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Les femmes de 33 pays particulièrement exposées aux effets de la crise financière

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Communiqué de presse No :  2009/245/PREM

Contacts:

Malcolm Ehrenpreis (202) 458-5219

mehrenpreis@worldbank.org

Alejandra Viveros (202) 473-4306

Aviveros@worldbank.org

 

WASHINGTON, 6 mars 2009— La crise financière mondiale actuelle, combinée aux récentes hausses des prix des produits alimentaires, sera lourde de conséquences pour les femmes des pays pauvres et leurs enfants : accroissement de la mortalité infantile et de la déscolarisation des filles et diminution des revenus des femmes, dit-on aujourd’hui au sein du Groupe de la Banque mondiale.

 

D’après de nouvelles estimations de la Banque mondiale, les femmes et les filles des familles pauvres de 33 pays en développement sont particulièrement vulnérables aux effets des crises économique et alimentaire mondiales.Dans 15 de ces pays, situés pour la plupart en Afrique subsaharienne, un faible taux de scolarisation des filles et des taux de mortalité infantile et juvénile élevés, combinés au ralentissement de la croissance économique rendent la situation des femmes et des filles particulièrement précaire.  À la veille de la Journée internationale de la femme, le 8 mars, le Groupe de la Banque mondiale a lancé une mise en garde, avertissant que si l’on ne cherche pas à y remédier, la crise financière pourrait inverser les progrès réalisés dans le domaine de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes, accroître la pauvreté et compromettre les chances de développement à venir — en particulier dans les pays d’Afrique subsaharienne.

 

« Il importe de protéger les femmes de cette crise, car ce sont elles qui seront parmi les plus touchés », déclare Mayra Buvinic, directrice sectorielle pour la parité hommes-femmes au Groupe de la Banque mondiale.  Mais il ne faut pas considérer les femmes uniquement comme des victimes.  Elles peuvent être des facteurs de changement.  En les considérant comme des acteurs économiques à part entière et en consentant un investissement à leur égard, on opte pour un moyen judicieux de reconstruire les économies du monde. »

 

« Au moment où les pays mettent en place leurs programmes de stimulation du développement, je ne saurais trop leur recommander de miser sur l’autonomisation économique des femmes », souligne Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de la Banque mondiale.  « Si nous faisons ce qu’il faut, nous sortirons de cette situation avec un mode de croissance plus sain et un processus plus rapide de développement et de réduction de la pauvreté. »

 

Les femmes et la crise financière

 

Les impacts de la crise sur chaque sexe sont notamment les suivants :

  • On estime que le choc financier causera entre 200 000 et 400 000 décès supplémentaires d’enfants en moyenne par an au cours de la période 2009-2015 – soit un total de 1,4 à 2,8 millions de plus de décès d’enfants si la crise persiste.  Ces chocs sont en outre plus préjudiciables aux filles qu’aux garçons : une baisse du PIB d’une unité entraîne un accroissement moyen de 7,4 décès pour 1 000 naissances chez les filles contre 1,5 décès pour 1 000 naissances chez les garçons
  • Les parents peuvent également décider d’avoir davantage d’enfants pour faire face à la dégradation des chances de survie des enfants, exposant de façon disproportionnée les mères aux risques liés à la grossesse.
  • Les filles des pays pauvres où le taux de scolarisation féminine est déjà faible sont particulièrement exposées au risque d’être retirées de l’école lorsque les familles voient leur revenu diminuer.
  • Le revenu des femmes des pays en développement risque de diminuer par suite des pertes d’emplois dans les secteurs exportateurs, du resserrement du microcrédit et/ou de la baisse des envois de fonds des travailleurs émigrés.

    - Dans certains pays comme le Nicaragua, le Bangladesh et les Philippines, les femmes sont en majorité dans les industries manufacturières d’exportation. 
    - Les femmes constituent la majorité de la clientèle des établissements de microcrédit (85 % des 93 millions de clients les plus pauvres de ces établissements en 2006).

  • La perte de revenu pour les femmes a des effets négatifs à long terme sur le niveau de vie des ménages pauvres, en raison de leur tendance à investir de préférence leurs maigres ressources dans le bien-être de leurs enfants et, par conséquent, dans leur développement futur.

Pour combattre les effets de la crise économique sur les femmes, le Groupe de la Banque mondiale recommande que les mesures à prendre tiennent compte du rôle des femmes en tant qu’agents économiques, car leur tendance à investir de préférence dans le bien-être de leurs enfants peut contribuer pour beaucoup à limiter les effets négatifs de la crise.  Les travaux publics et autres filets de sécurité, de même que les opérations du secteur financier, devraient avoir pour thème essentiel d’accroître les possibilités économiques offertes aux femmes pauvres.  En particulier, il conviendrait de capitaliser les institutions de microfinancement afin qu’elles continuent à offrir du crédit et d’autres services financiers aux emprunteurs pauvres, dont la plupart sont des femmes.

 

En 2009, le Plan d’action pour la promotion de la femme, programme du Groupe de la Banque mondiale visant à promouvoir l’autonomisation économique des femmes et l’égalité entre les sexes, affectera le gros de ses ressources financières, soit environ trois millions de dollars, à des actions propres à maximiser les revenus des femmes et à favoriser leur participation, surtout dans les pays où les femmes et les filles sont les plus exposées aux effets de la crise.  Cela inclut des efforts en vue d’intégrer la problématique hommes-femmes dans l’application du mécanisme de réponse à la crise alimentaire de 1,3 milliard de dollars, ainsi que dans le fonds d’aide aux pays vulnérables et ses investissements prioritaires dans des filets de sécurité, des infrastructures et des ressources financières pour le microcrédit et les PME.  L’IFC a déjà lancé un mécanisme de 500 millions de dollars pour soutenir des institutions de microfinancement dont les principaux bénéficiaires devraient être des femmes.  Les fonds du Plan d’action pour la promotion de la femme aideront également à la réalisation de travaux analytiques et des travaux d’analyse et de recherche qui s’imposent d’urgence en ce qui concerne les impacts à court terme de la crise sur les hommes et les femmes.

 

Pour en savoir plus sur l''action de la Banque mondiale pour l'égalité des genres, consultez le site de l'IDA : http://go.worldbank.org/O71VGAJG70
 




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