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Lors de la Conférence sur la grippe aviaire, les pays ont demandé un renforcement de la mobilisation pour lutter contre les nouveaux virus

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  • Le virus de la grippe aviaire n’a atteint aucun nouveau pays entre janvier et septembre 2008
  • Une grave épidémie de grippe aviaire pourrait représenter un coût de 3 000 milliards de dollars pour l’économie mondiale
  • La conférence organisée en Égypte vise à maintenir la vigilance de la communauté internationale face au risque de pandémie

27 octobre 2008 —La lutte menée au cours des cinq dernières années contre le virus mortel de la grippe aviaire pourrait aujourd’hui être parvenue à un tournant.

 

Le virus H5N1, souvent mortel et affectant essentiellement les oiseaux, s’est propagé dans 61 pays, provoquant la mort de 245 personnes depuis son apparition à Hong Kong en 2003. Cependant, le virus est aujourd’hui maîtrisé dans 50 pays. Aucun nouveau pays n’a été touché cette année entre janvier et septembre, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale et des Nations Unies (a) .

 

Lors de la 6ème Conférence ministérielle internationale sur la grippe aviaire et pandémique (a) organisée à Charm el-Cheikh en Égypte du 24 au 26 octobre, les experts ont exprimé leur satisfaction à l’annonce de cette nouvelle. Ils ont cependant également déclaré que l’apparente accalmie dans la propagation du virus pourrait être due autant à la chance qu’à l’effort international pour détecter, prévenir et combattre la maladie.

 

« Nous sommes arrivés à un tournant dans la lutte internationale contre les maladies infectieuses », affirme Piers E. Merrick, qui participe à la coordination des mesures prises par la Banque mondiale pour lutter contre la grippe aviaire dans la région de l’Asie de l’Est et du Pacifique.

 

La grippe aviaire en soi représente toujours une menace de pandémie, mais surtout, selon M. Merrick, « elle préfigure une menace internationale plus préoccupante, car elle constitue l’une seulement d’un ensemble permanent de maladies » susceptibles d’apparaître à l’avenir et de se transmettre des animaux ou des oiseaux à l’homme.

 

M. Merrick constate que « nous avons certes lutté efficacement contre les grippes aviaire et humaine, mais face à un grand nombre de ces maladies, il faudra adopter un plan d’actions à long terme, plus sophistiqué et plus complet. » 

 

Les enjeux sont importants

Le virus est bien installé et « toujours en circulation » dans de nombreux pays vulnérables, dont l’Indonésie, le Pakistan, certaines régions de Chine, le Bangladesh et parfois l’Inde (au Bengale occidental), la Thaïlande, la République démocratique populaire lao et le Vietnam. Le Nigéria et le Togo ont également été touchés récemment.

 

« Ce virus évolue constamment et pourrait prendre une forme transmissible à l’homme », explique Olga Jonas, coordinatrice du Programme international de lutte contre la grippe aviaire de la Banque mondiale. « La transmission humaine aurait des conséquences catastrophiques », souligne-t-elle. « Il suffirait de six mois pour que le virus se propage dans le monde entier ».

 

Selon le rapport de la Banque mondiale, Estimer les conséquences économiques de la grippe aviaire (a), une grave épidémie mondiale pourrait faire plus de 71 millions de morts et représenter une perte de 3 000 milliards de dollars pour l’économie internationale.

C’est avec ces chiffres en tête que des représentants de plus de 120 pays se sont réunis en Égypte, afin d’évaluer les efforts accomplis pour maîtriser le virus. Parmi les autres thèmes majeurs abordés figurait la nécessité de définir partout dans le monde des stratégies globales de lutte contre la pandémie.

 

L’Égypte fait partie des pays qui ont pris des mesures vigoureuses contre le virus. Depuis 2006, 50 cas humains de grippe aviaire y ont été recensés, mortels pour la moitié environ. Le gouvernement mène actuellement une campagne publique d’information visant à encourager des pratiques sûres en matière d’élevage, de préparation et de consommation des volailles. 

