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Le Forum urbain mondial cherche à rendre les villes plus vivables et durables

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  • Dans les pays en développement, un urbain sur trois habite dans un bidonville
  • Le Forum urbain mondial étudie comment gérer la rapidité de l’urbanisation
  • La nouvelle stratégie de la Banque mondiale vise à intégrer à la fois les considérations environnementales et l’efficacité énergétique dans la conception urbaine

Octobre 2008 - Comment des bidonvilles, dont le spectacle est déchirant, peuvent-ils devenir des lieux plus propres, plus agréables et même plus respectueux de l’environnement alors que de plus en plus de personnes viennent s’installer dans les villes ?

C’est une question fondamentale pour les responsables politiques, les spécialistes du développement et les organisations non-gouvernementales, qui chercheront des solutions durables aux dilemmes posés par l’urbanisation lors du Forum urbain mondial organisé à Nanjing du 3 au 6 novembre prochain.

Même si les villes sont devenues des moteurs de croissance pour les pays en développement et attirent de plus en plus de personnes à la recherche de meilleures opportunités économiques, on constate qu’un urbain sur trois vivant dans ces pays habite actuellement dans un taudis. Selon un nouveau rapport de l’ONU-Habitat sur la "Situation des villes dans le monde 2008/2009 : des villes harmonieuses" (a), c’est l'Afrique subsaharienne qui présente la proportion la plus importante d’habitants de taudis (62%).

Un milliard de personnes vivent dans des taudis

"Aujourd’hui, un milliard de personnes vivent dans des taudis, c’est un chiffre impressionnant", indique Abha Joshi-Ghani, directrice du Groupe du développement urbain de la Banque mondiale. "Les conditions de vie et l’insalubrité de ces lieux sont véritablement inacceptables."

"La plupart des habitants des bidonvilles n’ont pas l’eau potable, ni d’installations sanitaires et de services de santé ou d’éducation", précise-t-elle. 

"Alors que le taux de pauvreté est généralement plus élevé dans les zones rurales, le nombre absolu de personnes pauvres est supérieur dans les zones urbaines", affirme Mme Joshi-Ghani.

"Les bidonvilles vont de pair avec le succès des marchés du travail et l’échec des marchés agricoles".

Ce problème risque de s’aggraver, si, comme on le prévoit, la population devient aux trois quarts urbaine d’ici 2013. On s’attend en effet à ce que 90 % de la croissance urbaine se concentre dans les pays en développement.

La pauvreté : un phénomène de plus en plus urbain


La mégalopole Manille a vu sa
population augmenter de 1,62 million
de personnes en 7 ans, due à la
migration des zones rurales.

"La pauvreté est de plus en plus un phénomène urbain", indique Chii Akporji, responsable de communication à Cities Alliance, une coalition  associant des villes et leurs partenaires pour le développement, notamment l’ONU et la Banque mondiale, et dont le secrétariat est situé à la Banque mondiale.

Chii Akporji souligne que les villes subissent "une énorme pression" au fur et à mesure que les populations arrivent des zones rurales ou d’autres pays, pour des raisons économiques et culturelles ou à la suite de catastrophes naturelles ou de conflits.

"De nombreux pays en développement ne savent pas comment gérer ces arrivées massives. C’est la raison pour laquelle ils se retrouvent avec un manque d’infrastructures, de ressources financières et de nombreux secteurs clés, ce qui ne fait qu’aggraver une situation déjà difficile."

Les villes devraient planifier leur développement

"Les villes ne devraient pas "fermer les yeux" sur les habitants des bidonvilles ou les expulser", ajoute Chii Akporji. "Au contraire, elles devraient planifier leur croissance naturelle, ainsi que la migration des populations rurales vers les villes. Quand  les bidonvilles apparaissent, elles devraient les améliorer plutôt que les supprimer. Nous soutenons que les habitants des bidonvilles sont des citoyens comme les autres, que l’urbanisme doit prendre pleinement en compte. Les bidonvilles devraient devenir des lieux habitables, dont les occupants aient la possibilité d’avoir "un toit décent au-dessus de leur tête”  et un minimum de confort comme l’eau potable et des sanitaires".

Des progrès ont été réalisés dans des mégalopoles comme le Caire, Ekurhuleni, Lagos, Manille, Bombay et São Paulo, qui comptent en tout plus de 70 millions d’habitants. Ces six villes ont toutes adopté des approches innovantes pour améliorer les bidonvilles, d’après le nouvel ouvrage, Slum Upgrading Up Close: Experience of Six Cities (Gros plan sur l’amélioration des bidonvilles : l’expérience de six villes), publié conjointement cette semaine par Cities Alliance et la municipalité de Sao Paulo.

La Banque mondiale élabore une nouvelle stratégie urbaine

"On s’attend à ce que l’urbanisation rapide entraîne une augmentation de 30% des zones construites dans les villes, à laquelle les prestations de services relatives aux terrains et aux logements auront beaucoup de mal à faire face", note Mme Joshi-Ghani.

L’objectif du forum est de permettre aux participants d’échanger leurs idées sur la façon de gérer ce type de croissance urbaine et de transformer les problèmes en opportunités.

"C’est une réunion entre pairs où l’on discute avec franchise, où les personnes n’ont pas peur d’exprimer ce qu’elles pensent et où l’on peut apprendre des autres", précise Mme Joshi-Ghani. "La Banque mondiale a pour projet de recueillir des informations et des réactions utiles à l’élaboration de sa nouvelle stratégie urbaine. Celle-ci offrira un nouveau regard sur les villes, d’un point de vue aussi bien économique qu’écologique".

La Banque mondiale a utilisé pour la première fois une nouvelle approche en Asie de l’Est, l'ECO2 Cities Model (modèle de ville écologique), qui prend en compte des considérations à la fois environnementales et d’efficacité énergétique dans l’urbanisme. Cette conception de l’infrastructure à l’échelle d’une ville vise à favoriser le recyclage et l’utilisation de solutions énergétiques alternatives. Elle inclut aussi des systèmes de transport plus efficaces en vue d’ améliorer la performance des villes.

La stratégie urbaine encourage aussi l’adoption d’une structure qui permette de comparer les différentes villes du monde et d’évaluer leur performance grâce à l’utilisation d’indicateurs standard, comme par exemple la gouvernance, la compétitivité, la fourniture de services, la gestion financière, entre autres critères.

"Nous voulons essayer de comprendre quelles sont les nouvelles perspectives qui peuvent s’offrir à nous et les aspects que nous avons négligés" confie Mme Joshi-Ghani. "Nous voulons aussi analyser ce que nous ne faisons pas correctement. Nous pensons vraiment que cet échange d’idées est une grande chance."

 




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