BRASILIA, le 25 mars 2009    â Un prĂȘt de la Banque mondiale a Ă©tĂ© approuvĂ© au dĂ©but du mois de mars en vue de financer des actions de politique environnementale au BrĂ©sil. Ce prĂȘt, dâun montant de 1,3 milliard de dollars, revĂȘt une signification dâautant plus importante quâil souligne la dĂ©termination du gouvernement brĂ©silien de prendre Ă bras le corps les problĂšmes environnementaux. Celui-ci entend effectivement, malgrĂ© la crise, promouvoir des politiques qui stimulent la croissance Ă©conomique tout en favorisant un dĂ©veloppement durable. Ce nouveau projet sâinscrit dans le cadre du partenariat actif et polyvalent entre la Banque mondiale et le BrĂ©sil en faveur de lâenvironnement, qui prĂ©voit aussi bien des travaux dâanalyse que des actions multisectorielles intĂ©grĂ©es et la mise en place de projets. Le dĂ©veloppement et les objectifs de cette nouvelle initiative pourraient servir dâexemple Ă dâautres pays confrontĂ©s Ă des dĂ©fis similaires. Une superpuissance environnementale Rares sont les pays oĂč lâĂ©cosystĂšme constitue un facteur aussi essentiel au dĂ©veloppement et au bien-ĂȘtre de la population. En effet, le BrĂ©sil abrite un tiers des forĂȘts tropicales humides de la planĂšte, le plus grand rĂ©servoir naturel dâeau douce (20 % des rĂ©serves mondiales) ainsi quâune savane recelant la plus importante biodiversitĂ© du monde. Une part importante de lâĂ©conomie brĂ©silienne est tributaire des ressources naturelles, qui sont utilisĂ©es comme intrants dans les activitĂ©s de production.    Incendies de forĂȘts - Parc national de Jamanxin. |
Cependant, le pays doit relever dâimportants dĂ©fis sâil veut renforcer lâexploitation durable de ses ressources naturelles. Au cours des 30 derniĂšres annĂ©es, le rythme de la dĂ©forestation a Ă©tĂ© de 19 000 km2 par an. Cette situation prĂ©occupante est le rĂ©sultat de pressions Ă©conomiques, de pratiques agricoles peu respectueuses de lâenvironnement, de droits de propriĂ©tĂ© mal dĂ©finis et dâune mauvaise application de la rĂ©glementation. La dĂ©forestation nuit au climat, accentue lâĂ©rosion des sols et menace la biodiversitĂ©. Le dĂ©boisement et les changements intervenant au niveau de lâutilisation des sols sont Ă lâorigine de 70 % des Ă©missions de CO2 du pays.
Toutefois, au cours des derniĂšres annĂ©es, le BrĂ©sil a considĂ©rablement amĂ©liorĂ© sa gestion environnementale au niveau national, des Ătats et local, en intĂ©grant les prĂ©occupations environnementales aux politiques sociales et Ă©conomiques. Le programme financĂ© par la Banque mondiale permettra dâassurer que ces initiatives Ă©cologiques et ces instruments Ă©conomiques fassent partie intĂ©grante de lâensemble des actions menĂ©es par le gouvernement.
Ce PrĂȘt Ă lâappui des politiques de dĂ©veloppement, dâun montant de 1,3 milliard de dollars, vise Ă aider le BrĂ©sil Ă atteindre des objectifs de dĂ©veloppement durable indissociables de sa croissance Ă©conomique. Ces objectifs incluent notamment le dĂ©veloppement durable de la forĂȘt amazonienne, lâadaptation au changement climatique et la gestion du secteur de lâeau. De plus, la Banque brĂ©silienne de dĂ©veloppement (BNDES), qui octroie chaque annĂ©e plus de 40 milliards de dollars sous forme de prĂȘts, interviendra dans le cadre de nouvelles mesures et de nouveaux critĂšres de protection de lâenvironnement. « Le BrĂ©sil est une superpuissance environnementale. Par consĂ©quent, il doit relever de nombreux dĂ©fis afin de renverser la tendance actuelle qui est Ă lâutilisation non-durable des ressources naturelles. Ceci est particuliĂšrement vrai Ă lâheure oĂč le monde est confrontĂ© Ă une crise financiĂšre internationale qui pourrait avoir des consĂ©quences environnementales et sociales », affirme Makhtar Diop, directeur-pays pour le BrĂ©sil. « Le BrĂ©sil sâest rendu compte que la destruction de lâenvironnement a un coĂ»t socio-Ă©conomique Ă©levĂ©. Une bonne coordination des politiques et des procĂ©dures au sein du systĂšme de gestion environnementale, ainsi quâun engagement accru du secteur financier en faveur de la viabilitĂ© Ă long terme sont des Ă©lĂ©ments essentiels. Ils permettront que les actions et les investissements rĂ©alisĂ©s dans ce secteur aboutissent Ă une croissance durable du point de vue environnemental et profitant Ă tous sur le plan social », ajoute M. Diop.
Ce prĂȘt est lâun des plus importants jamais accordĂ©s en faveur de la protection de lâenvironnement. Il sâagit Ă©galement du premier projet de la Banque mondiale qui ait Ă©tĂ© Ă©largi de maniĂšre Ă inclure des programmes organisĂ©s dans diffĂ©rents secteurs, afin dâamĂ©liorer la mise en Ćuvre du projet dans son ensemble. Pour le BrĂ©sil, il sâagit par ailleurs du premier projet associant de façon efficace le gouvernement, le secteur privĂ© et les instruments Ă©conomiques, faisant ainsi des facilitĂ©s de financement une partie intĂ©grante de la stratĂ©gie de gestion de lâenvironnement adoptĂ©e par le gouvernement. Ce projet pourrait sâavĂ©rer utile Ă dâautres pays dâ Afrique ou dâ Asie confrontĂ©s Ă des dĂ©fis sociaux et environnementaux similaires.. La Banque et lâenvironnement au BrĂ©sil Le soutien apportĂ© par la Banque mondiale tient compte du contexte et des problĂšmes environnementaux spĂ©cifiques du BrĂ©sil. Le Programme consacrĂ© aux zones protĂ©gĂ©es de lâAmazonie contribue efficacement Ă ce que la biodiversitĂ© soit prĂ©servĂ©e sur 50 millions dâhectares de la rĂ©gion amazonienne dâici Ă 2013. En partenariat avec la communautĂ© internationale, le Programme pilote de prĂ©servation de la forĂȘt humide brĂ©silienne a dâores et dĂ©jĂ dĂ©limitĂ© plus de 45,5 millions dâhectares de terres occupĂ©es par des populations indigĂšnes, et parrainĂ© plus de 200 projets visant Ă tester de nouveaux modĂšles de protection de la forĂȘt humide.
Le travail de conseil rĂ©cemment effectuĂ© soutient les efforts accomplis par le pays pour dĂ©velopper de façon efficace et durable un ensemble dâ Ă©nergies propres dans le secteur de lâhydroĂ©lectricitĂ©, des biocarburants et dâune Ă©conomie Ă faible Ă©mission de carbone.  |