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La crise révÚle des déficits de financement croissants pour les pays en développement

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Communiqué de presse n°:2009/245/EXC

Personnes Ă  contacter :

À Washington David M. Theis, dtheis@worldbank.org

Téléphone  : +1 202 458 8826

 

Washington, 8 mars 2009 — Selon la Banque mondiale, les pays en dĂ©veloppement sont confrontĂ©s cette annĂ©e Ă  un dĂ©ficit de financement compris entre 270 et 700 milliards de dollars du fait que les crĂ©anciers privĂ©s fuient les marchĂ©s Ă©mergents, et qu’un quart seulement des pays les plus vulnĂ©rables disposent des ressources nĂ©cessaires pour prĂ©venir une hausse de la pauvretĂ©.

 

Dans un document destinĂ© Ă  la rĂ©union des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales du Groupe des 20 qui doit se tenir samedi prochain, la Banque mondiale indique que les institutions financiĂšres internationales ne peuvent actuellement couvrir Ă  elles seules ce dĂ©ficit – qui comprend la dette privĂ©e et publique et les dĂ©ficits commerciaux – pour ces 129 pays, mĂȘme ceux de la partie infĂ©rieure de la fourchette. Pour cela, il faudra mobiliser la participation des États, des institutions multilatĂ©rales et du secteur privĂ©. Un quart des pays en dĂ©veloppement vulnĂ©rables seulement sont en mesure de financer des mesures destinĂ©es Ă  attĂ©nuer la dĂ©cĂ©lĂ©ration de l’économie, comme des programmes de crĂ©ation d’emploi ou de protection sociale.

 

« Nous devons rĂ©agir en temps rĂ©el Ă  une crise en expansion qui touche les populations des pays en dĂ©veloppement », a dĂ©clarĂ© Robert B. Zoellick, PrĂ©sident du Groupe de la Banque mondiale. «  Cette crise mondiale appelle une solution mondiale. Dans le cadre des efforts planĂ©taires visant Ă  la surmonter, il importe d’éviter une catastrophe Ă©conomique dans ces pays. Nous devons investir dans les programmes de protection sociale, dans l’infrastructure, et dans les petites et moyennes entreprises pour crĂ©er des emplois et prĂ©venir des troubles sociaux et politiques. »

 

L’économie mondiale devrait se contracter cette annĂ©e pour la premiĂšre fois depuis la deuxiĂšme Guerre mondiale, et afficher une croissance infĂ©rieure de 5 points de pourcentage au moins Ă  son potentiel. Les prĂ©visions de la Banque mondiale indiquent qu’au milieu de 2009, la production industrielle mondiale pourrait ĂȘtre infĂ©rieure de jusqu’à 15 % du niveau enregistrĂ© en 2008. Les Ă©changes mondiaux devraient accuser en 2009 leur reflux le plus sensible depuis 80 ans, l’Asie de l’Est affichant la baisse la plus prononcĂ©e.

 

La crise financiĂšre aura des consĂ©quences Ă  long terme sur les pays en dĂ©veloppement. L’émission de titres de crĂ©ance par les pays Ă  revenu Ă©levĂ© devrait sensiblement augmenter, ce qui aurait pour effet d’exclure de nombreux emprunteurs des pays en dĂ©veloppement, privĂ©s et publics. Bon nombre des institutions qui ont assurĂ© l’intermĂ©diation financiĂšre des clients de ces pays ont pour ainsi dire disparu. Les pays en dĂ©veloppement qui ont encore accĂšs aux marchĂ©s financiers encourent des coĂ»ts d’emprunt supĂ©rieurs et des apports de capitaux infĂ©rieurs, ce qui entraĂźnera une baisse des investissements et un ralentissement ultĂ©rieur de la croissance.

 

« Quand la crise a commencĂ©, les populations des pays en dĂ©veloppement, en Afrique notamment, en Ă©taient les spectateurs innocents ; pourtant, ils n’ont d’autre choix que d’en subir les consĂ©quences dĂ©sastreuses »  observe Ngozi Okonjo-Iweala, Directrice gĂ©nĂ©rale de la Banque mondiale, dans un discours qui sera prononcĂ© lundi lors d’une confĂ©rence organisĂ©e Ă  Londres par le MinistĂšre du dĂ©veloppement international du Royaume-Uni. « Nous devons considĂ©rer les pauvres comme des Ă©lĂ©ments d’actif, non de passif. La nouvelle mondialisation devrait se traduire par de nouvelles mĂ©thodes pour soigner nos nourrissons, Ă©duquer nos jeunes, autonomiser nos femmes et protĂ©ger les personnes vulnĂ©rables. »

 

Le document prĂ©cise que la croissance Ă©conomique a dĂ©cĂ©lĂ©rĂ© dans 94 des 116 pays en dĂ©veloppement. Parmi eux, 43 affichent des niveaux Ă©levĂ©s de pauvretĂ©. À ce jour, les secteurs les plus atteints sont ceux qui Ă©taient les plus dynamiques, Ă  savoir, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les secteurs de l’exportation et de la construction, les industries extractives et les industries manufacturiĂšres en milieu urbain. Au Cambodge, par exemple, 30 000 emplois ont Ă©tĂ© supprimĂ©s dans le secteur de l’habillement, le seul secteur d’exportation notable. En Inde, plus d’un demi-million d’emplois ont disparu au dernier trimestre de 2009, notamment dans le secteur de la joaillerie et de la bijouterie, l’industrie automobile et l’industrie textile.

 

Bon nombre des pays les plus pauvres de la planĂšte deviennent encore plus tributaires de l’aide au dĂ©veloppement, leurs recettes d’exportation et leurs recettes budgĂ©taires diminuant sous l’effet de la crise. Les apports des bailleurs de fonds accusent dĂ©jĂ  un retard de 39 milliards de dollars environ par rapport aux engagements d’augmentation de l’aide pris au sommet de Gleneagles en 2005. Une plus grande irrĂ©gularitĂ© de ces apports est dĂ©sormais Ă  craindre, certains pays rĂ©duisant les budgets allouĂ©s Ă  l’aide ; d’autres, en revanche, confirment leurs engagements, tout au moins pour cette annĂ©e.

 

Dans les remarques rĂ©digĂ©es Ă  l’intention de la mĂȘme confĂ©rence tenue ce lundi Ă  Londres, Justin Yifu Lin, Premier Vice-prĂ©sident et Ă©conomiste en chef de la Banque mondiale, dĂ©clare que les pays dĂ©veloppĂ©s devraient dĂ©penser une part des sommes allouĂ©es Ă  la relance budgĂ©taire dans les pays en dĂ©veloppement, ce qui pourrait avoir des retombĂ©es Ă©conomiques substantielles.

 

« Il va sans dire que les ressources budgĂ©taires doivent ĂȘtre injectĂ©es dans les pays riches qui sont Ă  l’épicentre de la crise, mais orienter les investissements dans l’infrastructure vers le monde en dĂ©veloppement, oĂč ils peuvent briser les obstacles Ă  la croissance et rĂ©tablir rapidement la demande, serait peut-ĂȘtre encore plus profitable et dĂ©terminant pour la reprise », dĂ©clare-t-il dans ces remarques. 

Pour de plus amples renseignements sur la Banque mondiale, veuillez consulter le site www.worldbank.org




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