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Dépourvues de moyens de contraception, les femmes pauvres du monde en développement assument des millions de grossesses non désirées

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Communiqué de presse n°:2008/013/HDN

Contacts 
À Washington : Phil Hay [+1] 202 473 1796
portable [+1] 202 409 2909
phay@worldbank.org

esvirina@worldbank.org

 

WASHINGTON, 9 juillet 2008 - À la veille de la Journée mondiale de la population, un nouveau rapport de la Banque mondiale explique que malgré une augmentation considérable des moyens de contraception à l’échelle mondiale, 51 millions de grossesses non désirées dans les pays en développement sont enregistrées chez des femmes qui n’utilisent pas de contraceptif. 25 millions de grossesses supplémentaires se produisent parce que le contraceptif utilisé par les femmes ne fonctionne pas ou parce qu’elles ne l’utilisent pas correctement.

 

Selon le nouveau rapport Fertility Regulation Behaviors and Their Costs: Contraception and Unintended Pregnancies in Africa and Eastern Europe and Central Asia (Les comportements de la régulation de la fertilité et leur coût :contraception et grossesses non désirées en Afrique, en Europe de l’Est et en Asie centrale), 35 pays pauvres en Afrique subsaharienne et dans d’autres régions (Timor-Leste, Afghanistan, Djibouti, et Yémen) ont les taux de natalité les plus élevés au monde (plus de cinq enfants par mère), ce qui reflète également les résultats économiques et sociaux les plus alarmants du monde avec de faibles niveaux en matière d’éducation, des taux de mortalité élevés et une pauvreté extrême. De plus, pour de nombreuses femmes pauvres, l’avortement reste le dernier recours contraceptif. Environ 68 000 femmes meurent chaque année suite à un avortement non médicalisé, tandis que 5,3 millions souffrent d’un handicap temporaire ou permanent suite à ce type d’avortement.

 

Le rapport souligne également que les grossesses qui sont espacées de moins de quinze mois plus que doublent le risque de mortalité de la mère. Les enfants nés 3 ans après une naissance précédente sont en meilleure santé à la naissance et ont des chances de survie plus grandes. Les grossesses chez les adolescentes comportent des risques de complications obstétriques plus élevés, tels que l’arrêt de progression du travail, l’éclampsie et la formation de fistules ; et pourtant les adolescentes sont beaucoup moins susceptibles de recevoir des soins prénatals ou obstétriques, les rendant deux fois plus susceptibles de mourir pendant l’accouchement que les femmes âgées de plus de vingt ans.

 

« C’est tout simplement une tragédie qu’autant de dirigeants dans les pays pauvres et leurs donateurs aient permis à des programmes de santé reproductive de péricliter, particulièrement à un moment où les problèmes de la population se trouvent au devant et au centre du changement climatique, de la crise alimentaire et de celle du pétrole », déclare Joy Phumaphi, Vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement humain, et ancienne ministre de la santé au Botswana, « donner aux femmes l’accès aux moyens de contraception modernes et au planning familial permet également de stimuler la croissance économique tout en réduisant les taux de natalité élevés qui sont fortement liés à une pauvreté endémique, à une éducation limitée et à des taux de mortalité maternelle et infantile élevés ».

 

Madame Phumaphi ajoute que la mise en place de meilleurs programmes de santé ne suffira pas à faire baisser les taux de natalité. Elle explique qu’une meilleure éducation des filles, des opportunités économiques égales pour les femmes au sein de la société et moins de ménages vivant sous le seuil de pauvreté, sont également les éléments importants d’une stratégie pour atteindre des baisses de taux de natalité durables.

 

Les taux de natalité baissent plus vite en Asie, plus lentement en Afrique

 

Les taux de fertilité ont constamment baissé au cours de ces dix dernières années avec des baisses significatives observées entre 1985 et 1995. Cependant, les taux de fertilité, les tendances et le rythme de la baisse diffèrent selon les régions, parmi les pays et au sein des pays. Dans toutes les régions, en particulier en Afrique subsaharienne, en Asie du sud, en Amérique latine et dans les Caraïbes, les femmes pauvres sont beaucoup moins susceptibles d’utiliser un contraceptif et les services d’un planning familial que leurs homologues plus riches vivant dans les villes. Par exemple, les femmes riches sont trois fois plus susceptibles que les femmes pauvres d’être assistées par un médecin ou une sage femme qualifiée lors de leur accouchement.

