L’aide allouée à Madagascar augmente de 85%, passant à environ 260 millions USD par an entre 2009 et 2011 Parmi les nouvelles priorités figurent la santé et l’éducation, le développement du secteur privé, les infrastructures, le développement rural, l’environnement et la gouvernance Le portefeuille actuel de la Banque mondiale à Madagascar est constitué de 21 projets ANTANANARIVO, 26 novembre 2008— Suite à une contribution record de 41,6 milliards en faveur de l’Agence internationale de développement (IDA) qui a permis une augmentation de 85% des fonds alloués à Madagascar, la Banque mondiale a entamé en novembre 2008 un processus de mise à jour de sa Stratégie d’assistance au pays (Country Assistance Strategy, CAS).
Le CAS actuel avait été débattu en avril 2007 par le Conseil d’Administration du Groupe de la Banque mondiale et établi pour une période de cinq ans allant de 2007 à 2011. Il repose sur deux piliers : d’une part, réaliser la croissance en éliminant les points de blocage au niveau des investissements et de la croissance dans les milieux rural et urbain ; et d’autre part, la partager en améliorant la qualité des services aux populations et leur accès à ces services. La bonne gouvernance a également été retenue comme un thème transversal.
Toutefois, le contexte actuel invite à une mise à jour de ce document pour prendre en compte les mutations en cours à l’échelle mondiale, avec notamment plusieurs crises qui ont atteint l’économie mondiale (fluctuations des cours du pétrole, flambée des prix des denrées alimentaires, crise financière).
En outre, la quinzième reconstitution des ressources de l’IDA a permis de rehausser l’allocation pour Madagascar, qui passera d’environ 140 à 150 millions USD par an entre 2006 et 2008 à 260 millions USD par an entre 2009 et 2011.
L’exercice de mise à jour n’a pas pour objectif de produire un nouveau CAS mais d’ajuster celui qui existe en se concentrant sur les priorités, la performance et les résultats. La mission va donc effectuer la revue des progrès de mise en œuvre du CAS pour voir si des résultats tangibles ont été atteints, discuter des résultats du Mémorandum économique sur le pays (Country Economic Memorandum, CEM) qui sera présenté dans les prochaines semaines et de ses conséquences sur le programme de la Banque mondiale, et initier la réflexion sur le programme de la Banque pour la période allant de 2009 à 2011.
Un portefeuille de 21 projets
Le portefeuille actuel de la Banque mondiale à Madagascar est constitué de 21 projets, pour des engagements de 1.153 millions USD. Ceux-ci sont concentrés sur les infrastructures (28%), le développement du secteur privé (23%) et le développement humain (23%). Les décaissements moyens actuels sont de l’ordre de 230 millions USD par an. Ce chiffre n’inclut pas la réduction de la dette, à hauteur de 32 millions de dollars en 2007 et 36 millions en 2008, et qui va continuer à augmenter progressivement jusqu’à 50 millions dollars d’ici 2012. Le ratio moyen de décaissement pour Madagascar est supérieur de 33% à la moyenne.
Les grandes orientations de la mise à jour vont tourner autour de quatre points. Premièrement, la sélectivité, à travers la réduction du nombre de domaines et de projets tout en augmentant leur taille. Deuxièmement, la concentration sur les avantages comparatifs de la Banque mondiale. Troisièmement, l’augmentation du nombre de programmes conjoints avec les autres bailleurs et l’amélioration de la coordination. Et enfin, la restructuration des projets qui n’atteignent pas les résultats prévus.
Parmi les domaines considérés comme désormais prioritaires figurent le développement humain (santé et éducation), l’amélioration de la compétitivité à travers le développement du secteur privé, les infrastructures, le développement rural, l’environnement et la gouvernance.
La mise à jour du CAS est menée de concert avec le Gouvernement de Madagascar, et mettra à profit des consultations avec les principaux partenaires, dont le secteur privé, la société civile et les partenaires financiers. Le processus comprendra plusieurs étapes avant la soumission de la proposition au Conseil d’Administration du Groupe de la Banque mondiale en juillet 2009.