- Le changement climatique constituera lâun des principaux sujets abordĂ©s lors des AssemblĂ©es annuelles de la Banque mondiale et du FMI, qui se tiendront ce mois-ci.
- Un nouveau cadre stratégique définit le rÎle du Groupe de la Banque mondiale dans la lutte contre les effets du réchauffement climatique.
- Les Fonds dâinvestissements climatiques (FIC) permettront de renforcer les nĂ©gociations des Nations Unies dans le domaine du changement climatique, en apportant une expĂ©rience et des connaissances pratiques qui favorisent le dĂ©veloppement de nouvelles approches.
3 octobre 2008 â MalgrĂ© la tempĂȘte financiĂšre qui secoue la planĂšte, plusieurs pays ont dĂ©cidĂ© de conjuguer leurs efforts pour aider les pays en dĂ©veloppement Ă faire face aux dĂ©fis du changement climatique.  Le 26 septembre, dix pays industrialisĂ©s, rĂ©unis au siĂšge de la Banque mondiale Ă Washington, se sont engagĂ©s Ă Â verser 6,1 milliards de dollars aux deux Fonds dâinvestissements climatiques (a) rĂ©cemment instituĂ©s. Ces Fonds ont pour but de promouvoir le rendement Ă©nergĂ©tique et les technologies Ă faibles Ă©missions de CO2 (telles que lâĂ©nergie Ă©olienne et lâĂ©nergie solaire), de mettre Ă lâessai de nouvelles approches dans la mise en place de moyens de rĂ©sistance au changement climatique dans les pays exposĂ©s, ainsi que de favoriser les investissements en faveur des forĂȘts et le dĂ©veloppement des Ă©nergies renouvelables.  Il est encourageant de constater que « mĂȘme en pleine crise Ă©conomique », un soutien fort est apportĂ© aux efforts engagĂ©s pour lutter contre le changement climatique, affirme Kseniya Lvovsky, Ă©conomiste principal en Ă©conomie environnementale de la Banque mondiale. « Cet engagement dĂ©montre que le changement climatique demeure une prioritĂ© trĂšs importante pour les dirigeants internationaux ».  En effet, le changement climatique constituera lâun des principaux sujets Ă lâordre du jour des AssemblĂ©es annuelles de la Banque mondiale et du FMI, qui se tiendront courant octobre.  Le 12 octobre, la Banque mondiale va notamment prĂ©senter aux ministres des Finances et du DĂ©veloppement son nouveau rapport intitulĂ© Cadre stratĂ©gique pour le changement climatique et le dĂ©veloppement. Ce Cadre stratĂ©gique, Ă©laborĂ© pendant plus de cinq mois Ă partir de consultations (a) ayant rĂ©uni 1 800 participants de 76 pays, dĂ©finit le rĂŽle de la Banque mondiale dans la lutte contre un phĂ©nomĂšne aux consĂ©quences majeures risquant en outre dâaffecter le plus durement des pays qui en sont pourtant le moins responsables.  DâaprĂšs les Ă©conomistes, le coĂ»t de la stabilisation du taux de dioxyde de carbone prĂ©sent dans lâatmosphĂšre pourrait ĂȘtre compris, pour les prochaines dĂ©cennies, entre 200 milliards et plus de mille milliards de dollar par an. De plus, des dizaines de milliards de dollars seront nĂ©cessaires chaque annĂ©e pour aider les pays en dĂ©veloppement les plus exposĂ©s Ă sâadapter au changement climatique. Avec seulement 10 milliards de dollars allouĂ©s aux pays en dĂ©veloppement Ă lâheure actuelle, M. Lvovsky admet que la tĂąche est immense.  Une mission-clé : aider les pays Ă sâadapter au changement climatique  Tandis que la  Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) coordonne la coopĂ©ration et la politique internationales en matiĂšre de rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă effet de serre, le Groupe de la Banque mondiale (GBM) sâattache surtout Ă aider certains des pays parmi les plus pauvres Ă sâadapter au changement climatique et Ă gĂ©rer les risques qui en dĂ©coulent.  Le GBM collabore avec dâautres partenaires du dĂ©veloppement afin de mobiliser des fonds destinĂ©s Ă financer les efforts dâadaptation au changement climatique. Sur les 6,1 milliards de dollars promis aux nouveaux Fonds, un peu moins dâun milliard a Ă©tĂ© versĂ© au Fonds climatique dâinvestissement stratĂ©gique. Une grande partie de ces ressources permettra de mettre Ă lâessai des programmes destinĂ©s Ă renforcer la capacitĂ© de rĂ©sistance au changement climatique, dans 10 Ă 15 pays parmi les plus exposĂ©s et les plus pauvres.  LâaccĂšs Ă lâĂ©nergie reste une prioritĂ©  AmĂ©liorer lâaccĂšs Ă lâĂ©nergie est Ă©galement une prĂ©occupation majeure du Groupe de la Banque mondiale. En effet, 1,6 milliard de personnes sont toujours privĂ©es dâĂ©lectricitĂ©.  DâaprĂšs M. Lvovsky, mĂȘme si lâutilisation de sources dâĂ©nergie conventionnelles « sera toujours de mise pendant un certain temps », la Banque a pour objectif dâaider les pays Ă dĂ©velopper des ressources Ă©nergĂ©tiques durables, en soutenant la mise en Ćuvre de programmes favorisant les Ă©nergies renouvelables, le rendement Ă©nergĂ©tique et lâutilisation de technologies conventionnelles plus propres.  Le nouveau Cadre stratĂ©gique sâappuie sur les rĂ©centes augmentations de financement dont ont bĂ©nĂ©ficiĂ© les technologies Ă faibles Ă©missions de CO2 au sein du GBM.  - Les ressources destinĂ©es aux Ă©nergies renouvelables (a) et au rendement Ă©nergĂ©tique ont augmentĂ© de 87% (a) au cours de lâexercice 2008, clos le 30 juin, atteignant ainsi un montant total de 2,7 milliards de dollars environ.
