15,2 millions d’enfants supplĂ©mentaires inscrits Ă  l’école primaire en Afrique

Disponible en: äž­æ–‡, Español, Ű§Ù„ŰčŰ±ŰšÙŠŰ©, English
Initiative pour la mise enƓuvre accĂ©lĂ©rĂ©e du programme d’éducation pour tous
  • 52 % d’enfants supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© inscrits Ă  l’école primaire dans 22 pays africains soutenus par l’Initiative pour la mise en Ɠuvre accĂ©lĂ©rĂ©e du programme d’éducation pour tous (Education for All Initiative Fast Track Initiative, EFA FTI)
  • Dans la plupart des pays concernĂ©s par cette initiative, l’inscription au CP devrait ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ©e Ă  tous les enfants d’ici 2010
  • Les progrĂšs accomplis dans le domaine de l’éducation risquent aujourd’hui d’ĂȘtre rĂ©duits Ă  nĂ©ant en raison des crises alimentaire et Ă©conomique mondiales, qui font basculer des millions de personnes dans la pauvretĂ©

5 janvier 2009—Tsitohaina a neuf ans. Pendant ses vacances scolaires, elle relaie ses frĂšres et sƓurs dans la vente de beignets et de sandwichs durant la fĂȘte locale organisĂ©e dans le village d’Ambohimandroso Ă  Madagascar.

Elle n’a aucun mal Ă  prendre les commandes des clients et Ă  leur rendre la monnaie, mĂȘme lorsque ces derniers paient avec des billets de 5 000 ariary, le deuxiĂšme billet le plus Ă©levĂ© dans la monnaie locale.

« Elle est en CE2 et elle est assez forte en mathématiques », déclare fiÚrement sa mÚre, Bako.
Tsitohaina est l’avant-derniĂšre d’une famille de huit enfants et l’une des rares qui frĂ©quente l’école primaire du village.

Son pĂšre, Bernard, espĂšre qu’elle fera de longues Ă©tudes. « J’espĂšre qu’elle pourra au moins aller jusqu’au lycĂ©e, dit-il. Cela lui permettra d’accĂ©der Ă  une vie meilleure que la nĂŽtre. »
L’un des aĂźnĂ©s de Tsitohaina n’est jamais allĂ© Ă  l’école, trois autres ont suivi les deux premiĂšres annĂ©es d’école primaire tandis que deux autres ne sont pas allĂ©s au-delĂ  du CM2. 


Tsitohaina et son cousin Fitahiana sur le chemin
de l'école primaire d'Ambohimandroso, située
dans un petit village à 13 km de la capitale
Antananarivo.

Les parents de Tsitohaina, Bako et Bernard Rabemanantsoa, sont agriculteurs et Ă  l’occasion vendeurs ambulants. Ils ont souvent du mal Ă  joindre les deux bouts, et c’est Ă  cause de ce manque d’argent que les plus grands n’ont pu continuer leurs Ă©tudes.

Mais depuis la suppression des frais de scolaritĂ© en 2003, Bako et Bernard ont pu sans problĂšme inscrire les trois plus jeunes Ă  l’école du village et les y laisser plus longtemps que leurs aĂźnĂ©s. « Les coĂ»ts ont aussi diminuĂ© du fait que l’État fournit les cartables et le matĂ©riel scolaire », explique Bako.

Madagascar est l’un des pays qui bĂ©nĂ©ficie de l’Initiative pour la mise en Ɠuvre accĂ©lĂ©rĂ©e du programme d’éducation pour tous (EFA FTI). En 2005, le pays a reçu deux subventions du Fonds catalytique du FTI, qui s’élĂšve Ă  145 millions de dollars pour la pĂ©riode 2005-2010. Étant donnĂ© que le nombre d’enfants qui frĂ©quentent l’école primaire a fortement augmentĂ© et que les Ă©coles sont souvent en sureffectif, les subventions vont ĂȘtre utilisĂ©es pour former et recruter de nouveaux professeurs, construire des Ă©coles et amĂ©liorer la qualitĂ© gĂ©nĂ©rale de l’enseignement.

Aujourd’hui, Madagascar figure parmi les 36 pays concernĂ©s par cette initiative, qui ont effectuĂ© d’énormes progrĂšs en matiĂšre d’éducation au cours des cinq derniĂšres annĂ©es.

Des progrĂšs sans prĂ©cĂ©dent dans l’éducation de base en Afrique

Le rapport annuel EFA FTI de 2008, intitulĂ© « En route vers 2015 : atteindre les objectifs fixĂ©s en matiĂšre d’éducation », publiĂ© en novembre, fait Ă©tat de progrĂšs sans prĂ©cĂ©dent dans l’éducation de base en Afrique.

