Contacts Ă Washington: Fionna Douglas (202) 473-8913 (240) 505-2520 fdouglas@worldbank.org Elizabeth Petheo (202) 458-2209 (202) 834-3853 epetheo@worldbank.org à Rome: George Kourous (+39) 06.570.53168 George.Kourous@fao.org  Washington, 8 Octobre - Selon un nouveau rapport conjoint de la Banque mondiale et de la FAO, les pertes Ă©conomiques dans le secteur des pĂȘches maritimes, qui rĂ©sultent de la mauvaise gestion, dâinefficacitĂ©, et de la surpĂȘche se montent Ă plus de 50 milliards de dollars par an. Si lâon considĂšre ces pertes sur les trois derniĂšres dĂ©cennies, le manque Ă gagner est de plus de 2 milliards de dollars, ce qui Ă©quivaut plus ou moins au PIB de lâItalie.   Cependant le rapport conjoint entre les deux agences, "Les milliards engloutis: la justification Ă©conomique pour une rĂ©forme des pĂȘches", note Ă©galement quâune bonne gestion des pĂȘcheries peut transformer une bonne partie de ce manque Ă gagner en bĂ©nĂ©fices Ă©conomiques durables pour des millions de pĂȘcheurs et les communautĂ©s cĂŽtiĂšres.  "La pĂȘche durable requiert une volontĂ© politique pour remplacer les primes Ă la surpĂȘche par des incitations Ă plus de responsabilitĂ© de la part des parties prenantes," dĂ©clare Kieran Kelleher, leader de lâĂ©quipe pĂȘche Ă la Banque mondiale. "Nous ne parlons pas seulement de bateaux et de poissons dans ce rapport. Nous offrons aux dĂ©cideurs les arguments Ă©conomiques nĂ©cessaires pour la rĂ©forme des pĂȘches."  Le renforcement des droits de pĂȘches peut inciter les pĂȘcheurs, ainsi que leurs communautĂ©s, Ă ĂȘtre plus responsables et permettre une exploitation Ă©conomiquement plus efficace. La suppression progressive des subventions, qui engendrent la surexploitation des pĂȘcheries, permettra aussi dâamĂ©liorer lâefficacitĂ© du secteur. Une transparence accrue dans lâallocation des ressources halieutiques et une obligation accrue de rendre des comptes publics sur la gestion des pĂȘcheries et lâĂ©tat des stocks faciliteront lâobtention de label Ă©cologique pour les pĂȘcheries durables.  La majoritĂ© des pertes se fait sentir de deux façons, nous raconte "Les milliards engloutis" :  PremiĂšrement, lâĂ©puisement des stocks se traduit par une rarĂ©faction de poissons Ă pĂȘcher, et par consĂ©quent les coĂ»ts associĂ©s Ă la recherche et Ă la capture de ces poissons augmentent.  DeuxiĂšmement, la surcapacitĂ© extrĂȘme des flottilles de pĂȘches â souvent dĂ©crite comme "trop de pĂȘcheurs pourchassant trop peu de poissons" â veut dire que les bĂ©nĂ©fices Ă©conomiques de la pĂȘche sont dissipĂ©s par des investissements et des coĂ»ts dâopĂ©ration superflus.  Le rapport souligne que le chiffre de 50 milliards de dollars reprĂ©sente une estimation prudente â il nâinclut pas les pertes liĂ©es Ă la pĂȘche sportive, au tourisme et Ă la pĂȘche illĂ©gale.  SurcapacitĂ© de pĂȘche  Bien avant lâaugmentation des prix du pĂ©trole en 2008, la santĂ© Ă©conomique globale des pĂȘcheries maritimes Ă©tait en baisse.  Lâaccroissement des flottes, le dĂ©ploiement de technologies de pĂȘche de plus en plus efficaces, et lâaugmentation de la pollution ainsi que la perte dâhabitats ont contribuĂ© Ă lâĂ©puisement des stocks de poissons de par le monde. Les prises mondiales en mer stagnent Ă environ 85 millions de tonnes par an depuis plus dâune dĂ©cennie. En attendant, le rendement des pĂȘcheries â mesurĂ© en termes de prise par pĂȘcheur, ou par bateau â a baissĂ©, alors mĂȘme que les technologies de pĂȘche Ă©taient amĂ©liorĂ©es et que lâeffort de pĂȘche augmentait.   «Il y a une importante surcapacitĂ© de la flotte mondiale», indique Kelleher. "Ces flottilles se font concurrence pour des ressources limitĂ©es, ce qui conduit Ă une stagnation de la productivitĂ© et Ă lâinefficacitĂ© Ă©conomique".  Le rapport poursuit en dĂ©clarant que si les stocks mondiaux de poissons Ă©taient reconstituĂ©s, environ la moitiĂ© de lâeffort de pĂȘche actuel suffirait Ă atteindre les prises actuelles.  Sous performance et coĂ»ts dissimulĂ©s  Selon la FAO, plus de 75 % des stocks mondiaux de poissons sont soit pleinement exploitĂ©s ou surexploitĂ©s.  Mais lâaccent mis sur lâĂ©tat des stocks a eu tendance Ă masquer lâĂ©tat encore plus critique de la santĂ© Ă©conomique des pĂȘcheries. "Les milliards engloutis" indique que lorsque les stocks de poissons sont pleinement exploitĂ©s, les pĂȘcheries qui en dĂ©pendent opĂšrent presque toujours en deçà de leur optimum Ă©conomique. Certaines pĂȘcheries peuvent mĂȘme perdre de lâargent alors quâelles sont considĂ©rĂ©es comme durables dâun point de vue biologique.  