- Le soutien apportĂ© par la Banque mondiale Ă la Chine pour lâaider Ă se relever et Ă se reconstruire aprĂšs le tremblement de terre a pris la forme « dâune discussion et dâune collaboration fructueuses »
- Dans la zone touchée par le séisme, des millions de personnes risquent de basculer dans la pauvreté
- La Chine sâapprĂȘte Ă entamer un partenariat avec la Banque dans le cadre dâun projet (dâun montant total de 740 millions de dollars) destinĂ© Ă restaurer les infrastructures ainsi que les services de santĂ© et dâĂ©ducation dans la rĂ©gion
15 dĂ©cembre 2008â Dans la ville de Beichuan, plus de la moitiĂ© des 20 000 habitants ont trouvĂ© la mort dans le tremblement de terre qui a secouĂ© le comtĂ© de Wenchuan, il y a sept mois. Aujourdâhui, la ville en ruine est ensevelie sous la boue et sa reconstruction est jugĂ©e trop risquĂ©e. Les seules personnes que lâon croise sont des habitants de villages de montagne, en route vers des villes moins exposĂ©es aux risques sismiques.   Le PrĂ©sident de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, sâest rendu hier Ă Beichuan pour dĂ©poser une gerbe Ă la mĂ©moire des victimes du tremblement de terre du 12 mai : plus de 80 000 personnes mortes ou portĂ©es disparues. Les autoritĂ©s chinoises ont annoncĂ© leur projet de faire des ruines de Beichuan un mĂ©morial et de ne jamais reconstruire la ville. « Le tremblement de terre qui a ravagĂ© les provinces du Sichuan, du Gansu et du Shaanxi en mai 2008, a laissĂ© des cicatrices terribles sur le paysage chinois et dans la mĂ©moire de la population. Le processus de reconstruction et de rĂ©paration continue et jâespĂšre mieux comprendre comment aider les habitants du Sichuan Ă se remettre de ce choc », a dĂ©clarĂ© M. Zoellick dans un communiquĂ© de presse Ă lâoccasion de son dĂ©part pour la Chine. Dans le reste de la zone touchĂ©e, un travail de reconstruction intensif a Ă©tĂ© entrepris  Le PrĂ©sident de la Banque mondiale, R. Zoellick et le gouverneur de Beichuan, Mr. Jing Dazhong, qui habitait la ville avant le sĂ©isme. La ville de Beichuan est ensevelie sous la boue et sa reconstruction est jugĂ©e trop risquĂ©e. La ville de Leigu, qui a subi des dĂ©gĂąts importants, a Ă©tĂ© dotĂ©e de logements provisoires, qui hĂ©bergent aujourdâhui un grand nombre de survivants originaires de Beichuan, ainsi que dâune Ă©cole et dâune clinique. Une petite fabrique artisanale a Ă©tĂ© installĂ©e dans un bĂątiment temporaire. Des jeunes femmes y apprennent Ă confectionner des vĂȘtements brodĂ©s traditionnels afin de pouvoir reprendre une activitĂ© et gagner de quoi vivre. Des bĂątiments permanents ont Ă©tĂ© construits et les gens reprennent peu Ă peu une vie normale, dĂ©clare Mara Warwick (a), spĂ©cialiste de lâenvironnement urbain Ă la Banque mondiale et responsable de lâĂ©quipe créée par lâorganisation pour aider la ville de Wenchuan Ă se reconstruire. Les consĂ©quences du sĂ©isme sur le paysage et la vie de ceux qui ont perdu des enfants et des membres de leur famille ont eu un effet « trĂšs perturbant », ajoute-t-elle. « Le traumatisme est Ă©norme. De nombreuses personnes ont vĂ©cu de terribles tragĂ©dies personnelles. » 33 millions de personnes touchĂ©es Le gouvernement chinois estime que ce sĂ©isme dâune magnitude de 8 sur lâĂ©chelle de Richter et les 30 000 fortes rĂ©pliques qui lâont suivi ont affectĂ© plus de 33 millions de personnes. On compte environ 69 000 dĂ©cĂšs, 375 000 blessĂ©s et 18 000 personnes portĂ©es disparues. Le tremblement de terre, qui a dĂ©truit 34 000 km dâautoroute et endommagĂ© 1 263 rĂ©servoirs, reprĂ©sente une perte de 123 milliards de dollars pour les provinces du Sichuan, du Gansu et du Shaanxi. Quelque 7 444 Ă©coles et 11 028 hĂŽpitaux et cliniques se sont Ă©croulĂ©s, et plus de 4 millions de maisons situĂ©es dans des zones urbaines ou rurales ont Ă©tĂ© dĂ©truites. Le gouvernement a lancĂ© un plan-cadre pour aider la rĂ©gion Ă se reconstruire durant les trois prochaines annĂ©es. Il sâinscrit dĂ©sormais dans le plan de relance de 586 milliards de dollars annoncĂ© en novembre pour faire face Ă la crise financiĂšre mondiale. Le gouvernement envisage aussi dâĂ©largir les investissements prĂ©vus dans les rĂ©gions touchĂ©es au cours des trois prochaines annĂ©es. « En effet, il ne suffira pas de reconstruire dans ces rĂ©gions ; il faut dans le mĂȘme temps stimuler lâĂ©conomie, notamment pour crĂ©er des emplois au niveau local », explique Mme Warwick. MĂȘme si la province du Sichuan, durement touchĂ©e par le sĂ©isme, doit Ă son niveau Ă©levĂ© de productivitĂ© agricole le surnom de « bol de riz » de la Chine, de nombreuses rĂ©gions de cette province sont relativement pauvres. La province de Gansu, Ă©galement affectĂ©e, est la deuxiĂšme province la plus pauvre du pays.  