Les taux de natalité ont baissé plus rapidement en Asie et plus lentement en Afrique subsaharienne. Avec une population en Afrique subsaharienne qui croît à un taux de 2,5 % par an, comparé à 1,2 % en Amérique latine et en Asie, la population de l’Afrique pourrait doubler dans 28 ans.

Cependant, des baisses significatives ont eu lieu aussi bien dans les pays les moins développés que dans les pays développés. Ainsi, en 1970, le Bangladesh avait les plus mauvais indicateurs sociaux et le revenu le plus bas de tous les pays, avec un taux de fertilité d’environ 7 enfants par femme, et aujourd’hui ce taux s’élève à environ 3.

 

Les taux de fertilité sont les plus bas en Europe, en Extrême Orient et dans les pays du Pacifique où ils avoisinent ou sont en-dessous de 2,1 enfants par femme, et ils sont les plus élevés en Afrique subsaharienne avec 5,2 enfants par femme. Pour l’Asie centrale, l’Amérique latine et les Caraïbes, les taux sont de 2,5 à 2,6, et au Moyen Orient, en Afrique du nord et en Asie du sud, ils sont de 3,3 à 3,4.

 

L’éducation est aussi importante que les pilules ou les préservatifs

 

Le rapport de la Banque mondiale indique que des taux de natalité élevés sont étroitement liés à une santé fragile, à peu ou pas d’éducation et à une pauvreté enracinée. L’analyse des sondages démographiques et sanitaires, dans toutes les régions, montre que les femmes avec une éducation secondaire ou supérieure ont moins d’enfants que les femmes qui n’ont qu’une éducation primaire ou qui n’ont pas d’éducation.

 

« Promouvoir l’éducation des filles et des femmes est aussi important pour réduire les taux de natalité à long terme que promouvoir la contraception et le planning familial », déclare Sadia Chowdhury, co-auteur du nouveau rapport et principal spécialiste de la santé reproductive et infantile à la Banque mondiale. « L’éducation devient une forme de contraception sociale pour les femmes. Encore et toujours, nous voyons comment l’éducation des femmes fournit des connaissances pour sauver des vies, crée des qualifications professionnelles qui leur permettent de faire partie de la population active et de se marier plus tard dans la vie, leur donnant le pouvoir de dire combien d’enfants elles souhaitent et quand, et tout cela sont des qualités durables qu’elles légueront également à leurs filles. »

 

Madame Chowdhury explique qu’avoir une éducation- même s’il ne s’agit que d’un niveau scolaire primaire- est un bon indicateur prévisionnel d’une faible fertilité. Les régions avec les écarts de fertilité les plus grands entre les femmes qui ont une éducation secondaire et celles qui n’ont pas d’éducation sont l’Asie du sud, l’Afrique subsaharienne, l’Amérique latine et les Caraïbes.

 

Contribution de la Banque mondiale à la population et à la santé reproductive (Pop/RH)

 

La Banque mondiale continue de jouer un rôle pivot pour garantir un accès à tous les services de santé reproductive par le biais de conseils techniques et d’aide financière. Dans ses discussions techniques avec les pays de ses clients, la Banque continue d’affirmer : son engagement de longue date et solide au Consensus du Caire - l’accord phare de 1994 sur le planning familial, la santé sexuelle et reproductive - et pour fournir aux pays toute aide financière ou technique dont ils auraient besoin dans ces domaines.

 

Par conséquent, la Banque travaille sur les problèmes de la population dans des pays ayant des besoins non satisfaits dans les domaines de la santé sexuelle et reproductive par le biais de prêts/subventions, travail politique et analytique, et en renforçant les systèmes des santé nationaux pour garantir que tout le monde puisse avoir accès aux services de santé reproductive.

 

La Banque a actuellement 90 projets dits « Pop/RH » en cours de mise en œuvre. Le montant total pour ces projets s’élève à 965 millions de dollars, dont 930 millions de dollars sous forme de prêts et 35 millions de dollars sous forme de subventions.

 


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