En bref : - Pour la deuxiÚme fois en trois ans, on assiste à une flambée des cours alimentaires mondiaux qui suscite de vives inquiétudes quant à une réédition de la crise alimentaire de 2008 et à ses répercussions sur les populations pauvres.
- Face Ă la gravitĂ© de la crise et Ă la nĂ©cessitĂ© de mettre en place des mesures urgentes, la Banque mondiale a instaurĂ© en mai 2008 le Programme dâintervention en rĂ©ponse Ă la crise alimentaire mondiale (GFRP) dans le but dâapporter des financements et des conseils techniques aux pays touchĂ©s. Le GFRP a dĂ©jĂ aidĂ© 40 millions de personnes dans 44 pays.
- Les investissements dans les secteurs de lâagriculture et du dĂ©veloppement rural restent une prioritĂ© majeure pour le Groupe de la Banque mondiale, qui leur alloue dĂ©sormais entre 6 et 8 milliards de dollars par exercice, contre 4,1 milliards en 2008.
- En avril 2010, Ă la demande du G-20, la Banque mondiale a lancĂ© le Programme mondial pour lâagriculture et la sĂ©curitĂ© alimentaire (GAFSP), un nouveau mĂ©canisme multilatĂ©ral de soutien Ă lâagriculture. Le GAFSP intervient lĂ oĂč sâarrĂȘte le rĂŽle de lâaide dâurgence et vise Ă amĂ©liorer durablement lâagriculture et la santĂ© alimentaire des pays pauvres en apportant un soutien financier aux processus dâamĂ©lioration de lâefficacitĂ© de lâaide existants. Ă ce jour, six pays ainsi que la Fondation Gates se sont engagĂ©s Ă apporter 975 millions de dollars Ă ce programme au cours des trois prochaines annĂ©es, dont 520 millions ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© versĂ©s.
La flambĂ©e et la volatilitĂ© des prix alimentaires continuent dâaffecter les populations les plus dĂ©munies  En fĂ©vrier 2011, lâindice des prix des produits alimentaires de la Banque mondiale a Ă©galĂ© le niveau record atteint en 2008 et il nâa guĂšre Ă©voluĂ© jusquâĂ juin 2011, ce qui reprĂ©sente une augmentation de 40 % depuis juin 2010. Plusieurs facteurs ont contribuĂ© Ă lâincertitude rĂ©gnant sur les marchĂ©s mondiaux des cĂ©rĂ©ales et la volatilitĂ© des prix alimentaires : la croissance rĂ©guliĂšre quoique modeste de la consommation mondiale de cĂ©rĂ©ales, les fluctuations de lâoffre planĂ©taire de cĂ©rĂ©ales dues aux phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques et les prĂ©lĂšvements effectuĂ©s sur les stocks de grands pays exportateurs de cĂ©rĂ©ales. Lâinflation des prix alimentaires sâest accĂ©lĂ©rĂ©e dans plusieurs pays en dĂ©veloppement, oĂč les consommateurs consacrent souvent plus de la moitiĂ© de leurs revenus Ă lâalimentation. Selon les estimations, la flambĂ©e actuelle des prix alimentaires a plongĂ© dans la pauvretĂ© 44 millions de personnes supplĂ©mentaires. Lâintervention de la Banque mondiale en rĂ©ponse Ă la crise alimentaire Pour rĂ©pondre aux demandes dâaide Ă©manant des pays, la Banque mondiale a articulĂ© son intervention autour de cinq axes : 1. Conseils stratĂ©giques. Plus de 40 pays ont Ă ce jour sollicitĂ© les conseils de la Banque pour surmonter la crise alimentaire. Cette intervention englobe une Ă©valuation rapide de la situation du pays, lâĂ©tablissement dâun dialogue Ă haut niveau, des communications publiques et la rĂ©alisation dâanalyses de fond. En Ăthiopie, par exemple, une Ă©tude est en cours sur les origines de lâinflation des prix des denrĂ©es alimentaires et sur les politiques Ă mettre en place pour y faire face. 2. Un appui financier accĂ©lĂ©rĂ©. En mai 2008, le Conseil des Administrateurs de la Banque a approuvé le Programme dâintervention en rĂ©ponse Ă la crise alimentaire