Le paludisme est la première cause des décès chez les enfants en Afrique subsaharienne
Des progrès dans la lutte contre la maladie ont été notés dans certains pays—notamment l’Érythrée, l’Ethiopie, le Nigeria le Rwanda et la Zambie
Chaque année le paludisme occasionne des pertes d’environ 12 milliards de dollars au PIB de l’Afrique, et il faudrait un investissement annuel de 3 milliards de dollars au cours des années à venir pour parvenir à son éradication
WASHINGTON, le 29 octobre 2008 — Le 25 septembre 2008, le président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick, a annoncé que l’institution allait allouer 1,1 milliard de dollars supplémentaires à ses programmes de lutte contre le paludisme en Afrique.
Cette annonce est intervenue deux jours après l’approbation de la deuxième phase du programme phare de la Banque qui vise à éradiquer cette maladie, à savoir le Programme renforcé de lutte contre le paludisme en Afrique. Dans la première phase du Programme, un montant de 470 millions de dollars avait été engagé au profit de 19 pays en trois ans.
Un investissement rentable
Dans son tout dernier Rapport sur le paludisme dans le monde, publié en septembre 2008, l’Organisation mondiale de la santé estime jusqu’à 327 millions le nombre de cas de cette maladie en 2006, dont près d’un million de cas mortels. Ces derniers ont été enregistrés en grande majorité parmi les enfants d’Afrique subsaharienne, ce qui fait du paludisme la principale cause de décès chez les jeunes citoyens du continent.
Le paludisme occasionne une perte de PIB d’environ 12 milliards de dollars en Afrique chaque année. En outre, bien que certains pays africains affichent une croissance économique de 4 à 5 % par an, ce taux pourrait être de 1,3 % plus élevé n’eût été la charge de morbidité imputable au paludisme.
Au cours des cinq à sept prochaines années, il est possible de diminuer de façon importante la mortalité et la morbidité dues au paludisme, si la communauté internationale réduit les coûts de la lutte antipaludique et dépense judicieusement les ressources consacrées à celle-ci. Un nouveau Plan d’action mondial de lutte contre le paludisme, lancé également le 25 septembre lors d’une réunion de haut niveau des dirigeants du monde au siège de l’Organisation des Nations Unies, estime qu’un investissement annuel de 3 milliards de dollars au cours des prochaines années permettra de faire en sorte que le paludisme cesse d’être un problème de santé publique en Afrique, et il défriche la voie pou éradiquer cette maladie. Par ailleurs, selon le Consensus de Copenhague— une liste de domaines d’action prioritaire établie par d’éminents économistes et mettant en exergue les 30 solutions précises qui peuvent être adoptées pour s’attaquer à quelques-uns des plus grands problèmes auxquels est confronté le monde — chaque dépense d’un dollar destinée à assurer une prévention et un traitement efficaces se traduirait par une économie de 20 dollars.
Des progrès au niveau des pays
Les mesures engagées pour vaincre le paludisme commencent à porter des fruits — sous forme à la fois d’accroissement de l’aide financière et politique et de réduction de la morbidité et de la mortalité liées à cette maladie. Des pays tels que l’Érythrée, l’Éthiopie, le Rwanda et la Zambie ont mis en évidence leurs brillants succès. À titre illustratif, en Zambie, 44 % de ménages disposent aujourd’hui d’au moins une moustiquaire imprégnée aux insecticides (contre moins de 5 % en 2004) et le taux de couverture du programme de traitement préventif des femmes enceintes a triplé depuis 2004, s’établissant à 62 %. En Éthiopie, plus de 90 % de ménages possèdent désormais au moins une moustiquaire (contre moins de 5 % en 2003), et les données récentes tendent à indiquer que le nombre de cas de paludisme a fortement baissé.
Un autre pays, le Nigéria, qui abrite 20 % de la population de l’Afrique et supporte jusqu’à 30 % de la charge de morbidité continentale liée au paludisme, commence lui aussi à obtenir des résultats. Il y a près de deux ans, le Gouvernement nigérian a signé avec la Banque mondiale un accord relatif à un crédit de 180 millions de dollars de l’Association internationale de développement destiné à intensifier la lutte antipaludique et à améliorer la santé maternelle et infantile dans sept États, dont celui de Jigawa.
D’après Ramesh Govindaraj, spécialiste senior de la santé à la Banque mondiale, le fait de s’attaquer avec détermination au paludisme s’est traduit par d’importantes améliorations dans les communautés de Jigawa où le Programme renforcé est mis en œuvre.
« Nous constatons des changements rapides et remarquables au niveau de la morbidité et de la mortalité dues au paludisme — de réels effets immédiats et considérables sur les ménages », a-t-il déclaré.
Ces changements étaient manifestes quelques mois à peine après que les communautés aient commencé à recevoir les moustiquaires, lesquels constituent, selon Govindaraj, l’un des moyens les plus efficaces de se prémunir contre le paludisme. Des médicaments efficaces, la pulvérisation aux insecticides à effet rémanent de l’intérieur des habitations, la sensibilisation des communautés, et le suivi et l’évaluation étaient essentiels pour le projet.
Importance capitale de la coordination et de la collaboration à tous les niveaux
Les progrès actuellement accomplis au Nigéria sur le plan de la lutte contre le paludisme peuvent être attribués dans une large mesure à la prise de conscience générale, dans le pays, de l’influence de cette maladie sur le développement national.
Dans ce pays où l’on enregistre 100 millions de cas de paludisme chaque année et où les personnes touchées consacrent 18 % de leur revenu au traitement, les autorités tant nationales que locales ont compris qu’une des grandes priorités en matière de santé était de combattre ce fléau. À cette fin, le Programme national de lutte contre le paludisme du Nigéria prépare des campagnes combinées de vaccination et de distribution de moustiquaires, avec l’appui des membres du partenariat « Faire reculer le paludisme », dont la Banque mondiale. Les campagnes combinées se sont révélées des plus efficaces, accroissant le recours aux services de vaccination, la prise de la vitamine A et l’utilisation effective des moustiquaires. Les gouverneurs des États clés déploient des efforts pour desserrer l’emprise du paludisme sur la santé et le bien-être de leurs administrés.
Le Nigéria, le reste de l’Afrique et les partenaires de développement ont encore beaucoup à faire en ce qui concerne la lutte antipaludique, mais les progrès récents sont encourageants. La convergence de l’impulsion mondiale et nationale aura un grand impact réel sur la vie des simples habitants du continent. Il est essentiel d’agir de concert pour planifier et exécuter les interventions ainsi que pour résoudre les problèmes, les pays où le paludisme est endémique devant montrer la voie à suivre.
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Au Nigéria, le paludisme est à l’origine de :
60 % des cas d’admission aux services de consultations externes
30% de cas d’hospitalisation
29 à 30 % des décès chez les enfants de moins de cinq ans
11 % des décès chez les femmes enceintes
15 – 25 jours de travail perdus par personne par an
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Le Programme renforcé de lutte contre le paludisme en Afrique a été lancé en 2005 pour réaffirmer la détermination de la Banque à s’attaquer à l’un des plus grands problèmes de santé du continent. La deuxième phase du Programme sera lancée officiellement du 4 au 5 décembre à Abuja au Nigéria.