Accompagner la rĂ©forme de l’éducation en Mauritanie

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  • Faible niveau de performance, manque de fournitures scolaires, et formation des enseignants affectent les Ă©coles mauritaniennes.
  • Deux dons pour le programme Éducation pour tous- Initiative de mise en Ɠuvre accĂ©lĂ©rĂ©e (EFA-FTI) contribuent au dĂ©veloppement du secteur de l’éducation en Mauritanie
  • Les rĂ©formes seront axĂ©es sur la formation des enseignants et des incitations en leur faveur, fournitures et programmes d’alimentation scolaires ainsi que les infrastructures.

NOUAKCHOTT, 6 fĂ©vrier 2009— Au dĂ©but de la nouvelle annĂ©e scolaire commencĂ©e le 12 octobre dernier en Mauritanie, le ministĂšre de l’Éducation a procĂ©dĂ© Ă  la distribution d’une grande quantitĂ© de fournitures scolaires obtenues grĂące au projet Éducation pour tous – Initiative de mise en Ɠuvre accĂ©lĂ©rĂ©e (EFA-FTI), un partenariat international administrĂ© par la Banque mondiale. Le nombre d’établissements scolaires primaires publics a atteint 184 en 2008 en Mauritanie.

Le programme EFA-FTI a Ă©tĂ© lancĂ© en 2002 en vue d’aider les pays Ă  faible revenu Ă  rĂ©aliser les objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire (ODM) dans le domaine de l’éducation. La Mauritanie a Ă©tĂ© admise au programme cette mĂȘme annĂ©e.

Défis auxquels font face les écoles publiques

Bien qu’ayant enregistrĂ© un taux brut de scolarisation de 95 % au niveau de l’enseignement primaire en 2007-2008, et l’accĂšs pratiquement universel pour les deux sexes (les filles ont reprĂ©sentĂ© 50 % de tous les Ă©lĂšves inscrits), le systĂšme scolaire mauritanien se heurte depuis longtemps Ă  d’énormes dĂ©fis. Au nombre de ceux-ci figurent les faibles rĂ©sultats scolaires, la disponibilitĂ© inĂ©gale de manuels scolaires et d’autres matĂ©riels d’appui Ă  l’apprentissage, l’inĂ©galitĂ© entre les zones urbaines et rurales en matiĂšre d’accĂšs aux Ă©tablissements scolaires et la formation insuffisante des enseignants.

Depuis son accession Ă  l’indĂ©pendance en 1960, le systĂšme Ă©ducatif de la Mauritanie a fait l’objet de nombreuses rĂ©formes visant Ă  relever ces dĂ©fis et Ă  faire face Ă  d’autres difficultĂ©s. La derniĂšre de ces rĂ©formes est intervenue en 1999, lorsque les autoritĂ©s ont rĂ©tabli l’enseignement bilingue (en arabe et en français), aprĂšs s’ĂȘtre rendu compte que le systĂšme Ă  double filiĂšre imposĂ© deux dĂ©cennies auparavant dans l’espoir d’amĂ©liorer les taux de rĂ©ussite avait en fait causĂ© une fragmentation dans le systĂšme.

Repenser le systÚme éducatif mauritanien

En 2001, le gouvernement a Ă©laborĂ© le Programme national de dĂ©veloppement du secteur Ă©ducatif, qui fournit le cadre stratĂ©gique dans lequel l’État s’engageait Ă  assurer l’accĂšs Ă  l’éducation de base pour tous, conformĂ©ment aux ODM. C’est dans ce plan cadre de l’éducation que s’inscrit l’intervention actuelle de l’EFA-FTI en Mauritanie.

En 2004 et 2007, le pays a reçu deux dons de l’EFA-FTI, de 9 millions de dollars et de 14 millions de dollars respectivement.

Ces fonds ont Ă©tĂ© affectĂ©s Ă  divers programmes, notamment l’alimentation scolaire, la formation d’enseignants et la distribution de 1,6 million de manuels scolaires Ă  travers le pays.