mondiale (GFRP). BĂ©nĂ©ficiant dâune dotation initiale de 1,2 milliard de dollars, le GFRP est un mĂ©canisme de financement rapide permettant aux pays les plus dĂ©munis et les plus vulnĂ©rables dâaccĂ©der Ă un soutien financier et de bĂ©nĂ©ficier de conseils techniques et stratĂ©giques. La Banque a rehaussĂ© le plafond du GFRP Ă 2 milliards de dollars en avril 2009 et, rĂ©cemment, elle lâa prolongĂ© jusquâen juin 2012 afin dâassurer une rĂ©ponse rapide aux demandes dâaide provenant de pays durement touchĂ©s par lâenvolĂ©e des prix alimentaires. En juin 2011, le GFRP avait financĂ© des opĂ©rations pour un montant de 1,5 milliard de dollars. Environ 77 % de ces fonds ont Ă©tĂ© dĂ©caissĂ©s pour aider prĂšs de 40 millions de personnes vulnĂ©rables dans 44 pays. Outre les ressources de la Banque, le GFRP a reçu des dons mobilisĂ©s par le biais de trois fonds fiduciaires financĂ©s par des ressources extĂ©rieures et reprĂ©sentant lâĂ©quivalent de 356 millions de dollars. Le Fonds fiduciaire multidonateurs (MDTF) a reçu des contributions de lâAustralie (50 millions de dollars australiens), de lâEspagne (80 millions d'euros), de la RĂ©publique de CorĂ©e (7,6 milliards de wons), du Canada (30 millions de dollars canadiens) et de la SociĂ©tĂ© financiĂšre internationale (IFC, 150 000 dollars). Le Fonds dâaffectation spĂ©ciale de rĂ©ponse rapide Ă la crise alimentaire de la Russie a Ă©galement allouĂ© 15 millions de dollars Ă la RĂ©publique kirghize et au Tadjikistan. Enfin, lâUnion europĂ©enne a octroyĂ© 111,8 millions dâeuros pour des opĂ©rations menĂ©es dans 10 pays. Les ressources rendues disponibles par le biais du GFRP ont un impact considĂ©rable sur le terrain. Au NĂ©pal, ce sont environ 940 000 personnes qui ont reçu une aide alimentaire par le biais de programmes de travail contre argent ou contre nourriture. La sĂ©curitĂ© alimentaire sâest amĂ©liorĂ©e pour environ 94 % de ces bĂ©nĂ©ficiaires, avec une pĂ©riode dâautosuffisance situĂ©e Ă 5,5 mois en moyenne ; 52 % ont indiquĂ© pouvoir faire plusieurs repas chaque jour, 45 % avoir une consommation alimentaire plus variĂ©e et 30 % sâautoriser des repas plus copieux. Au SĂ©nĂ©gal, les dons provenant du MDTF ont permis au gouvernement dâĂ©largir son programme de renforcement de la nutrition et dâassurer des transferts monĂ©taires en direction des mĂšres dâenfants ĂągĂ©s de moins de cinq ans. Au cours de son sommet de septembre 2009, le G-20 a demandĂ© Ă la Banque mondiale de mettre en place un mĂ©canisme multilatĂ©ral pour concrĂ©tiser les promesses de dons en faveur de la sĂ©curitĂ© alimentaire Ă long terme formulĂ©es en juillet Ă L'Aquila. L'objectif de ce mĂ©canisme, dĂ©nommĂ© « Programme mondial pour l'agriculture et la sĂ©curitĂ© alimentaire » (GAFSP), est de combler le manque de financement dont souffrent les stratĂ©gies nationales et rĂ©gionales sur la sĂ©curitĂ© agricole et alimentaire. Depuis son lancement en 2010, diffĂ©rents bailleurs de fonds se sont engagĂ©s Ă allouer 896,5 millions de dollars au guichet du GAFSP destinĂ© au secteur public. Il sâagit de lâAustralie, du Canada, de la RĂ©publique de CorĂ©e, de lâEspagne, des Ătats-Unis, de lâIrlande et de la Fondation Bill & Melinda Gates. En outre, le Canada et les Ătats-Unis ont annoncĂ© quâils contribueraient Ă hauteur de 75 millions de dollars au guichet du GAFSP destinĂ© au secteur privĂ©. Depuis mai 2010, le guichet du secteur public du GAFSP a versĂ© 481 millions de dollars Ă 12 pays : Bangladesh, Cambodge, Ăthiopie, HaĂŻti, Liberia, Mongolie, NĂ©pal, Niger, Rwanda, Sierra Leone, Tadjikistan et Togo. Par ailleurs, la SociĂ©tĂ© financiĂšre internationale (IFC) a lancĂ© le premier appel Ă propositions destinĂ© au guichet du secteur privĂ© le 18 juillet 2011. Il sâadresse au secteur agroindustriel prĂ©sent dans des pays IDA oĂč le guichet du secteur public est dĂ©jĂ actif, dans le but de renforcer les synergies entre les deux guichets et de garantir la complĂ©mentaritĂ© des financements du GAFSP. 