- Les lunettes autocorrectives permettent aux utilisateurs de corriger eux-mĂȘmes leurs troubles de la vue
- Prix cible: 1 dollar la paire
- Lâutilisation gĂ©nĂ©ralisĂ©e de ce type de lunettes pourrait accĂ©lĂ©rer la rĂ©alisation des objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire.
Le 1 aoĂ»t 2008 â Pour un trop grand nombrede personnes les plus dĂ©munies au monde, la vie nâest quâun flou perpĂ©tuel. LâOMS estime quâenviron un milliard de personnes â vivant principalement dans les pays en dĂ©veloppement â ont besoin de lunettes pour lire, travailler et vaquer Ă leurs occupations quotidiennes. Mais elles ne peuvent pas en trouver, et si elles en trouvent, elles nâont pas les moyens dâen acheter, vu leur prix Ă©levĂ©. Dans de nombreux pays africains, le prix dâune paire de lunettes peut ĂȘtre Ă©quivalent Ă trois mois de salaire.  Au moins 10 % des personnes concernĂ©es sont des jeunes dâĂąge scolaire. Ă terme, ces problĂšmes de vision pourraient ĂȘtre corrigĂ©s sur une grande Ă©chelle grĂące Ă lâemploi de verres auto-correcteurs bon marchĂ©, inventĂ©s par Josh Silver, physicien de lâuniversitĂ© dâOxford, et fabriquĂ©s par une ONG britannique pour un coĂ»t de 5 Ă 10 dollars, lâobjectif Ă©tant dâarriver Ă un coĂ»t de 1 dollar la paire. M. Silver a mis au point ses lunettes prototypes, baptisĂ©es AdSpecs, au milieu des annĂ©es 90 aprĂšs avoir aidĂ© le gĂ©ant des cosmĂ©tiques, Estee Lauder, Ă crĂ©er un miroir bon marchĂ© avec systĂšme de grossissement rĂ©glable. Lorsquâil procĂ©dait aux essais de ses miroirs prototypes, M. Silver a dĂ©couvert quâil pouvait rĂ©gler la lentille dans les miroirs en variant la quantitĂ© dâhuile de silicone emprisonnĂ©e entre deux membranes flexibles. Voir clairement pour la premiĂšre fois Passons maintenant Ă Â 2008 : sur lâinvitation de la Banque mondiale, Adaptive Eyecare Limited est venu exposer les nouvelles lunettes AdSpecs (Lunettes adaptables (a), dans le cadre dâun appel mondial en faveur dâune expansion de la production qui permette de soulager toutes les personnes ayant des problĂšmes de vision. Julian Lambert, PDG du groupe, estime que les nouvelles lunettes AdSpecs, dont les premiĂšres versions auraient ravi Harry Potter, pourront non seulement redonner espoir et chances de rĂ©ussite aux individus, mais aussi, Ă une Ă©chelle suffisamment large, aider les pays Ă atteindre plus rapidement leursobjectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire dans les domaines de la santĂ© et de lâĂ©ducation, pour nâen citer que ces deux-lĂ . « La plupart des gens affligĂ©s dâune trĂšs basse vision nâont jamais passĂ© un test de vision et, par consĂ©quent, se sont simplement adaptĂ©s Ă leur environnement flou et ont perdu la capacitĂ© dâapprendre, de lire et dâĂ©crire, et donc de fonctionner dans la sociĂ©té », a expliquĂ© M. Lambert, qui a pris un congĂ© de son poste au DFID du Royaume-Uni pour pouvoir diriger Adaptive Eyecare Ltd. « Mais il faut voir leur visage dĂšs quâils mettent les lunettes et distinguent clairement le monde autour dâeux, pour la premiĂšre fois. » Combler le vide dans le domaine des soins oculaires En Afrique, avec un optomĂ©triste par million de personnes (comparĂ© au ratio de 1 pour 4 500 aux Ătats-Unis), un des bouleversements spectaculaires apportĂ© par AdSpecs est que les gens peuvent corriger eux-mĂȘmes leur vision.
