| Contacts presse : À Doha : Alejandra Viveros (202) 468-3909 Aviveros@worldbank.org: À Washington : Geetanjali Chopra (202) 473-0243 Gchopra@worldbank.org  Washington, le 27 novembre 2008 —  Tandis que les spécialistes du développement se préparent à participer à la Conférence internationale sur le financement du développement à Doha (Qatar), la Banque mondiale demande instamment aux bailleurs de fonds d'accroître encore leur aide car les investissements dans les pays en développement vont se trouver pris dans une « tempête magistrale ».  « Les responsables de l'action publique dans les pays développés doivent éviter d’adopter des politiques et des structures qui compromettent les intérêts des pays en développement », a déclaré le Président de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick. « Les gouvernements de nombreux pays en développement ont pris des mesures courageuses au cours des dernières années afin de mettre en place des politiques macroéconomiques et budgétaires judicieuses, pour se retrouver maintenant à la merci d'une crise dont ils ne sont nullement responsables. La montée de courants de protectionnisme ou de nationalisme économique dans les pays développés irait encore plus à l'encontre de leurs intérêts ».  Dans un rapport préparé pour la Conférence de suivi sur le financement du développement organisée à Doha pour examiner la mise en Å“uvre du Consensus de Monterrey, la Banque mondiale explique qu'il est impératif que les pays bailleurs de fonds honorent les engagements relatifs à l'allégement de la dette et à l'accroissement de l'ampleur de l'aide qu’ils ont pris à Gleneagles. À l'heure actuelle, l'appui fourni par les pays du G-7 est inférieur de 30 milliards de dollars aux montants qu’ils s'étaient engagés à verser. Selon le rapport intitulé The Implications of Global Crises on Developing Countries, the Millennium Development Goals, and the Monterrey Consensus, qui examine les répercussions des crises mondiales sur les pays en développement, les objectifs de développement pour le Millénaire et le Consensus de Monterrey, les pays en développement sont exposés à une « tempête magistrale » par suite de la convergence du ralentissement de la croissance mondiale, de l'arrêt des apports de fonds propres et de financements au secteur privé et de la hausse des taux d'intérêt.  L'investissement, qui a été le principal moteur de la croissance des pays en développement au cours des cinq dernières années, sera durement touché par la crise financière, et les envois de fonds sur salaire de l'étranger, qui sont un puissant mécanisme de réduction de la pauvreté, diminueront probablement par suite du ralentissement de l'économie mondiale. Ces évolutions auront lieu dans le sillage des graves crises des prix des denrées alimentaires et des combustibles qui font payer un lourd tribut budgétaire, économique et social à de nombreux pays en développement.  Par suite de la dégradation de la situation économique dans le monde entier, la Banque mondiale a révisé à la baisse ses projections de croissance pour 2009. Celles du taux de croissance des pays en développement ont été ramenées à 4,5 %, soit deux points de pourcentage de moins que les projections antérieures tandis que celles de la croissance des pays à revenu élevé, dont beaucoup sont déjà entrés en récession, font état d'un résultat marginalement négatif en 2009. Le commerce mondial devrait, selon les projections, diminuer en 2009, et ce pour la première fois depuis 1982.  « Il ne s'agit pas uniquement d'un problème de financement, pour aussi important que celui-ci puisse être », a fait valoir M. Zoellick. « Dans un monde où les pays en développement sont les nouveaux moteurs de la croissance mondiale, nous devons apprendre à écouter ces pays témoigner de leur expérience, et nous devons mieux prendre en compte leurs besoins. Le financement du développement n'a plus rien à voir avec l'ancien modèle de la dépendance à l'égard de l'aide ou de la charité. Il s’agit, au contraire, d’investir dans un avenir stable, prospère et solidaire — ce qui passe par l’élargissement et la diversification du groupe des participants qui ont voix au chapitre, et l’acceptation du fait que le Nord doit apprendre à écouter le Sud. »  Selon Justin Yifu Lin, Économiste en chef de la Banque mondiale, le premier ressortissant d'un pays en développement à assumer cette fonction, qui dirige la délégation de la Banque mondiale à Doha, « la crise que nous traversons actuellement témoigne bien de l'envergure des interconnexions mondiales ; nous sommes parvenus au stade où, l'année prochaine, l'intégralité de la croissance du PIB mondial pourrait être imputable aux pays en développement. Dans un monde ainsi transformé, il est impératif de donner voix au chapitre aux pays en développement et aux pays émergents. »  « Le financement du développement devrait être guidé davantage par une volonté d'adaptation aux “conditions et aspirationsâ€Â des pays », fait valoir M. Lin. « Il devrait être conçu pour appuyer, en collaboration avec les gouvernements et les parties prenantes de ces pays, des programmes de développement économique pratiques. Il devrait avoir pour objectif d'aider les nations à poursuivre leur développement économique et à assurer leur prospérité à long terme. La crise actuelle ne doit pas nous faire perdre de vue ce principe. »  Face à des besoins qui ne cessent d’augmenter, M. Zoellick a annoncé que le Groupe de la Banque décaissera en début de période les 42 milliards de dollars dont elle dispose pour aider les pays à faible revenu (IDA) au cours des trois prochaines années, et qu’il s’appuiera sur son niveau élevé de fonds propres pour prêter jusqu’à 100 milliards de dollars aux pays en développement sur cette même période. L'IFC, qui est l'institution du Groupe de la Banque chargée des opérations dans le cadre du secteur privé, accroît également son soutien ; elle a entrepris de doubler son appui au Programme de financement du commerce mondial pour en porter le montant à 3 milliards de dollars, elle a lancé un fonds de participation mondiale avec l'appui de l'État japonais afin de recapitaliser les banques en difficulté, et elle s'emploie à mettre en place un nouveau mécanisme pour fournir des financements reconductibles à des projets d'infrastructure existants, viables et financés par des capitaux privés qui se heurtent à de graves difficultés financière.
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