Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre

Selon la Banque mondiale, les pauvres sont durement touchés par la crise dans les pays en développement

Disponible en: العربية, 中文, Español, English
Communiqué de presse n°:2009/220/EXC/FR

Contacts:
À Washington : David Theis +1(202)458-8626
dtheis@worldbank.org

WASHINGTON, le 12 février 2009 — La crise économique mondiale galopante accule à la pauvreté quelque 53 millions de personnes supplémentaires dans les pays en développement et, compte tenu de la montée en flèche probable des taux de mortalité infantile, elle menace gravement la réalisation des cibles internationalement convenues en matière de lutte contre la pauvreté, a déclaré le Groupe de la Banque mondiale.

Selon les dernières estimations pour 2009, le recul des taux de croissance économique va contraindre 46 millions de personnes de plus qu’on ne l’estimait avant la crise à vivre avec moins de 1,25 dollar par jour. En outre, 53 autres millions de gens demeureront contraints de vivre avec moins de 2 dollars par jour, et ces chiffres viennent s’ajouter aux 130 à 155 millions d’individus qui ont sombré dans la pauvreté en 2008, suite à l’emballement des prix de l’alimentation et de l’énergie.

Ces nouvelles prévisions mettent en évidence les graves menaces pesant sur la réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) des Nations Unies qui spécifient les cibles à atteindre d’ici 2015 pour faire reculer la pauvreté. D’après les nouvelles recherches, la plongée des taux de croissance économique entraînera des retards considérables dans la réduction de la mortalité infantile. Les premières estimations pour 2009 à 2015 prévoient le décès probable de 200 000 à 400 000 enfants par an en moyenne, soit un total de 1,4 à 2,8 millions d’enfants, si la crise perdure.

« La crise économique mondiale menace de devenir une crise humanitaire dans de nombreux pays en développement à moins qu’ils ne puissent engager des mesures ciblées pour protéger les plus vulnérables », a déclaré Robert B. Zoellick, président du Groupe de la Banque mondiale, qui assistera aux réunions de samedi. « Alors que le monde est globalement préoccupé par le sauvetage des banques et les plans de relance, nous ne saurions oublier que les pauvres des pays en développement sont bien plus exposés en cas de défaillance de leur économie. Cette crise est mondiale et appelle une solution mondiale. Les besoins des pauvres dans les pays en développement doivent être discutés. »

En préambule à la réunion des ministres des finances du Groupe des Sept, une note de politique générale de la Banque mondiale précise que près de 40 % des 107 pays en développement sont très exposés au retentissement de la crise sur la pauvreté, les autres pays étant modérément exposés, avec moins de 10 % confrontés à des risques faibles.

Cette note de politique générale, intitulée « The Global Economic Crisis: Assessing Vulnerability with a Poverty Lens » (La crise économique mondiale : Évaluation de la vulnérabilité sous le prisme de la pauvreté), fait valoir que les pays exposés doivent impérativement être en mesure de financer la création d’emplois, la mise en place des infrastructures et des services essentiels et l’instauration de programmes de protection sociale pour les personnes vulnérables. Or, les trois quarts de ces pays ne peuvent pas mobiliser de capitaux, que ce soit sur le marché local ou international, pour financer les programmes susceptibles d’atténuer les effets de ce repli économique. De plus, un quart des pays exposés n’ont pas les capacités institutionnelles nécessaires pour dépenser davantage dans la protection des groupes vulnérables. La note appelle à soutenir ces pays financièrement, au moyen de dons ou de prêts à des taux faibles ou nuls.

Pays exposés 
Les plus exposés au risque d’aggravation de la pauvreté se situent dans la zone ombrée, au centre :

    

M. Zoellick a récemment appelé à la création d’un « Fonds de vulnérabilité » auquel chaque pays développé consacrerait 0,7 % de son plan de relance. Les trois domaines prioritaires de ce Fonds sont : les programmes de protection sociale, les investissements en faveur des infrastructures, et l’appui aux petites et moyennes entreprises et aux institutions de microfinancement.

Point sur les récentes initiatives du Groupe de la Banque mondiale :

Le Groupe de la Banque mondiale n’a pas ménagé ses efforts pour élargir son offre de produits et de services innovants afin d’aider les pays en développement :

  • Fort accroissement des prêts de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) : La BIRD pourrait approuver de nouvelles opérations à hauteur de 100 milliards de dollars au cours des trois prochaines années. Cette année, ses prêts pourraient quasiment tripler pour s’établir à 35 milliards de dollars.
  • Procédure accélérée de mise à disposition des financements de l’Association internationale de développement (IDA)  : Des procédures sont désormais en place pour accélérer le décaissement de 2 milliards de dollars d’aide aux pays les plus pauvres pour faire face à la crise. Ces fonds sont destinés à la protection sociale, aux infrastructures, à l’éducation et à la santé, et font partie des 42 milliards de dollars prévus au titre de IDA-15 pour venir en aide aux plus démunis.
  • Riposte à la crise alimentaire : Près de 900 millions de dollars ont été approuvés ou sont en cours d’approbation pour aider les pays en développement à faire face à l’impact de la flambée des prix alimentaires au moyen d’un mécanisme de financement de l’alimentation de 1,2 milliard de dollars

La Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale qui axe son action sur le secteur privé, a mis en place de nouveaux mécanismes en vue du décaissement de quelque 30 milliards de dollars au cours des trois prochaines années, et pour :

  • Pérenniser les flux commerciaux : L’IFC entend doubler le volume de son actuel programme de financement du commerce mondial, qui sera porté à 3 milliards de dollars au cours des trois prochaines années, et mobiliser des fonds auprès d’autres sources.
  • Consolider les systèmes bancaires en difficulté : Elle est en train de créer un fonds mondial de participation afin de recapitaliser les banques sinistrées. L’IFC compte investir 1 milliard de dollars sur trois ans, et le Japon a l’intention d’y injecter 2 milliards de dollars. Ce fonds mondial de participation et de créances de second rang, doté de 3 milliards de dollars et administré par l’IFC, a pour objet d’aider à recapitaliser les banques des petits marchés émergents.
  • Assurer la poursuite des projets d’infrastructure : L’IFC compte investir au moins 300 millions de dollars sur trois ans, et mobiliser au moins 1,5 milliard de dollars pour offrir des possibilités de refinancement et de recapitalisation aux projets privés viables d’infrastructure confrontés à des difficultés financières. L’Allemagne a réservé 100 millions d’euros pour cette initiative. Avec le complément de financements de sa banque de développement KfW, ce mécanisme pourrait se retrouver doté d’un demi-milliard d’euros.
  • Soutenir le microfinancement : L’IFC et l’Allemagne ont lancé un mécanisme de 500 millions de dollars pour appuyer les institutions de microfinancement confrontées à des difficultés de refinancement du fait de la crise financière mondiale. Ce mécanisme permettra aux emprunteurs à faible revenu des pays en développement de continuer à avoir accès aux capitaux.
  • Réorienter ses services de conseil pour aider les entreprises à survivre à la crise : L’IFC est en train de réorienter ses services de conseil de manière à aider ses clients à affronter la crise. Elle s’attend à des besoins de financement de l’ordre d’au moins 40 millions de dollars sur trois ans.

Pour de plus amples informations sur la Banque mondiale, veuillez consulter son site à l’adresse suivante: www.banquemondiale.org
Pour le note de politique générale (en anglais), cliquez ici




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/VBPUBQFL70