Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre

La crise alimentaire et énergétique mondiale risque d’accroître de 44 millions le nombre des mal nourris dans le monde

Disponible en: Español, English, العربية, 中文

Contacts :
À Washington
Carl Hanlon 202-473-8087
chanlon@worldbank.org
Philip Hay 202-473-1796
phay@worldbank.org

WASHINGTON, le 8 octobre 2008 — La flambée des prix alimentaires et énergétiques risque d'accroître de 44 millions le nombre des mal nourris dans le monde en 2008, pour le porter à 967 millions, avertit la Banque mondiale dans un nouveau rapport.

Selon ce rapport, intitulé "Flambée des prix alimentaires et des carburants : Écarter les menaces qui pèsent sur les générations futures", cette flambée s’est certes ralentie ces derniers mois, mais les prix n’en demeurent pas moins de beaucoup supérieurs à leurs niveaux de ces dernières années, et ne semblent guère devoir baisser sensiblement. À travers le monde, des familles pauvres se trouvent ainsi poussées aux limites de la survie, ce qui entraîne des dommages irréparables pour la santé de millions d’enfants. Et les coupes opérées par ces familles dans leurs dépenses mettent aussi sérieusement en péril les résultats scolaires de leurs enfants.

"Tandis qu’on se focalise dans les pays développés sur la crise financière, beaucoup oublient qu’une crise humaine se dessine rapidement sous nos yeux dans les pays en développement. Elle pousse aujourd’hui les populations pauvres aux limites de la survie", a déclaré à ce sujet le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick. "La crise financière ne va que rendre plus difficile, pour les pays en développement, la protection à assurer pour les plus vulnérables de leurs habitants contre l’impact de la hausse des coûts énergétiques et alimentaires."

Selon le rapport, qui doit être présenté dimanche au Comité du développement dans le cadre des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, la crise alimentaire et énergétique pourrait avoir des effets à long terme sur les pauvres et les pays à faible revenu. En effet, un enfant mal nourri ne peut se développer de telle manière à être, une fois parvenu à l’âge adulte, un être sain et un membre productif de la société, à même de contribuer à l’essor économique nécessaire à son pays et à lui-même pour échapper à la pauvreté.

Pour les auteurs du rapport, il faut s’attacher en priorité à prendre une série de mesures ciblées, consistant notamment à :

  • rendre plus généreux les programmes existants de transferts monétaires (ou quasi-monétaires) ciblés ;
  • assurer les besoins nutritionnels des nourrissons et des femmes enceintes ;
  • intensifier les programmes de distribution alimentaire "en nature", y compris les programmes d’alimentation scolaire et de distribution d’aliments enrichis et à forte teneur en calories ;
  • recourir aux exemptions de droits, tarifs "survie" et autres formes de subventions ciblées à l’intention des consommateurs et usagers à faibles revenus ; et
  • prendre des mesures supplémentaires pour éviter que les enfants abandonnent leurs études, par exemple sous forme d’exemptions des droits de scolarité, de subventions pour les fournitures scolaires ou de transferts monétaires.

Le rapport fait valoir par ailleurs que les montants budgétaires à consentir pour financer une expansion des filets de protection sociale pourra nécessiter un élagage dans d’autres domaines de dépenses publiques moins prioritaires. Il note cependant qu’un programme de protection sociale bien conçu n’a pas besoin d’être d’un coût prohibitif pour être effectif. Certains des programmes les plus concluants en place dans le monde coûtent largement moins de 1 % du produit intérieur brut. De plus, le fait d’investir aujourd’hui dans leurs dispositifs de protection sociale permettra aux pays de se doter de nouveaux moyens pour faire face non seulement à la crise actuelle mais aussi aux crises futures.

En mai dernier, la Banque mondiale a mis en place un mécanisme de financement rapide de 1,2 milliard de dollars pour aider les pays pauvres à surmonter la crise alimentaire, et un montant de l’ordre de 850 millions de dollars a d’ores et déjà été engagé pour financer les apports en semences et campagnes de semailles, ainsi que des programmes d’alimentation. Au mois d’avril, M. Zoellick avait lancé un appel pour une refonte de la politique alimentaire mondiale, une "nouvelle donne" assortie de mesures à court, moyen et long terme destinées à fournir une aide immédiate aux agriculteurs et populations pauvres, tout en accroissant la production alimentaire.




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/B483N6DQ50