteurs sont absents. Mais j’ai le sentiment que ce Sommet peut commencer de maniĂšre importante, dĂšs maintenant et ici mĂȘme, Ă  concentrer l’attention sur les besoins des plus vulnĂ©rables, dans le mĂȘme temps oĂč nous entreprenons de renforcer la production de produits alimentaires et de carburants Ă  moyen et long terme. J’invite instamment les dirigeants du G8 Ă  saisir cette opportunitĂ©. »

 

 





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