Le rapport poursuit en dĂ©clarant quâalors que beaucoup de pĂȘcheries sont profitables, au niveau mondial une majoritĂ© des activitĂ©s de pĂȘche sont artificiellement maintenues Ă flot grĂące aux subventions. "Mondialement, pour chaque tonne de poisson capturĂ© il faut utiliser presque une demie tonne de gasoil â une grande partie de ce gasoil Ă©tant gaspillĂ©e du fait dâun effort de pĂȘche excessif."  "Actuellement, personne nây gagne" dĂ©clare Rolf Willmaan, Cadre SupĂ©rieur pour la Planification des PĂȘches Ă la FAO, et un des auteurs du rapport. "Les niveaux rĂ©els de revenu des pĂȘcheurs est en dĂ©clin, une grande partie de lâindustrie des pĂȘches nâest plus rentable, les stocks de poissons sont Ă©puisĂ©s et dâautre secteurs de lâĂ©conomie payent les factures de ce secteur en difficultĂ©."  "Il y a deux moyens de rĂ©cupĂ©rer ces milliards engloutis" nous dit le rapport.  PremiĂšrement, une rĂ©duction de lâeffort de pĂȘche permettrait une augmentation de la productivitĂ©, de la rentabilitĂ©, et du bĂ©nĂ©fice Ă©conomique net. DeuxiĂšmement, rebĂątir les stocks de poissons mĂšnera Ă une augmentation durable des rendements ainsi quâĂ un abaissement de coĂ»ts de production.  BĂ©nĂ©fices pour les pays en voie de dĂ©veloppement  Avoir des pĂȘcheries en bonne santĂ© Ă©conomique est fondamental, non seulement pour le rĂ©tablissement des stocks de poissons, mais aussi parce que cela amĂ©liore les moyens de subsistance des pĂȘcheurs, les exportations, la sĂ©curitĂ© alimentaire et la croissance Ă©conomique. Les pĂȘches maritimes ne reprĂ©sentent quâune partie des 400 milliards de dollars de lâindustrie mondiale des produits de la mer. NĂ©anmoins des pĂȘcheries Ă©conomiquement saines sont le fondement de la durabilitĂ© de lâapprovisionnement ainsi que de la profitabilitĂ© des opĂ©rations de transformation et de distribution, spĂ©cialement dans les pays en dĂ©veloppement.  "Pour chaque emploi en mer, il y a trois autres emplois Ă terre" note Willmann. "Le poisson est la principale source de protĂ©ine animale pour plus dâun milliard de personnes. Câest le gagne-pain de plus de 200 millions de personnes et 90% dâentre eux habitent dans des pays en voie de dĂ©veloppement."   Des signes dâamĂ©lioration  Lâaspect positif Ă souligner est que des rĂ©formes, pour une bonne gouvernance du secteur, ont modifiĂ© la situation dans certaines pĂȘcheries, note "Les milliards engloutis".  "Le renforcement des systĂšmes de droits de pĂȘche est fondamental dans toute dĂ©marche pour rĂ©soudre les problĂšmes qui affectent le secteur" dĂ©clare Ragnar Arnason, Ă©conomiste des pĂȘches Ă lâUniversitĂ© dâIslande et un des auteurs du rapport. Ragnar poursuit en utilisant des exemples dâexpĂ©riences fructueuses en Islande, en Nouvelle ZĂ©lande, et en Namibie.  Le renforcement des droits dâusage, dâaccĂšs, ou de propriĂ©tĂ© des pĂȘcheurs est une stratĂ©gie adoptĂ©e par de plus en plus dâorganisations qui pensent quâil faut crĂ©er des mesures incitatives afin de rendre les parties prenantes plus responsables. La promotion du principe des «droits de pĂȘches» fait partie dâune rĂ©solution de lâASEAN sur les pĂȘches et la sĂ©curitĂ© alimentaire (Resolution on Sustainable Fisheries for Food Security for the ASEAN Region). En Afrique la DĂ©claration dâAbuja sur les PĂȘcheries et lâAquaculture, qui fut adoptĂ©e par les chefs dâĂ©tats prĂ©sents au Sommet NEPAD "Des Poissons pour tous" (Abuja, Nigeria, 25 aoĂ»t 2005), a Ă©galement approuvĂ© le principe des "droits de pĂȘches". La plus grande pĂȘcherie au monde, celle de lâanchois pĂ©ruvien, est elle aussi en train dâĂ©voluer vers ce principe, et il y est mĂȘme proposĂ© quâune assurance sociale soit créée pour les pĂȘcheurs.  "Les rĂ©formes de la gouvernance sont souvent politiquement difficiles, spĂ©cialement sâil sâagit de rĂ©duire les flottes de pĂȘche ou le nombre de pĂȘcheurs" indique Kelleher, "et les droits ainsi que le gagne-pain des pĂȘcheurs doivent ĂȘtre assurĂ©s quelles que soient les rĂ©formes."  "Les milliards engloutis: la justification Ă©conomique pour une rĂ©forme des pĂȘches" fut rendu possible grĂące au support de PROFISH, un partenariat de la Banque mondiale qui se penche sur les initiatives politiques menant Ă des pĂȘches durables.
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