| 15 juillet 2008 - Si lâon repense aux vingt annĂ©es ou presque qui se sont Ă©coulĂ©es depuis la chute du mur de Berlin, il est clair pour les 400 millions de personnes des pays dâEurope de lâest et de lâancienne Union soviĂ©tique que la transition dâune Ă©conomie planifiĂ©e Ă une Ă©conomie de marchĂ© nâa pas Ă©tĂ© un trajet facile.  Les anciens modĂšles commerciaux se sont dĂ©sintĂ©grĂ©s en une nuit et les sociĂ©tĂ©s dâĂtat subventionnĂ©es qui produisaient des biens de mauvaise qualitĂ© se sont effondrĂ©es, tandis que les habitants de la rĂ©gion perdaient ce quâils pensaient ĂȘtre des emplois stables, beaucoup tombant ainsi dans la pauvretĂ©. Tandis que les pays dâEurope centrale ont connu une rĂ©cession peu profonde, les pays de la CommunautĂ© d'Etats indĂ©pendants (CEI) ont vu leur revenu moyen sâeffondrer et atteindre presque la moitiĂ© de leur niveau de 1990 au moment de la crise financiĂšre en Russie en 1998.  Tandis que les dix premiĂšres annĂ©es qui ont suivi la pĂ©riode communiste ont Ă©tĂ© difficiles, les dix annĂ©es qui viennent de sâĂ©couler ont Ă©tĂ© plus « tendres » pour la rĂ©gion qui sâĂ©tend de Tallin et Tirana Ă lâouest Ă Vladivostok et Bishkek Ă lâest. Aujourdâhui, Ă peine dix ans aprĂšs la crise financiĂšre russe, lâancien bloc de lâest tient Ă nouveau sur ses pieds- et pour beaucoup de pays de la rĂ©gion, la pĂ©riode de transition est terminĂ©e.  Cependant, si beaucoup de pays dâEurope de lâest et de lâancienne Union soviĂ©tique ont tournĂ© la page de la crise des annĂ©es 90, ils ont besoin dâinnover, dâinclure tous les citoyens dans le dĂ©veloppement de leurs pays, et de sâintĂ©grer Ă lâĂ©conomie mondiale sâils veulent maintenir la croissance, explique un nouveau rapport (en anglais) de la Banque mondiale intitulé Innovation, Inclusion et IntĂ©gration: De la transition Ă la convergence en Europe de lâest et dans lâancienne Union soviĂ©tique, lancĂ© cette semaine Ă Bruxelles et prĂ©sentĂ© Ă la confĂ©rence Banque mondiale-Bruegel sur ce sujet.  Croissance de la productivitĂ© pour une prospĂ©ritĂ© durable.  Selon le rapport, la croissance de la productivitĂ© - la seule route viable pour une prospĂ©ritĂ© durable - dĂ©pend dâun environnement des affaires favorable, en particulier un environnement qui garantit un climat concurrentiel, un secteur financier profond, une bonne gouvernance, des compĂ©tences et des infrastructures de qualitĂ©.  Le rapport observe que les aspects clĂ©s de lâenvironnement des affaires, tels que la concurrence et le secteur financier, qui donnent forme au comportement des entreprises, arrivent Ă maturitĂ© et convergent vers ou ont rattrapĂ© ceux des Ă©conomies de marchĂ© les plus dĂ©veloppĂ©es dâEurope occidentale. Ceci est de bon augure pour leurs perspectives futures. On observe une convergence plus prononcĂ©e chez les nouveaux Ătats membres de lâUnion europĂ©enne. Les pays de la CommunautĂ© des Ătats indĂ©pendants (CEI) suivent, bien quâils soient un peu Ă la « traĂźne ».  « Lorsquâil sâagit de lâimportance de la concurrence pour restructurer les activitĂ©s des entreprises, les Ă©conomies en transition suivent les pas des Ă©conomies de marchĂ© les plus dĂ©veloppĂ©es, » affirme Pradeep Mitra, Ăconomiste en chef, RĂ©gion Europe et Asie centrale, Banque mondiale et auteur du rapport. « Leurs secteurs des affaires et financiers arrivent Ă©galement Ă maturitĂ©, en comptant moins sur les sources familiales et informelles pour financer les investissements fixes. »  Cependant, la croissance de lâemploi reste faible presquâun peu partout, selon le rapport, et reflĂšte lâinteraction entre i) la croissance de lâemploi dans les nouvelles sociĂ©tĂ©s privĂ©es qui Ă©taient capables dâoccuper des niches de marchĂ© non existantes dans un rĂ©gime de planification centralisĂ©e ; et ii) la rĂ©duction des sociĂ©tĂ©s dâĂtat et privatisĂ©es.  