| Washington, 27 octobre 2008 - La Sierra Leone a franchi un cap : aprĂšs des annĂ©es de chaos marquĂ©es par dâĂ©pouvantables atrocitĂ©s, le pays retrouve une vie normale. Six ans aprĂšs les Ă©lections dĂ©mocratiques qui ont portĂ© lâopposition au pouvoir, la dĂ©mocratie est en train de sây consolider. 
| La Sierra Leone est parmi 10 pays dâAfrique en faveur desquels la Banque a allouĂ© des fonds dâurgence pour faire face Ă la crise alimentaire. | Avec le soutien de partenaires tels que la Banque mondiale, lâadministration du prĂ©sident Ernest Bai Koroma avance dans la mise en Ćuvre des mesures destinĂ©es Ă rĂ©gler une multitude de problĂšmes profondĂ©ment ancrĂ©s. La tĂąche est difficile, mais les rĂ©sultats affichĂ©s jusquâici sont la preuve dâun rĂ©el engagement. Le pays a progressé sur les indicateurs de pauvretĂ© du PNUD, il occupe en outre un rang respectable au classement Doing Business, avec le bureau anti-corruption le plus efficace de toute lâAfrique de lâOuest.   La gestion de lâĂ©conomie suit un cours normal, en dĂ©pit des difficultĂ©s notĂ©es ici et lĂ . Elle sâattache en prioritĂ© Ă soutenir les services de base, Ă accroĂźtre lâapprovisionnement Ă©nergĂ©tique, Ă investir dans lâagriculture et Ă sâancrer dans la coopĂ©ration rĂ©gionale en tirant parti des relations forgĂ©es avec la GuinĂ©e et le LibĂ©ria voisins. Mais un aspect intĂ©ressant des efforts menĂ©s pour Ă©tablir un profil de dĂ©veloppement durable est lâattention particuliĂšre accordĂ©e par les dirigeants au rĂŽle que peut jouer Ă cet Ă©gard la diaspora sierra-lĂ©onaise, forte de 1,5 million dâindividus. La Sierra Leone compte 6 millions dâhabitants, et prĂšs de la moitiĂ© des professionnels vit en hors du pays. Fort de cette rĂ©alitĂ©, le prĂ©sident Koroma exhorte les Sierra-LĂ©onais de lâĂ©tranger Ă sâinvestir davantage pour leur patrie. Il a Ă cet effet créé un bureau des Affaires de la diaspora et appelĂ© Ă mieux canaliser le soutien fourni par ses membres, de maniĂšre Ă ce que leurs envois de fonds cadrent avec les prioritĂ©s de dĂ©veloppement du pays. « GĂ©rons les ressources de notre diaspora de maniĂšre Ă en faire un investissement significatif au service du pays », a-t-il dĂ©clarĂ© dans un rĂ©cent discours. « Encourageons les milieux dâaffaires Ă apporter leurs ressources et leurs idĂ©es ; permettons aux mĂ©decins et autres professionnels de santĂ©, aux ingĂ©nieurs et aux experts en technologies de lâinformation de nous faire part de leurs connaissances, expĂ©riences et compĂ©tences. Nous saluons la diaspora », a-t-il ajoutĂ©. Lâappel du prĂ©sident Koroma coĂŻncide avec une nouvelle initiative de lâUnion africaine (UA) et de la Banque mondiale visant Ă impliquer la diaspora africaine dans les efforts de dĂ©veloppement du continent. Cette initiative cherche Ă canaliser cette ressource potentiellement vaste en mettant en place des activitĂ©s et des moyens qui permettent de dĂ©multiplier la contribution des Africains de lâĂ©tranger au dĂ©veloppement de leur rĂ©gion dâorigine. Elle prĂ©voit une sĂ©rie de programmes Ă©chelonnĂ©s et ciblĂ©s, en partenariat avec lâUA, afin dâoptimiser les avantages Ă tirer de cette relation pour lâAfrique. En septembre dernier, le directeur