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DOHA, le 29 novembre 2008 â La Banque mondiale a demandĂ© aujourdâhui aux pays industriels de poursuivre leurs apports dâaide aux pays en dĂ©veloppement durant la phase actuelle de repli Ă©conomique qui devrait avoir, entre autres rĂ©percussions, une chute des flux de capitaux privĂ©s Ă destination des pays en dĂ©veloppement.  « Beaucoup de pays en dĂ©veloppement ont dĂ©jĂ dĂ» faire face aux prix Ă©levĂ©s des denrĂ©es alimentaires et des combustibles au cours des douze derniers mois, pour se trouver confrontĂ©s, Ă prĂ©sent, Ă un troisiĂšme problĂšme dâune envergure sans prĂ©cĂ©dent » a fait remarquer Justin Lin, Ăconomiste en chef de la Banque mondiale qui conduit sa dĂ©lĂ©gation, dans un discours prĂ©parĂ© pour la ConfĂ©rence internationale des Nations Unies sur le financement  du dĂ©veloppement Ă Doha (Qatar). « Si les courroies de transmission peuvent ĂȘtre diffĂ©rentes dâun pays Ă un autre, pratiquement aucun pays en dĂ©veloppement â quâil sâagisse dâun marchĂ© Ă©mergent ou dâun pays pauvre en Afrique â nâa pu Ă©viter lâimpact dâune crise financiĂšre qui fait tĂąche dâhuile. »  « Les crises antĂ©rieures nous ont fait comprendre Ă quel point il est important de continuer Ă investir dans la croissance Ă long terme et le dĂ©veloppement » a ajoutĂ© M. Lin. « Il est crucial de maintenir les flux dâaide, dâhonorer les engagements pris, dâapporter des concours supplĂ©mentaires, et dâamĂ©liorer lâefficacitĂ© de lâaide. Lâaide publique au dĂ©veloppement est de lâordre de 100 milliards de dollars par an ; ce montant est peu Ă©levĂ© par comparaison Ă celui des dĂ©penses effectuĂ©es pour faire face Ă la crise financiĂšre dans les pays dĂ©veloppĂ©s. »  Selon les estimations de la Banque mondiale, les flux nets de capitaux privĂ©s Ă destination des pays en dĂ©veloppement pourraient se contracter de moitiĂ© en 2009 par rapport au montant de lâordre de mille milliards de dollars enregistrĂ© en 2007. Au vu de ces projections, il est important dâintensifier les efforts pour assumer un rĂŽle de catalyseur et mobiliser des capitaux privĂ©s Ă lâappui du dĂ©veloppement, notamment dans le cadre de partenariats public-privĂ© novateurs.  « La crise financiĂšre mondiale provoquera un revers dans la lutte contre la pauvretĂ© et retardera les progrĂšs en direction des objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire » a indiquĂ© M. Lin. « Le brusque resserrement du crĂ©dit et le ralentissement de la croissance Ă©conomique pourraient avoir des rĂ©percussions sur les investissements dans lâĂ©ducation, la santĂ©, et la dĂ©marginalisation des femmes, et rĂ©duire Ă nĂ©ant nombre des gains durement acquis au cours des derniĂšres annĂ©es. »  Le Groupe de la Banque mondiale est prĂȘt Ă fournir un appui aux secteurs financier et privĂ© pour faire face Ă la crise, Ă aider les pays Ă gĂ©rer leurs problĂšmes budgĂ©taires, et Ă Ă©viter que les investissements dont dĂ©pendent la reprise Ă©conomique et le dĂ©veloppement Ă long terme ne soient rĂ©duits ou remis Ă une date ultĂ©rieure.  Cet appui sera accordĂ© dans le cadre, notamment, dâun Programme d'intervention en rĂ©ponse Ă la crise alimentaire mondiale dâun montant de 1,2 milliard de dollars, dont la mise en Ćuvre sâeffectue suivant un calendrier accĂ©lĂ©rĂ©, et dâune Initiative pour mettre l'Ă©nergie au service des pauvres, dont la prĂ©paration est dĂ©jĂ trĂšs avancĂ©e. Par ailleurs, la Banque internationale pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (BIRD, institution membre du Groupe de la Banque mondiale), pourrait prendre de nouveaux engagements Ă hauteur de 100 milliards de dollars pour les trois prochaines annĂ©es. Cette annĂ©e, le volume de ses prĂȘts pourrait pratiquement tripler pour dĂ©passer 35 milliards de dollars, contre 13,5 milliards de dollars lâannĂ©e derniĂšre. Et, grĂące au montant record de la QuinziĂšme reconstitution de ses ressources, lâAssociation internationale de dĂ©veloppement (IDA) est habilitĂ©e Ă engager 42 milliards de dollars sur les trois prochaines annĂ©es, et Ă dĂ©caisser la majeure partie de ce montant en dĂ©but de pĂ©riode pour rĂ©pondre aux besoins des pays Ă faible revenu, dont beaucoup se trouvent en Afrique.  La SociĂ©tĂ© financiĂšre internationale (IFC), qui est lâinstitution du Groupe de la Banque chargĂ©e des opĂ©rations dans le cadre du secteur privĂ©, a lancĂ©, quant Ă elle, quatre nouveaux mĂ©canismes pour la recapitalisation des banques, le financement de l'infrastructure, la facilitation du commerce et le recentrage de ses services-conseil. En conjuguant leurs ressources aux apports d'autres entitĂ©s, ces nouveaux mĂ©canismes pourraient gĂ©nĂ©rer plus de 30 milliards de dollars au cours des trois prochaines annĂ©es. LâAgence multilatĂ©rale de garantie des investissements (MIGA) fournira Ă©galement les garanties trĂšs nĂ©cessaires pour attĂ©nuer les risques associĂ©s aux flux de capitaux privĂ©s en direction des pays en dĂ©veloppement.  M. Lin a accueilli avec satisfaction lâengagement exprimĂ© par les dirigeants du G-20, lors du sommet tenu Ă la mi-novembre, de poursuivre les efforts pour faire aboutir le Programme de Doha pour le dĂ©veloppement de lâOrganisation mondiale du commerce (OMC), et il a fait remarquer quâune reprise du commerce contribuerait Ă raviver la croissance Ă©conomique.  « Cette crise pose des dĂ©fis considĂ©rables, mais elle est aussi source dâopportunitĂ©s, et elle ouvre la voie Ă un nouveau multilatĂ©ralisme » a notĂ© M. Lin. « En particulier, les pays doivent rĂ©affirmer et renforcer leur engagement Ă replacer leur action dans le cadre de coopĂ©ration et de responsabilitĂ© mutuelle convenu Ă Monterrey. »  M. Lin a ajoutĂ© quâune vigoureuse riposte Ă la crise devra sâappuyer sur de nouvelles approches, dans un cadre plus large que le G-7 regroupant dâautres pays dâimportance majeure, notamment les pays les plus pauvres, et couvrir, outre les questions commerciales et financiĂšres, les domaines du dĂ©veloppement, des changements climatiques et des Ătats fragiles.   Cliquer sur le lien pour la version intĂ©grale de la dĂ©claration .  |