Le rapport a Ă©tabli que la croissance de la productivitĂ© et les transferts publics alimentĂ©s par une augmentation du revenu fiscal ont sorti 50 millions de personnes- sur 400 millions- dâune pauvretĂ© absolue (ceux avec un revenu infĂ©rieur Ă 2,15 dollars par jour de pouvoir dâachat) entre 1998-1999 et 2005-2006. PrĂšs dâune personne sur cinq- ou 85 millions- vivaient dans la pauvretĂ© en 1998-1999, pour seulement une sur douze- ou 35 millions- en 2005-2006.  Innovation
Pour sa part, lâinnovation est nĂ©cessaire parce que lâaccroissement de la productivitĂ© demande Ă ce que les entreprises soit innovent et dĂ©veloppent les connaissances nouvelles au monde, soit absorbent les connaissances gĂ©nĂ©rĂ©es ailleurs. La croissance de la productivitĂ© est plus Ă©levĂ©e dans les sociĂ©tĂ©s quand elles font face Ă une pression plus forte de la part de concurrents nationaux pour dĂ©velopper de nouveaux produits et marchĂ©s, quand elles peuvent accĂ©der Ă des secteurs financiers plus dĂ©veloppĂ©s, et lorsque les rĂšgles et rĂšglements sont plus prĂ©visibles.  Inclusion
La notion dâ « inclusion» est primordiale. Tandis que les revenus ont augmentĂ© rapidement dans toute la rĂ©gion, il nâen a pas Ă©tĂ© de mĂȘme pour les emplois, sauf rĂ©cemment pour les nouveaux Ătats membres de lâUnion europĂ©enne. LâĂ©tude montre que la faible croissance de lâemploi dans les Ătats membres de lâUE-8 et dans le sud-est de lâEurope est le rĂ©sultat de la rĂ©duction vigoureuse des sociĂ©tĂ©s dâĂtat et des sociĂ©tĂ©s privatisĂ©es plus que de la compensation de la forte croissance de lâemploi dans les sociĂ©tĂ©s nouvellement créées- ces sociĂ©tĂ©s qui Ă©taient toujours privĂ©es.  « Une concurrence plus solide », affirme Pradeep Mitra, « qui faciliterait la convergence dans les pays de la CEI, accĂ©lĂšrerait Ă©galement la rĂ©duction des sociĂ©tĂ©s dâĂtat et des sociĂ©tĂ©s privatisĂ©es. Des indemnitĂ©s de dĂ©part, des programmes de reconversion du personnel, et des filets de protection sociale pour les travailleurs dĂ©placĂ©s peuvent faciliter la convergence en rĂ©duisant ses coĂ»ts sociaux.  IntĂ©gration Enfin, les pays de la rĂ©gion ont besoin de redoubler leurs efforts pour sâintĂ©grer dans lâĂ©conomie mondiale. Tandis que maintenant le commerce compte pour 60 % du PIB dans les pays qui ont adhĂ©rĂ© Ă lâUnion europĂ©enne en 2004, il ne compte que pour 20 % dans les pays de la CEI. Ceci est un appel pour dĂ©velopper une meilleure facilitation des Ă©changes et une logistique en matiĂšre dâefficacitĂ© portuaire, et pour entreprendre des rĂ©formes douaniĂšres. De plus, la rĂ©duction des coĂ»ts par la libĂ©ralisation des services bancaires, de tĂ©lĂ©communications et de transports peut rendre les exportations des pays plus concurrentielles.  Des facteurs nationaux et externes travaillaient en harmonie comme les nouveaux Ătats membres de lâUnion europĂ©enne utilisaient lâancrage dâun Ă©ventuel accĂšs Ă lâUE pour consolider les rĂ©formes des politiques et des institutions nĂ©cessaires pour une croissance rapide de la productivitĂ© et une intĂ©gration plus profonde dans lâĂ©conomie mondiale.  « La RĂ©publique tchĂšque, lâEstonie, la Hongrie, la Pologne, et la RĂ©publique slovaque ont attirĂ© dâimportants montants dâinvestissements Ă©trangers directs, et participĂ© presquâautant que les pays Ă©mergents de lâAsie de lâest Ă produire des chaĂźnes de marchandise mondiales, telles que celles de lâautomobile et des technologies de lâinformation, de lâexportation des capitaux et des produits fabriquĂ©s par une forte concentration de main-dâĆuvre qualifiĂ©e », affirme Pradeep Mitra. « Au contraire, de nombreux pays de la CEI exportent des ressources naturelles et des produits fabriquĂ©s par une forte concentration de main-dâĆuvre non qualifiĂ©e. »  « En effet, lâampleur dans laquelle les pays sans perspectives europĂ©ennes peuvent utiliser des mĂ©canismes extĂ©rieurs- tels que la Politique europĂ©enne de voisinage, lâaccĂšs Ă lâOMC, des accords subrĂ©gionaux- pour consolider les institutions propices Ă un environnement des affaires favorable, est une question ouverte », ajoute Pradeep Mitra.   DĂ©mographie- la troisiĂšme transition
Cependant, comme si la transition politique jumelĂ©e Ă la transition Ă©conomique du passĂ© nâavaient pas Ă©tĂ© un dĂ©fi suffisant, le rapport montre que de nombreux pays dâEurope de lâest et de lâancienne Union soviĂ©tique sont maintenant confrontĂ©s Ă une troisiĂšme transition- le vieillissement de la population. Les projections dĂ©mographiques suggĂšrent que dâici 2025, lâĂąge moyen du SlovĂšne sera de 47 ans, ce qui donnera Ă ce pays la moyenne dâĂąge la plus Ă©levĂ©e du monde. Un Bulgare sur cinq aura plus de 65 ans. La population de lâUkraine baissera dâun cinquiĂšme et celle de la Russie dâun dixiĂšme. Le vieillissement de la population conduira au partage de la population en Ăąge de travailler (15-64 ans) sur le total de la population qui baissera rapidement aprĂšs 2015- dâici moins de dix ans- dans les Ătats membres de lâUE8, ceux du sud-est de lâEurope, et dans les pays de la CEI Ă revenu moyen. Câest similaire au changement prĂ©vu pour les Ătats membres de lâUE15, plus important quâaux Etats-Unis, moins quâau Japon.  Pradeep Mitra indique Ă©galement, « le dĂ©fi posĂ© Ă la croissance Ă©conomique par le vieillissement rapide de la population dans les pays en transition dans le sud-est de lâEurope du et en Europe centrale, mais Ă©galement en Russie, en Ukraine et en BiĂ©lorussie, est sĂ©rieux et systĂ©matique. Le compenser exige, tout dâabord, de tirer le, plus dâavantages possible du capital national existant et de la population active- par le biais de toutes les rĂ©formes de lâenvironnement des affaires nĂ©cessaires pour la croissance de la productivitĂ©. DeuxiĂšmement, ce dĂ©fi exige dâutiliser toutes et non pas seulement une partie des ressources humaines du pays en augmentant et en Ă©galisant lâĂąge du dĂ©part en retraite pour les hommes et les femmes et, lorsque la situation fiscale le permet, en rĂ©duisant les charges sociales qui rendent lâembauche de main-dâĆuvre coĂ»teuse. TroisiĂšmement, il exige de rĂ©former le systĂšme des retraites et de santĂ©, afin que les pressions fiscales nâencombrent pas les dĂ©penses souhaitables pour les infrastructures, les filets de protection sociale et les investissements privĂ©s pour la croissance de la productivité ».  « Enfin, la migration circulaire internationale de la main-dâĆuvre qui est coordonnĂ©e entre les pays dâorigine et les pays dâaccueil et qui respecte les droits des migrants peut complĂ©ter de telles mesures globales », ajoute Mitra. « La migration engendre des facteurs politiques, Ă©conomiques, sociaux complexes, et câest pour cette raison quâil se peut que des expĂ©riences politiques soient nĂ©cessaires pour amĂ©liorer les cadres qui la rĂ©glementent ».  Pour de plus amples informations, veuillez visiter le site Internet Ă lâadresse : http://go.worldbank.org/LGJUGCEHO0   |