3. Hausse des investissements de lâIFC dans le secteur agroindustriel. Le Plan dâaction prĂ©voit dâaugmenter lâappui du Groupe de la Banque mondiale (IDA, BIRD, Financements spĂ©ciaux et IFC) aux secteurs de lâagriculture, et de le porter Ă un montant annuel compris entre 6,2 et 8,3 milliards de dollars sur les exercices 2010-2012. En 2011, lâIFC a investi 2,2 milliards de dollars dans le secteur agroindustriel et la sylviculture, portant ainsi la contribution totale du Groupe de la Banque mondiale (IDA, BIRD, Financements spĂ©ciaux et IFC) Ă 5,8 milliards pour 2011. 4. Appui aux produits dâassurance sur les marchĂ©s financiers et aux stratĂ©gies de gestion des risques. Dans les pays en dĂ©veloppement, toute une palette dâoutils techniques, financiers et de gestion peut permettre aux agriculteurs, aux entreprises agro-alimentaires et aux pouvoirs publics de rĂ©duire, limiter, transfĂ©rer et prĂ©venir les risques. La Banque mondiale soutient le dĂ©veloppement et la mise en Ćuvre de stratĂ©gies de gestion des risques dans le secteur agricole et les chaĂźnes d'approvisionnement dâun nombre croissant de pays en dĂ©veloppement, par le biais d'une assistance technique, de transfert de compĂ©tences et de formations. 5. Promotion de la recherche pour combler le manque de connaissances. En collaboration avec dâautres organismes et institutions, la Banque a entrepris de mettre en Ćuvre un programme dâanalyse complet et approfondi. Elle poursuit en outre son soutien au Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR). Un nouveau fonds fiduciaire multi-donateurs relevant du CGIAR, installĂ© dans les locaux de la Banque mondiale qui en assure lâadministration, a Ă©tĂ© constituĂ© afin dâharmoniser les investissements des bailleurs de fonds. Six nouveaux programmes de recherche axĂ©s sur lâobtention de rĂ©sultats, proposĂ©s par le Consortium des centres de recherche agricole internationale, ont rĂ©cemment Ă©tĂ© approuvĂ©s par le Conseil de financement du CGIAR. La rĂ©ponse concertĂ©e de la Banque mondiale et de ses partenaires du dĂ©veloppement La Banque sâinvestit activement au sein du Groupe de travail de haut niveau des Nations Unies sur la sĂ©curitĂ© alimentaire. ConstituĂ© en avril 2008, celui-ci rĂ©unit les dirigeants des institutions spĂ©cialisĂ©es, des fonds et des programmes des Nations Unies ainsi que les institutions de Bretton Woods. La Banque participe aussi Ă plusieurs des groupes de travail sur lâagriculture et la sĂ©curitĂ© alimentaire qui, Ă la demande de la prĂ©sidence française, ont Ă©tĂ© chargĂ©s de rĂ©diger des recommandations Ă lâintention du G-20. Enfin, elle prend rĂ©guliĂšrement part au Groupe de travail des banques multilatĂ©rales de dĂ©veloppement sur lâeau et la sĂ©curitĂ© alimentaire. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.banquemondiale.org/themes/crise-alimentaire/ Contacts pour les mĂ©dias : Amy Stilwell : (202) 458-4906 Email : astilwell@worldbank.org Fionna Douglas : (202) 473-8913 Email : fdouglas@worldbank.org Robert Bisset : (202) 458-5191 Email : rbisset@worldbank.org DerniĂšre mise Ă jour : aoĂ»t 2011 |