Les premiers effets du programme d'intervention lancé en réponse à la crise alimentaire mondiale

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Le Programme d’intervention en rĂ©ponse Ă  la crise alimentaire mondiale (Global Food Response Program - GFRP), mĂ©canisme de financement rapide dotĂ© de 1,2 milliard de dollars mis en place par la Banque mondiale pour faire face Ă  la crise alimentaire, a Ă©tĂ© créé en mai 2008 pour accorder des dĂ©caissements rapides de fonds aux pays les plus frappĂ©s par la crise alimentaire.

« La faim ne connaßt pas de frontiÚres », affirme Obiageli Ezekwesili, Vice-présidente de la Région Afrique. « Sur tout le continent, les pauvres sont les principales victimes » de la flambée des prix des produits alimentaires.

La Banque mondiale a alloué 83 millions de dollars pour 10 pays dù??Afrique subsaharienne.

La Banque mondiale a allouĂ© 83 millions de dollars pour 10 pays d’Afrique subsaharienne.

À la fin septembre 2008, la Banque mondiale a approuvĂ© 83 millions de dollars de financement du programme GFRP au bĂ©nĂ©fice de pays d’Afrique subsaharienne : le Burundi, la GuinĂ©e, la GuinĂ©e-Bissau, le LibĂ©ria, Madagascar, le Niger, la RĂ©publique centrafricaine, le Rwanda, la Sierra Leone et la Somalie. En outre, 100 millions de dollars ont Ă©tĂ© soit approuvĂ©s soit rĂ©affectĂ©s Ă  huit pays, Ă  titre de financements IDA : le Burkina Faso, le Burundi, la CĂŽte d’Ivoire, l’ÉrythrĂ©e, le Ghana, le Malawi, le Togo et Madagascar. GrĂące Ă  ces financements, les agriculteurs reçoivent des semences, de l’engrais et l’assistance technique. Des programmes de cantines scolaires sont Ă©galement lancĂ©s et des projets de sĂ©curitĂ© alimentaire ciblant les populations vulnĂ©rables sont mis en place. La Banque mondiale envisage dĂ©gager au total 800 millions de dollars pour financer le GFRP.
Le programme GFRP s’appuie sur plusieurs axes d’intervention :
  • des interventions dans le temps pour rĂ©pondre aux besoins Ă  court et moyen termes ;
  • des interventions sectorielles touchant par exemple, l’agriculture, la santĂ©, la protection sociale, l’énergie ; et
  • des interventions menĂ©es au moyen d’instruments tels que l’appui budgĂ©taire pour aider Ă  attĂ©nuer les effets de la crise financiĂšre Ă  court terme, des programmes de protection sociale des populations les plus vulnĂ©rables et des prĂȘts d’investissement destinĂ©s Ă  stimuler la rĂ©action au niveau de l’offre dans le secteur agricole.

Le principe de base du programme est que les pays peuvent opĂ©rer leur propre choix d’intervention Ă  partir d’une large gamme d’interventions possibles, en fonction de leurs besoins spĂ©cifiques. La Banque fournit des orientations techniques dĂ©taillĂ©es adaptĂ©es Ă  ces interventions. Entre autres, les interventions en cours en Afrique subsaharienne comprennent :

La distribution de rations alimentaires aux Ă©lĂšves des Ă©coles et Ă  d’autres groupes vulnĂ©rables