 - La part du soutien apportĂ© aux projets en faveur des Ă©nergies sobres en carbone est passĂ©e de 28 % pour les exercices 2003-2005, Ă 41 % pour les exercices 2006-2008. Dans leur ensemble, les prĂȘts accordĂ©s dans le domaine Ă©nergĂ©tique sont passĂ©s de sept milliards sur les exercices 2003-2005, Ă 15 milliards de dollars pour lâexercice 2006-2007.
 - Les activitĂ©s liĂ©es au marchĂ© du carbone (a) ont atteint 2,1 milliards de dollars, par le biais de 10 fonds ayant rassemblĂ© 16 gouvernements et 66 entreprises privĂ©es. GrĂące Ă une mobilisation de fonds considĂ©rable, le marchĂ© du carbone est lâun des meilleurs moyens de soutenir lâinvestissement en faveur dâune Ă©conomie Ă faible intensitĂ© de carbone.
 Au cours des exercices budgĂ©taires 2006-2008, environ 30 % des prĂȘts consentis dans le secteur Ă©nergĂ©tique ont permis dâaider les populations des pays en dĂ©veloppement Ă accĂ©der Ă lâĂ©nergie, et 12 % Ă en assurer la transmission et la distribution. LâaccĂšs Ă lâĂ©nergie ainsi que les projets en faveur des Ă©nergies sobres en carbone ont reprĂ©sentĂ© 66 % de lâensemble des prĂȘts du GBM au cours de la mĂȘme pĂ©riode.  DâaprĂšs les prĂ©visions du Cadre stratĂ©gique, 50 % des financements accordĂ©s par le GBM dans le secteur de lâĂ©nergie dâici Ă 2011 concerneront des projets en faveur dâĂ©nergies Ă faible intensitĂ© de carbone.  « Dans le cadre de notre mission principale qui est de vaincre la pauvretĂ©, nous devons impĂ©rativement nous assurer que les coĂ»ts liĂ©s au changement climatique ne soient pas un obstacle Ă la croissance des pays en dĂ©veloppement », dĂ©clare M. Lvovsky.  De nouvelles opportunitĂ©s pour les projets favorisant les Ă©nergies renouvelables et le rendement Ă©nergĂ©tique  Le nouveau Fonds pour les Ă©nergies propres accordera 5,2 milliards de dollars pour financer  le dĂ©veloppement des ressources Ă©nergĂ©tiques et des technologies de transport sobres en carbone, ainsi quâĂ promouvoir le rendement Ă©nergĂ©tique dans les secteurs immobilier, industriel et agricole.  DâaprĂšs Rohit Khanna, ChargĂ© principal des opĂ©rations Ă la Banque mondiale, lâĂ©nergie Ă©olienne, lâĂ©nergie gĂ©othermique, lâĂ©nergie solaire concentrĂ©e, mais aussi le dĂ©veloppement destransports en commun ou bien les efforts pour renforcer la demande et lâoffre en matiĂšre dâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique sont autant de domaines dans lesquels des investissements sont envisageables.  Le Fonds pour les Ă©nergies propres est essentiellement destinĂ© Ă des technologies mises en Ćuvre pour rĂ©pondre aux besoins, et ne servira pas Ă soutenir les technologies qui en sont encore au stade de la recherche. « Nous voulons investir Ă grande Ă©chelle dans des technologies qui sont dâores et dĂ©jĂ exploitables », confie M. Khanna. « Nous recherchons des technologies qui ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© mises Ă lâessai, et pour lesquelles le secteur concernĂ© est prĂȘt Ă entreprendre lâĂ©tape suivante de gĂ©nĂ©ralisation ».  Il ajoute que « si le Fonds pour les Ă©nergies propres peut permettre Ă lâĂ©nergie solaire concentrĂ©e dâatteindre le mĂȘme niveau de dĂ©veloppement que lâĂ©nergie Ă©olienne, ce serait une grande rĂ©ussite. Le prix de lâĂ©nergie Ă©olienne a Ă©normĂ©ment baissĂ© au cours de ces dix derniĂšres annĂ©es, et si en cinq ans nous pouvions accĂ©lĂ©rer la rĂ©duction du coĂ»t de lâĂ©nergie solaire, lâimpact serait considĂ©rable ».  Les FIC : une importante source de financement provisoire  Les ressources des Fonds dâinvestissements climatiques (FIC) iront Ă des programmes mis en place dans le cadre de la stratĂ©gie de dĂ©veloppement de certains pays et prĂ©sentant un potentiel significatif de rĂ©duction des Ă©missions de carbone. Toutefois, une clause de caducitĂ© permettra de sâassurer que ces Fonds ne portent pas atteinte aux nĂ©gociations des Nations Unies actuellement en cours dans le domaine du changement climatique. « Nous espĂ©rons que le nouvel accord sur le climat permettra aux pays en dĂ©veloppement dâaccĂ©der Ă dâimportantes ressources financiĂšres [âŠ]. Dâici lĂ , il existe un besoin urgent dâaccroĂźtre la mobilisation des ressources disponibles, et de constituer la base de connaissances nĂ©cessaire au sein de la communautĂ© du dĂ©veloppement » prĂ©cise M. Khanna.    |