Vingt-deux des pays visĂ©s par cette initiative se trouvent en Afrique subsaharienne. Le rapport indique qu’entre 2000 et 2006, 52% d’enfants de plus (soit 15,2 millions) ont Ă©tĂ© inscrits Ă  l’école primaire dans les pays soutenus par le programme EFA FTI, contre 23% dans les pays n’en ayant pas bĂ©nĂ©ficiĂ©.

Dans l’ensemble, le secteur de l’éducation a progressĂ© dans les pays soutenus par l’initiative

Dans la grande majoritĂ© des 36 pays soutenus par l’initiative EFA FTI, la quasi-totalitĂ© des enfants devraient ĂȘtre inscrits en CP d’ici 2010, une Ă©tape essentielle dans la rĂ©alisation de l’objectif d’éducation primaire universelle d’ici 2015. 

PrĂšs de la moitiĂ© des enfants rĂ©cemment inscrits (48%) sont des filles. 60% des pays bĂ©nĂ©ficiant de l’initiative prĂ©sentent le mĂȘme pourcentage de garçons et de filles inscrits Ă  l’école primaire ou devraient atteindre cet objectif dans les prochaines annĂ©es. Si les progrĂšs se poursuivent au mĂȘme rythme, 27 de ces pays atteindront un taux d’achĂšvement des Ă©tudes primaires (c’est-Ă -dire le pourcentage d’enfants qui suivent la derniĂšre annĂ©e d’école primaire par rapport au nombre total d’enfants situĂ©s dans la tranche d’ñge concernĂ©e) d’au moins 80% d’ici 2015.

EFA FTI

L’initiative EFA FTI, créée en 2002, est un partenariat international entre des pays en dĂ©veloppement, des pays donateurs, la Banque mondiale, l’UNICEF et l’UNESCO, visant Ă  accĂ©lĂ©rer le soutien aux pays Ă  faible revenu afin que ceux-ci puissent atteindre l’objectif de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire en matiĂšre d’éducation (l’éducation primaire universelle) d’ici 2015.

« Le partenariat FTI a reçu les Ă©loges de la communautĂ© internationale car il reprĂ©sente un exemple Ă  suivre en terme d’harmonisation de l’aide des donateurs », souligne Joy Phumaphi, vice-prĂ©sidente de la Banque mondiale responsable du rĂ©seau DĂ©veloppement humain. « Les premiers rĂ©sultats montrent que le partenariat a aidĂ© efficacement les pays Ă  atteindre des objectifs ambitieux en matiĂšre d’éducation. Dans de nombreux pays, l’étape suivante consiste Ă  amĂ©liorer la qualitĂ© de l’apprentissage. »

Cependant, ces progrĂšs sans prĂ©cĂ©dent sont Ă  prĂ©sent menacĂ©s. Les crises alimentaire et Ă©conomique mondiales rĂ©duisent Ă  la pauvretĂ© des millions de personnes, qui font le choix douloureux de ne pas inscrire leurs enfants Ă  l’école.

Madagascar

Le nombre total d’enfants inscrits Ă  l’école primaire est passĂ© de 2,2 millions en 2000 Ă  3,7 millions en 2006. Le taux d’achĂšvement des Ă©tudes primaires (le pourcentage d’enfants qui suivent la derniĂšre annĂ©e d’école primaire par rapport au nombre total d’enfants situĂ©s dans la tranche d’ñge concernĂ©e) Ă©tait de 57% en 2006, contre 30% en 2000.

« Nous ne devons pas laisser les crises financiĂšres saper ce que nous avons accompli jusqu’ici, mais tenir nos engagements », a dĂ©clarĂ© Ă  l’occasion de la publication du rapport Erik Solheim, ministre norvĂ©gien de l’Environnement et du DĂ©veloppement international. « Les enfants qui vivent dans des pays fragiles sont vulnĂ©rables et difficiles Ă  atteindre, mais nous devons leur accorder une attention particuliĂšre. Il faut notamment faire bĂ©nĂ©ficier les filles de nos efforts communs si nous voulons atteindre l’objectif de l’éducation pour tous. »

La publication du rapport annuel 2008 s’inscrivait dans le cadre de la rĂ©union semestrielle des partenaires de l’initiative EFA FTI, organisĂ©e Ă  Oslo. Celle-ci prĂ©cĂ©dait la rĂ©union du Groupe de haut niveau de l’UNESCO, consacrĂ©e Ă  la lutte contre les inĂ©galitĂ©s dans le secteur de l’éducation au niveau national et international.
 




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/4AUKWADTY0