 

Le rapport de la Banque mondiale et des Nations Unies note cependant que de nombreux pays en développement ne disposent pas des moyens suffisants pour prévenir et combattre la maladie de façon efficace ou mettre en place un plan d’actions adapté au risque de pandémie. 

 

« Nous devons penser en termes de fragilité et de vulnérabilité à l’échelle mondiale », a souligné David Nabarro, coordinateur du Système des Nations Unies pour les grippes aviaire et humaine, dans un récent entretien (a). « Face à un virus de ce type, il n’est pas pertinent de penser à l’échelle nationale. C’est le monde entier qui est menacé. »

 

Depuis 2003, la communauté internationale s’est engagée à verser 2,7 milliards de dollars

 

Depuis 2003, date de l’apparition du virus H5N1, les pays se sont engagés à verser 2,7 milliards de dollars pour lutter contre la grippe aviaire. Environ 1,5 milliard de dollars, essentiellement sous forme de subventions, ont été décaissés lors de la survenue d’épidémies et utilisés pour veiller à la santé des animaux, se préparer au risque de pandémie, et aider les agriculteurs contraints de détruire leurs élevages de volailles. Quelque 600 millions de poulets sont morts ou ont été abattus au cours des cinq dernières années.

 

Les financements de la Banque mondiale ont servi à compléter l’assistance bilatérale, qui prend souvent la forme d’un soutien en nature. La Banque, explique M. Jonas, a décaissé 100 millions sur un total de 400 millions de dollars dans le cadre de 55 interventions et opérations de prévention (abattage de volailles essentiellement) pour lutter contre la grippe aviaire dans plus de 50 pays.

 

Environ le quart de ces fonds proviennent du Mécanisme de financement de la lutte contre les grippes aviaire et humaine (a), géré par la Banque et qui a reçu d’importantes contributions de la Commission européenne et de huit autres donateurs. La Banque asiatique de développement a apporté un financement supplémentaire de 40 millions de dollars (en prêts).

 

Les pays ont eu la possibilité de fournir un soutien financier complémentaire lors de la conférence organisée en Égypte (les États-Unis se sont engagés à verser 320 millions de dollars), mais « à ce stade, selon M. Jonas, l’engagement politique en matière de lutte et de préparation est aussi important que les financements ».  

 

M. Merrick souligne que tous les pays doivent, pour se préparer à l’éventualité d’une pandémie, développer des stratégies qui s’inscrivent dans un « dispositif global de préparation prenant en compte la totalité des risques ».

 

Ces plans ne doivent pas couvrir uniquement le secteur de la santé. Les banques, organismes gouvernementaux, magasins d’alimentation, services publics et de police ont tous besoin de plans qui leur permettraient de continuer à fonctionner même si le tiers du personnel était malade, comme il faut s’y attendre en cas de pandémie.

 

M. Merrick affirme que la réponse internationale « globalement efficace » qui a été apportée jusqu’ici à la menace de grippe aviaire constitue un exemple de ce que l’on peut obtenir grâce à « un investissement et un effort soutenus » au niveau des systèmes de santé publique vétérinaire.  

 

 

Rapport de la Banque et des Nations-Unies sur la réponse mondiale apportée à la grippe aviaire

Selon le Rapport de la Banque et des Nations-Unies sur la réponse mondiale apportée à la grippe aviaire (a), l’analyse menée à l’échelle internationale indique que par rapport à 2006 et 2007, on observe sur la même période une diminution du nombre d’épidémies de grippe aviaire dans les élevages de volailles, ainsi que des cas humains et des décès.

En septembre 2008, on faisait état de 36 cas humains et 28 morts, essentiellement en Indonésie, bien que, selon le rapport, des personnes continuent d’être frappées parfois mortellement par la maladie en Égypte, en Chine et au Vietnam. Le Bangladesh est le seul pays à avoir signalé son premier cas d’infection humaine en 2008. 

Le virus ne s’est pas propagé dans de nouveaux pays de janvier à septembre 2008, et jusqu’ici, seuls 20 pays ont connu des épidémies cette année (contre 25 en 2007).





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