  • Au LibĂ©ria (dĂ©caissement de 10 millions de dollars), la distribution mensuelle de 300 Ă  400 tonnes de rations alimentaires Ă  plus de 60 000 Ă©coliers rĂ©partis dans cinq comtĂ©s a dĂ©marrĂ© au dĂ©but de l’annĂ©e scolaire, soit en octobre 2008. La distribution de rations alimentaires aux femmes enceintes ou allaitantes qui frĂ©quentent les dispensaires et les hĂŽpitaux a Ă©galement commencĂ©.
  • Au Burundi (dĂ©caissement de 10 millions de dollars), le Programme alimentaire mondial (PAM) a mis en place un programme de cantines scolaires dans six provinces (sur 17) du pays. GrĂące au don octroyĂ© dans le cadre du programme GFRP, il est possible de fournir des repas chauds Ă  120 000 Ă©lĂšves dans 60 Ă©coles primaires supplĂ©mentaires depuis le dĂ©but de l’annĂ©e scolaire. Ce don a Ă©galement permis Ă  l’État de maintenir l’équilibre du budget aprĂšs que les autoritĂ©s aient suspendu le prĂ©lĂšvement de droits sur l’importation de 13 produits alimentaires de base pour attĂ©nuer l'impact de la crise alimentaire.
  • En Sierra Leone (dĂ©caissement de 3 millions de dollars), la Banque apporte une aide budgĂ©taire pour compenser en partie les pertes de recettes subies en raison de la rĂ©duction des droits perçus sur les importations de produits alimentaires et de combustible. Cet appui a permis d'accroĂźtre les recettes publiques dont l'État peut disposer pour fournir des rations alimentaires Ă  plus de 21 000 personnes, notamment des Ă©coliers et des patients (des mĂšres allaitantes et des enfants ĂągĂ©s de moins de cinq ans) dans les hĂŽpitaux de district et les centres de santĂ© communautaire. Par ailleurs, 78 projets « vivres contre travail » dĂ©marreront incessamment, tandis que les prĂ©paratifs sont en cours pour la distribution de 300 Ă  400 tonnes d’aliments Ă  des populations cibles.

Le programme GFRP contribue aussi Ă  l’amĂ©lioration des rĂ©coltes. Au Rwanda, 10 millions de dollars ont Ă©tĂ© affectĂ©s aux besoins de financement rĂ©siduels indispensables Ă  l’achat d’engrais en grandes quantitĂ©s et Ă  l’appui de projets inspirĂ©s des pratiques du secteur privĂ©, conçus pour promouvoir des systĂšmes d’enchĂšre et de distribution de coupons. Des coupons d’achat d’engrais ont Ă©tĂ© distribuĂ©s aux agriculteurs en prĂ©vision de la pĂ©riode des semis Ă  l’automne.

La réforme des politiques alimentaires

  • À Madagascar (dĂ©caissement de 10 millions de dollars), la hausse du prix du riz a Ă©tĂ© freinĂ©e, en partie grĂące Ă  la suspension temporaire du prĂ©lĂšvement de la TVA sur le riz. L’appui budgĂ©taire de la Banque a aidĂ© Ă  attĂ©nuer l’impact de cette mesure stratĂ©gique sur le budget de l’État.
  • En GuinĂ©e (affectation de 10 millions de dollars), l’appui budgĂ©taire de la Banque soutient la politique du gouvernement destinĂ©e Ă  rĂ©duire le taux des droits de douane appliquĂ©s au riz, les ramenant de 12,75 Ă  2,75 %.
  • Au Burundi (affectation et dĂ©caissement de 10 millions de dollars), le financement de la Banque a aidĂ© Ă  attĂ©nuer l’impact budgĂ©taire de la mesure de suspension des droits perçus sur l’importation de 13 produits alimentaires de base.

Les autres pays d’Afrique subsaharienne en attente de dĂ©caissements du programme GFRP sont le BĂ©nin (9 millions de dollars pour l’engrais), les Comores (1 million de dollars pour les semences, la gestion des risques et l’accĂšs au crĂ©dit), la GuinĂ©e-Bissau (5 millions de dollars pour la protection sociale et les intrants), le Mali (5 millions de dollars Ă  titre d’appui budgĂ©taire), la Mauritanie (9 millions de dollars pour les intrants, la protection sociale, l'irrigation et l’élevage), le Mozambique (20 millions de dollars pour l’appui budgĂ©taire), la RĂ©publique centrafricaine (7 millions de dollars pour les cantines scolaires, les intrants, la vulgarisation et l’infrastructure), la Somalie (7 millions de dollars pour les intrants, l’irrigation et l’élevage), le Sud-Soudan (5 millions de dollars pour les semences et autres intrants) et le Togo (7 millions de dollars pour la protection sociale et la production agricole).

Deborah Davis (à Washington) a contribué à la rédaction de cet article




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