Les personnes les plus pauvres du monde bénéficient de la modification du rôle du secteur privé.
Les entreprises stimulent la transformation économique.
Des marques internationales travaillent avec les ONG, et les gouvernements locaux et régionaux.
23 juillet 2008- Le secteur privé peut-il contribuer à transformer les vies des pauvres ? Les producteurs et consommateurs pauvres peuvent-ils ainsi transformer leurs modèles commerciaux et créer de nouvelles opportunités pour les entreprises ?
Pour un nombre croissant d’entrepreneurs innovants, le moyen le plus efficace de mettre un terme à la pauvreté est d’accorder une certaine importance au potentiel que représentent les pauvres. Il s’agit en effet du marché de producteurs, de travailleurs et de consommateurs le plus important et qui connaît la plus forte croissance au monde.
Le dernier numéro du magazine en anglais « Developpement Outreach » présente la manière dont des sociétés ayant une vision de l’avenir se tournent vers les quatre milliards de personnes qui se contentent de revenus s’élevant à moins de 5 dollars par jour.
Le magazine rassemble les expériences des sociétés qui travaillent avec les pauvres, et présente douze études de cas, y compris le projet « Shakti » d’Unilever (un réseau pour les femmes entrepreneurs), l’initiative Patrimonio Hoy de CEMEX qui fournit des logements aux communautés dont les revenus sont les plus bas au Mexique, et le modèle « Milk District » de Nestlé.
Les entreprises stimulent la transformation économique
Par exemple, Hindustan Unilever, qui fait partie de la grande entreprise de biens de consommation internationale Unilever, vient en aide à 550 000 villages indiens de moins de 2 000 personnes où vit 87 % de la population. Pour y parvenir, elle a créé un réseau de 46 000 entrepreneurs, pour la plupart des femmes défavorisées, qui vendent à leurs voisins des produits à bas prix, souvent emballés dans des paquets jetables. Leurs nouvelles sources de revenus aident non seulement les entrepreneurs à sortir de la pauvreté, mais aussi à devenir des modèles de comportement pour les autres villageois.
Au Mexique, CEMEX, multinationale dans le domaine des matériaux de construction, a aidé les gens pauvres vivant dans les zones rurales à simplifier ce qui était, souvent, le défi le plus difficile et le plus coûteux pour eux: construire ou agrandir leurs maisons. Par le biais de conseils techniques, de la microfinance, et de l’amélioration du stockage et de la livraison de matériaux, Patrimonio Hoy a aidé 185 000 familles mexicaines à construire l’équivalent de 95 000 chambres de 10 mètres carré. Le programme s’est étendu à la Colombie, au Venezuela, au Nicaragua, et au Costa Rica.
« Ces études de cas sont les histoires de pionniers du secteur privé proposant une nouvelle forme de développement », dit Rakesh Nangia, vice présidente par intérim de l’Institut de la Banque mondiale (WBI). « Ils sont plus qu’une source d’inspiration; ils sont instructifs. Ils nous donnent des modèles à suivre, ainsi que des outils pour renouveler l’expérience ».
« Ces exemples montrent le nouveau rôle des sociétés dans le domaine du développement ; il s’agit d’une étape allant au-delà de la responsabilité sociale des entreprises », dit Nangia. « Entreprises citoyennes responsables dans un premier temps, elles deviennent des agents de la transformation. »