Ă lâaide de deux petits flacons dâhuile de silicone installĂ©s sur les branches amovibles des lunettes, les gens peuvent pomper la solution dans les verres pour les ajuster Ă leur vision au moment oĂč ils lisent le tableau dâoptotypes.
Les verres deviennent alors plus convexes ou concaves, selon que le porteur est presbyte ou myope. La plage de puissance des verres est de +6 Ă â6 dioptries et, dĂšs quâils sont ajustĂ©s, il suffit de retirer les flacons des branches de lunettes et de les mettre de cĂŽtĂ© dans un endroit sĂ»r.   Don Bundy, spĂ©cialiste en chef pour lâĂ©ducation, porte les premiĂšres lunettes prototypes « Harry Potter » RĂ©sultats dâun test effectuĂ© au Ghana Pour vĂ©rifier le potentiel des lunettes AdSpecs en matiĂšre de dĂ©veloppement, la Banque mondiale en a achetĂ© 10 000 paires destinĂ©es aux GhanĂ©ens dans le cadre dâun programme dâĂ©veil Ă la lecture des adultes et a Ă©tabli un programme de surveillance pour Ă©valuer lâimpact Ă©ventuel. Une des Ă©valuations montre que 70 % des personnes ayant reçu les nouvelles lunettes ont pu corriger elles-mĂȘmes leur vision au moins aussi bien, sinon mieux quâun optomĂ©triste professionnel. Amala Martin, coordinatrice de district pour la division de lâĂ©ducation non scolaire du Ghana, a dĂ©clarĂ© avoir notĂ© un effet immĂ©diat dĂšs que ses Ă©lĂšves adultes ont commencĂ© Ă porter les nouvelles lunettes. « Si je viens en classe et que je nâarrive pas Ă voir le tableau noir, je nây remettrai plus les pieds. Ou si on me donne un livre Ă lire et que je ne peux pas distinguer les lettres, je ne reviendrai plus. Les personnes qui avaient ces problĂšmes, mais dont la vision a Ă©tĂ© corrigĂ©e par les lunettes AdSpecs, viennent maintenant rĂ©guliĂšrement et ponctuellement â et elles apprennent bien mieux », a dĂ©clarĂ© Mme Martin. La supĂ©rieure hiĂ©rarchique de Mme Martin, Agnes Ado Mensah du ministĂšre de lâĂducation du Ghana, compte elle aussi parmi les enthousiastes des nouvelles lunettes. « Les pĂȘcheurs nous disent quâils peuvent maintenant rĂ©parer leurs filets et, lorsquâils partent en mer, ils peuvent attraper un plus grand nombre de poissons car maintenant ils peuvent les voir; on assiste Ă une vĂ©ritable amĂ©lioration de leur vie sur le plan Ă©conomique », a dĂ©clarĂ© Mme Mensah.  La majoritĂ© des gens peuvent profiter de cette aide Don Bundy, spĂ©cialiste en Ă©ducation du dĂ©partement du dĂ©veloppement humain, a travaillĂ© avec lâONG de M. Lambert pendant les huit annĂ©es nĂ©cessaires pour adapter les nouveaux verres Ă la vue des enfants en particulier. Selon lui, les lunettes AdSpecs qui peuvent servir Ă amĂ©liorer la vue chez plus de 90 % des personnes nĂ©cessitant une correction, permettront dâamĂ©liorer la productivitĂ©, la participation au sein de la communautĂ© et lâalphabĂ©tisation, et encourageront la crĂ©ativitĂ© parmi le grand nombre dâenfants et dâadultes luttant pour survivre avec une mauvaise vue non traitĂ©e. « à mesure que nous nous rapprochons de 2015 et de la date limite des objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire, des interventions comme celle-ci, qui sont simples, ne coĂ»tent pas cher et ont de fortes rĂ©percussions sur le plan du dĂ©veloppement, deviendront de plus en plus indispensables pour aider le grand nombre de jeunes Ă la traĂźne sur le plan scolaire, ainsi que les adultes qui ne trouvent pas dâemploi, Ă rĂ©aliser leur plein potentiel et, de cette maniĂšre, Ă aider leurs communautĂ©s Ă devenir florissantes », a dĂ©clarĂ© M. Bundy.
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