Des Ă©lĂšves de l'Ă©cole primaire de Leigu, pour laquelle des locaux temporaires ont Ă©tĂ© bĂątis, rencontre R. Zoellick. Des logements et une clinique temporaires ont Ă©galement Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©s afin d'aider les survivants de Beichuan. Selon le ministre chinois du Commerce, des millions de personnes vivant dans les zones concernĂ©es ne sont toujours pas Ă lâabri de tomber sous le seuil de pauvretĂ©. Lâassistance de la Banque mondiale AprĂšs le sĂ©isme, le gouvernement chinois sâest rapidement mis Ă chercher des informations sur les pratiques conseillĂ©es, au niveau international, en matiĂšre de reconstruction post-sĂ©isme. La premiĂšre rĂ©union avec la Banque mondiale portant sur la rĂ©ponse Ă apporter en cas de sĂ©isme et sur la reconstruction a eu lieu le lendemain de la catastrophe, en prĂ©sence de responsables chinois qui se trouvaient dĂ©jĂ Ă Washington, prĂ©cise Mme Warwick. La Banque mondiale a, dans un premier temps, accordĂ© Ă la Chine un don dâ1,5 million de dollars par le biais du Dispositif mondial de rĂ©duction des effets des catastrophes et de relĂšvement (GFDRR). Cette somme a servi Ă installer des tentes dâurgence et permettra la mise en Ćuvre dâune assistance technique pour appuyer lâeffort de reconstruction. La Banque a Ă©galement mobilisĂ© une Ă©quipe dâexperts internationaux, dont beaucoup sont intervenus suite aux rĂ©cents sĂ©ismes qui ont frappĂ© la Turquie et le Pakistan. Ces experts ont rencontrĂ© leurs homologues chinois chargĂ©s dâorganiser la reconstruction dans les instances gouvernementales nationales et locales. « Le plan-cadre du gouvernement sâappuie sur les leçons essentielles quâont pu tirer des experts dâautres pays, de la Banque et des Nations Unies », note Mme Warwick. « Cela a donnĂ© lieu Ă une discussion et Ă une collaboration fructueuses. » Selon M. Zoellick, « les efforts de reconstruction dĂ©ployĂ©s en Chine sont en outre riches dâenseignements que le Groupe de la Banque mondiale pourra partager avec ceux de ses clients qui sont eux aussi exposĂ©s Ă des risques de tremblement de terre. » La Banque mondiale a, dâautre part, mis en place le Fonds pour lâenvironnement mondial (FEM). Ce fonds dâ1 million de dollars vise Ă promouvoir lâĂ©valuation des risques chimiques dus aux industries touchĂ©es par le sĂ©isme. La SociĂ©tĂ© financiĂšre internationale (IFC), la branche de la Banque mondiale qui soutient le secteur privĂ©, aide aussi les petites et moyennes entreprises de la rĂ©gion de Chengdu Ă obtenir les financements dont elles ont tant besoin pour se remettre de cette catastrophe.
 Mu Guangyuan explique à R. Zoellick comment la fabrique de vĂȘtements traditionnels Qiang a pu reprendre son activité dans des locaux amĂ©nagĂ©s temporairement dans la ville de Leigu. Des jeunes femmes y apprennent à confectionner des vĂȘtements afin de pouvoir Ă nouveau gagner leur vie. Un projet de 740 millions de dollars en coopĂ©ration avec la Banque Le gouvernement chinois a Ă©galement sollicitĂ© la coopĂ©ration de la Banque pour la mise en Ćuvre dâun projet de 740 millions de dollars visant Ă restaurer les infrastructures ainsi que les services de santĂ© et dâĂ©ducation dans plusieurs comtĂ©s et municipalitĂ©s du Sichuan et du Gansu. Ce projet sera soumis Ă lâapprobation des administrateurs de la Banque en janvier. Celle-ci contribuera Ă hauteur de 710 millions de dollars pour soutenir entre autres les activitĂ©s suivantes : reconstruction des routes et des ponts, rĂ©tablissement de lâalimentation en eau et des services dâassainissement, collecte et Ă©vacuation des dĂ©chets solides, drainage, renforcement de la protection contre les inondations, rĂ©novation des Ă©tablissements de santĂ© et des Ă©coles. « Le gouvernement chinois a Ă©laborĂ© un programme de reconstruction trĂšs important, qui doit ĂȘtre mis en Ćuvre dans un dĂ©lai assez court », explique Mme Warwick. « Il souhaite obtenir le soutien des organisations internationales pour apprendre les pratiques conseillĂ©es en matiĂšre de reconstruction et dâattĂ©nuation des risques liĂ©s aux catastrophes naturelles, dĂ©velopper les capacitĂ©s du gouvernement local afin quâil puisse mener Ă bien le programme de reconstruction et mettre en place des systĂšmes solides de contrĂŽle fiduciaire et de prĂ©vention. »   |