du bureau des Affaires de la diaspora sierra-lĂ©onaise, Michel Shoninkeh, a Ă©tĂ© mandatĂ© aux Ătats-Unis pour encourager ses compatriotes qui y vivent Ă soutenir leur pays dâorigine. Shoninkeh sâest dâabord rendu Ă Washington, oĂč il a rencontrĂ© des responsables de la Banque mondiale afin dâobtenir Ă©galement un appui de leur part, une visite qui sâest concrĂ©tisĂ©e par un accord aux termes duquel la Banque soutiendra effectivement les efforts menĂ©s dans ce domaine par la Sierra Leone. Shoninkeh est un ardent avocat de la mobilisation de la diaspora, dont il a lui-mĂȘme fait partie il y a un certain nombre dâannĂ©es. Adolescent, il avait en effet rejoint son pĂšre aux Ătats-Unis, oĂč il a fait ses Ă©tudes universitaires. MĂȘme sâil nâa pas vĂ©cu personnellement les atrocitĂ©s subies par ses compatriotes pendant les 11 annĂ©es quâa durĂ© la guerre civile, le souvenir de ces annĂ©es noires reste au cĆur de son engagement au service de son pays. Durant et aprĂšs la guerre, il a concentrĂ© son action sur les jeunes et les manipulations dont ils Ă©taient lâobjet. « Mon objectif Ă©tait dâaider les jeunes Ă comprendre quâils ne devaient pas se laisser abuser par des forces destructrices », explique-t-il. « Mon engagement visait avant tout Ă les rendre autonomes. » Câest aux Ătats-Unis quâil a initialement menĂ© son action, parmi la diaspora dont il a sollicitĂ© lâappui. Une fois la guerre finie, il est rentrĂ© au pays pour travailler directement au contact des groupes dont il sâĂ©tait fait le dĂ©fenseur. Il les a encouragĂ©s Ă acquĂ©rir une conscience politique et Ă promouvoir des attitudes plus positives, adaptĂ©es aux besoins et aux dĂ©fis auxquels le pays Ă©tait confrontĂ©. Il a contribuĂ© Ă organiser les premiers dĂ©bats politiques entre les candidats aux Ă©lections prĂ©sidentielles. Shoninkeh a Ă©tĂ© rapidement reconnu comme un jeune progressiste dĂ©terminĂ© Ă contribuer au changement et au dĂ©veloppement de son pays. Il a Ă©tĂ© sollicitĂ© pour aider Ă mener une campagne nationale visant Ă amĂ©liorer les comportements. « Je crois fermement quâun changement dâattitudes sâimpose absolument pour forger une nation unie », confie-t-il, tout en notant quâil nâexiste pas de  clivages profonds entre les diffĂ©rents groupes ethniques du pays. Pour lui, lâobjectif est Ă prĂ©sent de susciter et recueillir des appuis pour les efforts menĂ©s par son pays en vue de mobiliser la diasporaâune option qui sâavĂšre fructueuse. La Banque a reconnu le mĂ©rite de cette approche et accordĂ© un don de 480 000 dollars en ce sens, et dâautres donateurs ont aussi rĂ©pondu prĂ©sent. Shoninkeh aimerait canaliser, de façon rationnelle, lâappui de la diaspora vers des projets de dĂ©veloppement, et son Ă©quipe y travaille. La crĂ©ation dâun fonds fiduciaire pour la diaspora est par ailleurs envisagĂ©e, ainsi que des financements de contrepartie Ă lâappui de projets financĂ©s par elle. La diaspora accueille ces initiatives avec enthousiasme, a indiquĂ© Shoninkeh, qui prĂ©conise, entre autres, la constitution dâun lobby africain en occident pour la levĂ©e des barriĂšres commerciales Ă©rigĂ©es contre les produits africains. « Seuls des Africains peuvent bĂątir lâAfrique », conclut-il. |