Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre

Éthiopie : les revenus des femmes augmentent

Dernière mise à jour : sept 2008
Éthiopie : les revenus des femmes augmentent

Défi à relever

Par tradition, les femmes d'Éthiopie étaient cantonnées à des rôles sociétaux très rigides qui limitaient leurs activités aux tâches ménagères et à la garde des enfants. Ce statut les privait également de toute voix au chapitre dans les décisions les concernant. De nombreuses femmes acceptent les traditions et continuent à respecter les pratiques coutumières, notamment les mutilations génitales féminines, les mariages précoces, l'extraction des dents de lait ou les violences domestiques.

Le gouvernement éthiopien a reconnu que l'émancipation économique des femmes contribuait à la prospérité nationale. En mars 2001, le gouvernement s'est uni à la Banque mondiale, à la Coopération italienne ainsi qu'à d'autres donateurs pour mettre en place le Projet d'ouverture au développement des femmes en Éthiopie, un programme qui offre des opportunités économiques et sociales aux femmes des foyers à faibles revenus.

Démarche

Le Projet d'ouverture au développement des femmes (WDIP) visait à réduire les inégalités hommes-femmes en termes d'opportunités de développement en investissant dans les compétences des femmes, leur productivité et leur capacité d'organisation. Le projet a encouragé les femmes des foyers à faibles revenus à se regrouper pour coordonner leurs activités productives, telles que la transformation des céréales et des épices, la production de produits artisanaux ainsi que l'élevage d'animaux et de volailles.

Les groupes de femmes ont reçu un soutien financier et une formation pour améliorer leurs compétences commerciales. Chaque participante bénéficiait d'une certaine flexibilité horaire qui lui permettait d'assumer parallèlement ses responsabilités domestiques. De plus, les groupes se sont souvent entraidés de sorte que les femmes bénéficiaient d'une source de revenus tout en continuant à accomplir leurs tâches ménagères.

Une fois le groupe de femmes formé et le choix de l'activité défini, les femmes contribuaient au financement de leur projet avec leurs économies personnelles à une hauteur de 5 à 10 % des besoins financiers totaux. Elles se présentaient ensuite à l'Unité de coordination régionale (UCR) dotées de leur contribution financière afin d'obtenir une assistance supplémentaire. L'UCR coordonnait, surveillait et embauchait des intervenants pour enseigner aux femmes des compétences commerciales utiles.

Entre 2000 et 2005, le WDIP a octroyé des bourses et des formations à 621 coopératives réunissant des femmes de zones rurales et urbaines pauvres d'Éthiopie. Quelque 11 300 femmes et 60 000 membres de leur famille proche ont ainsi bénéficié de ce programme.

Les composantes de ce projet comprenaient : 1) un fond axé sur la demande pour financer les activités des groupes de femmes, telles que la transformation des céréales et des épices, la production de produits artisanaux et l'élevage d'animaux et de volailles; 2) une formation et une amélioration des compétences des groupes de femmes ainsi que d'autres interventions relatives à l'organisation, l'animation, la conception du projet, l'appréciation, le contrôle et l'évaluation; et enfin 3) des activités d'information, d'éducation et de communication pour sensibiliser davantage aux questions de genre.

Résultats

Le Projet d'ouverture au développement des femmes (WDIP) a aidé des femmes à se regrouper et à créer de petites entreprises pour améliorer leur situation socio-économique. A travers un sondage effectué auprès de 1000 femmes impliquées depuis trois ans dans la mise en œuvre de ce programme et des missions aléatoires évaluant les bénéfices apportés au début du programme WDIP, il est possible de mesurer les effets enduits par ce programme tant au niveau économique que social et psychologique.

Cette évaluation montre que, par rapport à un groupe témoin valide, les participantes du programme WDIP gagnaient environ 100 birrs supplémentaires par mois (soit environ 11 dollars). Leurs revenus supplémentaires augmentaient le pouvoir de négociation de leur foyer et renforçaient significativement leur capacité à prendre des décisions concernant les achats domestiques.

Suite à leur participation au programme WDIP, les femmes sont moins susceptibles de se conformer aux règles traditionnelles qui entravent leur participation au marché du travail et leur liberté de mouvement. Il n'a toutefois pas été observé de réduction de la violence domestique. Cette situation s'explique peut-être par les effets compensatoires apportés par un revenu plus important et une indépendance plus grande ainsi que la tension exercée sur les relations traditionnelles de pouvoir au sein du foyer. Concernant la santé psychique, l'évaluation indique des améliorations significatives en termes de bonheur et de prévalence des symptômes de dépression, tendance qui ne peut pas s'expliquer par la simple augmentation des revenus.

Si l'on ne prend en considération que les gains économiques, l'intérêt du projet demeure. Le virement moyen étant de 4 000 $ pour un groupe d'environ 12 femmes, et en considérant des frais généraux de 40 % et le fait que le taux de gains économiques observé peut être maintenu par les groupes de femmes pendant cinq ans, le taux de rentabilité interne pour le projet est d'environ 15 %.

Contribution

La contribution financière de l'IDA pour le Projet d'ouverture au développement des femmes (WDIP) s'est élevée à 5 millions de dollars.

Prochaines étapes

Le gouvernement italien a financé le programme WDIP à hauteur de 1,8 million de dollars et une somme supplémentaire de 0,5 million de dollars a été octroyée par de multiples autres donateurs.

En savoir plus

Projet d'ouverture au développement des femmes (WDIP)
Documents du projet




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/4OR9X5G2C0