La crise financière pourrait acculer à la pauvreté 53 millions de personnes supplémentaires

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  • Le ralentissement économique pourrait mener 53 millions de personnes supplémentaires à la pauvreté 
  • On estime que de 200 000 à 400 000 nourrissons supplémentaires pourraient mourir chaque année d'ici 2015 si la crise persiste
  • Quelque 40 pays sont « extrêmement vulnérables » en raison de leur taux de pauvreté déjà élevé ainsi que du recul attendu des taux de croissance avec la crise

12 février 2009 — La crise financière se transforme rapidement en une crise humaine.

Selon les dernières prévisions de la Banque mondiale, pas moins de 53 millions de personnes supplémentaires pourraient demeurer contraintes de vivre dans la pauvreté du fait du ralentissement de la croissance économique mondiale.

Cette situation menace d'annihiler les progrès effectués dans la lutte contre la mortalité infantile. Les estimations de la Banque mondiale prévoient, d’ici à 2015, le décès probable de 200 000 à 400 000 nourrissons supplémentaires par an, si la crise perdure.

 

La publication de ces nouvelles prévisions précède la réunion des ministres des Finances du Groupe des Sept (G7), qui se tiendra ce week-end à Rome, en présence de M. Robert B. Zoellick, Président de la Banque mondiale.

 

M. Zoellick a appelé les pays développés à allouer 0,7 % de leur plan de relance à un Fonds de vulnérabilité destiné aux pays en développement. « Alors que le monde est globalement préoccupé par le sauvetage des banques et les plans de relance, nous ne saurions oublier que les pauvres des pays en développement sont bien plus exposés en cas de défaillance de leur économie», a-t-il déclaré.

 

Quelque 40 pays sont « extrêmement vulnérables » en raison de leur taux de pauvreté déjà élevé ainsi que du recul attendu des taux de croissance.

 

Selon la nouvelle note de politique générale, intitulée « The Global Economic Crisis: Assessing Vulnerability with a Poverty Lens » (La crise économique mondiale : Évaluation de la vulnérabilité sous le prisme de la pauvreté), des millions de personnes vivant déjà au-dessous du seuil de pauvreté « sombreront davantage dans la misère » en raison de la crise financière mondiale.

« Suite aux crises alimentaire et énergétique de l’année dernière, les estimations prévoyaient que quelque 100 millions de personnes supplémentaires rejoindraient les rangs des pauvres. Nous pensons que cette crise, en raison de sa gravité, dépassera ces chiffres », a affirmé M. Danny Leipziger, Vice-président et Responsable du réseau de Lutte contre la pauvreté et gestion économique de la Banque mondiale.

 

Cette note de politique générale précise que près d’un tiers (soit 29 %) de tous les pays en développement sont « très exposés » aux conséquences de la crise sur la pauvreté. Soixante-deux pour cent de ces pays sont modérément exposés et feront face à un recul de la croissance ou à des taux de pauvreté élevés. Moins de 10 % seront confrontés à des risques faibles.

 

« Alors qu’à court terme, les personnes qui n’appartiennent pas aux catégories sociales les plus pauvres semblent être les principales victimes de cette crise, à moyen terme, les effets défavorables n’épargneront fort probablement pas les foyers à faible revenu », est-il souligné dans ce même document.




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