Sur le montant de 14 millions de dollars approuvĂ© en 2007, 14% a Ă©tĂ© rĂ©servĂ© aux programmes d’alimentation scolaire, qui peuvent Ă©ventuellement rĂ©duire les taux d’abandon. Il a Ă©tĂ© Ă©tabli que l’absentĂ©isme est liĂ© Ă  la faim, en particulier dans les zones rurales oĂč les mauvaises rĂ©coltes imputables aux alĂ©as climatiques forcent les familles Ă  retirer les enfants de l’école pour les aider Ă  pratiquer l’agriculture de subsistance.

Besoins en infrastructures

Les ressources du programme EFA-FTI serviront aussi en prioritĂ© Ă  construire de nouvelles Ă©coles ou Ă  remettre en Ă©tat celles qui existent dĂ©jĂ , afin de contribuer Ă  rĂ©duire le nombre d’élĂšves par salle de classe. En fait, la croissance rapide des inscriptions enregistrĂ©e ces derniĂšres annĂ©es ne s’est pas toujours accompagnĂ©e d’ajustements du cadre physique. De ce fait, la capacitĂ© des Ă©coles a Ă©tĂ© mise Ă  rude Ă©preuve dans certaines rĂ©gions. Les financements de l’EFA-FTI ont permis de construire trois nouveaux Ă©tablissements d’enseignement secondaire rien que de 2007 Ă  2008, ce qui porte Ă  184 le nombre total d’établissements publics d’enseignement secondaire.

De mĂȘme, des efforts sont consentis pour contribuer Ă  amĂ©liorer la qualitĂ© de l’éducation. Dans cette optique, 200 enseignants ont subi une formation de trois semaines en 2008.

« Nous nous efforçons d’amĂ©liorer la qualitĂ© de l’éducation, et plus particuliĂšrement les compĂ©tences et les connaissances des enseignants », a dĂ©clarĂ© ChĂ©rif Diallo de la Banque mondiale, chef du projet EFA-FTI en Mauritanie.

Les objectifs du programme EFA-FTI

À moyen terme, indique Diallo, le projet continuera de privilĂ©gier les mesures d’incitation en faveur des enseignants, la distribution de matĂ©riels supplĂ©mentaires de soutien Ă  l’apprentissage, ainsi que l’expansion des Ă©coles existantes pour satisfaire la demande croissante et le programme d’alimentation scolaire, qui offre deux repas par jour aux enfants Ă  l’école.

Il a Ă©tĂ© rĂ©cemment Ă©tabli que la Mauritanie est loin d’ĂȘtre sur la bonne trajectoire pour rĂ©aliser l’enseignement primaire pour tous, en raison d’un taux d’achĂšvement du cycle primaire infĂ©rieur Ă  50 % (donnĂ©es de 2006). Cependant, le pays fait l’objet d’éloges parce qu’il est l’un des rares bĂ©nĂ©ficiaires de l’EFA-FTI Ă  avoir pratiquement Ă©liminĂ© les inĂ©galitĂ©s entre les sexes qui existaient en faveur des garçons.

Et d’aprĂšs certains indices, d’autres amĂ©liorations pourraient suivre au cours des annĂ©es Ă  venir. En 2008, le taux de rĂ©tention a augmentĂ© de 9 points de pourcentage par rapport Ă  l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, atteignant 50 % pour l’enseignement tant primaire que secondaire. De mĂȘme, bien que le taux global de rĂ©ussite au baccalaurĂ©at demeure infĂ©rieur Ă  20 %, en 2008 les rĂ©sultats se sont amĂ©liorĂ©s de 7 points par rapport Ă  2007.

Des repĂšres qui augurent d’un lendemain meilleur pour le systĂšme Ă©ducatif de la Mauritanie.

Pour plus d’information sur le secteur Ă©ducatif en Mauritanie, contacter ChĂ©rif Diallo, SpĂ©cialiste des secteurs de l’Education Ă  la Banque mondiale (cdiallo@worldbank.org)




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