Personne à contacter: Alejandra Viveros 1 (202) 468-3909 Aviveros@worldbank.org  DOHA, 30 novembre 2008 – Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, la protection des plus pauvres et des plus vulnérables et l’élimination des obstacles à la croissance économique et à la productivité doivent être des objectifs prioritaires si l’on veut venir à bout de la crise financière et promouvoir le retour à une croissance durable.  « Le montant des sommes à investir dans la mise en œuvre de programmes sociaux et d’activités économiques peut sembler colossal pour nombre de gouvernements aux ressources limitées », a déclaré Danny Leipziger, Vice-président du Groupe de la Banque pour la réduction de la pauvreté et la gestion économique, lors de la parution du rapport de la Banque mondiale intitulé Weathering the Storm: Economic Policy Responses to the Financial Crisis. « Pourtant, l’inaction pourrait avoir un coût bien plus élevé que les économies qui en résulteraient. »  Selon le rapport, présenté aujourd’hui dans le cadre de la Conférence internationale des Nations Unies sur le financement du développement, qui se tient à Doha (Qatar), les interventions comme les programmes de transferts monétaires conditionnels mis en œuvre au Mexique et au Brésil sont d’un bon rapport coût-efficacité et coûtent moins d’1 % du PIB de ces pays. Pour nombre de pays en développement, la mise en place de dispositifs de protection sociale constitue un investissement judicieux, dans la mesure où les conséquences de la malnutrition chez les enfants se font sentir tout au long de la vie. « Les pouvoirs publics vont être confrontés à une récession mondiale de grande ampleur qui va conduire à un accroissement de la demande d’investissements publics, à laquelle il faudra bien répondre en partie », a ajouté M. Leipziger.  Selon les prévisions, la croissance de l’économie mondiale devrait être d’à peine 1 %. Dans les pays à revenus élevés, elle devrait subir un fort tassement en 2000 et n’atteindre que 0,1 % contre 2,5 % en 2007, tandis que le la croissance des pays en développement devrait chuter de 7,9 % en 2007 à 4,5 % en 2009. Selon les estimations de la Banque mondiale, chaque fois que le taux de croissance économique diminue d’1 %, 20 millions de personnes sombrent dans la pauvreté.  Le rapport souligne que la crise financière va entraîner une baisse de la demande de main-d’œuvre dans nombre de pays en développement, une diminution des salaires et une hausse du chômage. En conséquence, il préconise l’adoption de politiques visant à soutenir les revenus des travailleurs pauvres, par le biais notamment de transferts monétaires conditionnels et d’une augmentation des prestations sociales, des allocations pour personnes handicapées et des indemnités de chômage, entre autres.  Par ailleurs, le rapport insiste sur la nécessité de mettre à profit la crise financière pour éliminer les obstacles à la croissance et dégager de nouvelles sources de productivité. Il convient pour cela de veiller à ce que les charges fiscales ne soient pas excessivement lourdes, et de s’assurer que les dépenses publiques sont utiles et que des règles garantes de la gestion transparente des institutions bancaires et financières publiques sont en place. Il importe également d’accroître le financement des importations et des exportations afin de venir à bout du resserrement du crédit observé à l’heure actuelle et de combattre toute tentation protectionniste.  Le rapport note par ailleurs que la capacité des pays en développement à engager des politiques de protection de la croissance et de réduction de la pauvreté sera fonction de leur situation macro-économique et de leur degré de vulnérabilité aux chocs.     Près de 40 % des pays examinés dans le rapport ont enregistré en 2007 des déficits relativement limités de leurs soldes budgétaires et de leurs balances des opérations courantes, et devraient donc disposer d’une plus large marge de manœuvre pour engager des politiques de relance économique.      À l’autre extrême, un tiers environ des pays enregistrent des déficits importants de leur solde budgétaire et de leur balance des opérations courantes et vont devoir intervenir sur les deux fronts. Ils risquent aussi de connaître des tensions dans le secteur financier, compte tenu de la croissance très rapide des crédits bancaires observée ces dernières années.      Un quart environ des pays enregistrant des soldes budgétaires relativement équilibrés, mais d’importants déficits extérieurs – dus au fort taux d’emprunt relevé dans le secteur privé – pourraient se retrouver confrontés à une compression des dépenses du secteur privé, si bien qu’il leur sera plus difficile d’engager des politiques budgétaires coûteuses.  «Après la protection des plus vulnérables, la priorité doit être de protéger la croissance à long terme et de réunir les conditions préalables à la reprise économique », a souligné M. Leipziger. « Pour cela, il faudra impérativement investir dans les infrastructures et la mise en œuvre de politiques visant à promouvoir la compétitivité ».  |