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Une nouvelle approche propulse le Soudan vers un avenir plus sain

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KHARTOUM, 25 février 2009 — Dans le village reculé de Tubar, à 15 heures de route à l’est de Khartoum, un centre de santé rénové et parfaitement fonctionnel illustre la façon dont les Soudanais se mobilisent pour améliorer leurs conditions de vie.

En 2007, dans le cadre du Projet de développement du système de santé publique décentralisé destiné à offrir des services de santé à des collectivités rurales, il a été révélé que le centre de santé local ne répondait pas aux conditions requises pour recevoir des patients ou conserver des médicaments. Ce centre devrait être amélioré, ont déclaré les responsables du projet, pour pouvoir recevoir des équipements et du personnel. Pour répondre à ce besoin, les membres de la communauté ont uni leurs efforts pour trouver des ressources locales afin de remettre ce centre en état.

« J’ai dû sacrifier ma prime mensuelle de 50 dollars pendant trois mois pour contribuer à la remise en état de cet établissement de santé qui avait été gravement endommagé par de fortes pluies Â», déclare Mohamed Ibrahim, membre du personnel de santé du centre de Tubar. « Ã‰tant l’un des rares membres de cette communauté à avoir fait des études, ajoute-t-il, je devais prendre l’initiative de mobiliser l’appui financier et matériel nécessaire pour répondre aux conditions de ce projet. Â»

Aujourd’hui, ce centre doté de tous les moyens nécessaires, fournit des services de santé non seulement aux habitants de Tubar mais aussi aux populations des villages voisins d’Oleeb et de Gonob.

Les défis du secteur de la santé

Le Projet de développement du système de santé publique fait partie d’un Fonds fiduciaire multi-donateurs plus large administré par la Banque mondiale. Il vise les États pauvres du Kordofan méridional, du Nil Bleu, de Kassala et de la Mer Rouge déchirés par le conflit, et dessert une population d’environ 5,1 millions d’habitants.

Lancé en janvier 2007, ce projet sera exécuté sur une période de quatre ans et demi, moyennant un coût total de 19 millions USD, qui comprend un fonds de l’État de 13 millions USD et un cofinancement de 6 millions USD du Fonds fiduciaire multi-donateurs. Il s’inspire des leçons tirées de projets de santé dans d’autres pays sortant d’un conflit (Afghanistan, Timor Leste, République démocratique du Congo) et de pays où les systèmes nationaux, les capacités et les ressources sont plus développés (Bosnie-Herzégovine, Albanie).

Comme dans beaucoup de pays à faible revenu, le système de santé soudanais dispose de maigres ressources et se heurte à des difficultés aux niveaux du budget, de l’allocation des ressources, de la gestion, de la qualité des soins et du personnel. Le Projet de développement du système de santé publique a été entrepris pour répondre à la demande d’une Mission conjointe d’évaluation, suite à un accord entre le Soudan et ses partenaires de développement, qui a évalué les besoins du pays pendant une période intérimaire de six ans après la signature de l’Accord de paix global de 2005. Il cadre également avec la stratégie sur 25 ans du ministère fédéral de la Santé.

« Grâce à un partenariat et à un cofinancement solides, les fonds du gouvernement et du projet se complètent pour améliorer les résultats déployés sur le terrain pour renforcer les capacités qui doivent préparer le terrain à un financement durable, au développement d’un système décentralisé de soins de santé Â», déclare le Dr. Mohamed Osman, Coordonnateur du Projet.

Les fruits des deux premières années

Avec la mise en Å“uvre au cours des deux dernières années du Projet de développement du système de santé publique, le Soudan a lancé une série d’initiatives en vue d’ajuster ses stratégies de santé et d’améliorer l’impact des programmes de santé. Par exemple, pour stimuler la lutte contre le paludisme dans les zones insuffisamment desservies, 179 000 moustiquaires ont été distribuées dans les quatre États visés.

« Le nombre de cas de paludisme a sensiblement baissé chez mes enfants depuis la distribution des moustiquaires, il y a un an Â», confie Miriam Kodi, mère de quatre enfants dans le village de Dalamy, au Kordofan méridional. « Auparavant, le paludisme frappait environ trois fois par an Â», précise-t-elle.

Une amélioration que Miriam Kodi aimerait voir se réaliser serait l’ouverture d’un centre de santé dans son village, car l’établissement de santé le plus proche pour les tests de dépistage du paludisme est à deux heures de marche.

Le Projet de développement du système de santé publique honore également son mandat de décentralisation et de développement des services de santé pour les populations marginalisées. À ce titre, il offre des produits médicaux, des fournitures de laboratoire et autres articles non médicaux consommables à 46 centres (sur un total de 59) et à 99 unités de santé de base (sur un total de 114). Pour améliorer les services de santé et de vulgarisation, le projet prévoit la fourniture de 7 ambulances, de 11 cliniques mobiles, de 5 cinémas mobiles et de 38 véhicules aux 4 ministères de la santé des États bénéficiaires.

Enfin, pour mettre en Å“uvre la réforme et le développement du secteur de la santé au Soudan, le projet a facilité le lancement d’investissements dans des établissements de formation du personnel de santé dans plusieurs régions :

  • Les travaux ont commencé sur la remise en état et la construction de facultés nationales des sciences de la santé dans les quatre États bénéficiaires ;
  • Dans l’État de Kassala, deux ateliers de formation en analyse rapide et services de laboratoire simples ont été organisés à l’intention de 72 assistants médicaux, et 42 sages-femmes traditionnelles ont commencé leur formation en soins obstétriques ; et
  • La Faculté nationale de santé du Nil Bleu a terminé sa première année de formation de 290 infirmiers et infirmières.

« Je suis particulièrement heureux de cette possibilité de formation qui améliorera résolument mes connaissances et ma pratique Â», a déclaré Dawood Sali, un infirmier qui a participé au programme de formation de la Faculté nationale de santé. « Je suis convaincu que je serai en mesure d’offrir des soins de santé adéquats à la population de la région Â», a-t-il ajouté.


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