- Les perspectives économiques mondiales demeurent trÚs incertaines : la production et le commerce sont en perte de vitesse, les flux de capitaux vers les pays en développement seront trÚs limités en 2009 et le prix du baril de pétrole devrait se situer entre 40 et 50 dollars pour la période 2009-2010.
- Par consĂ©quent, le PIB rĂ©el de la Russie devrait chuter de 4,5 % cette annĂ©e, contre une croissance de 5,6 % en 2008. Le budget de lâĂtat, excĂ©dentaire en 2008, affichera un dĂ©ficit considĂ©rable en 2009.
- Le chĂŽmage pourrait atteindre 12 % dâici la fin de lâannĂ©e, et la crise menace de saper en partie les avancĂ©es considĂ©rables qui ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es ces derniĂšres annĂ©es en matiĂšre de rĂ©duction de la pauvretĂ©.
Le lundi 30 mars 2009 â Le bureau de la Banque mondiale Ă Moscou a rendu public son 18Ăšme Rapport Ă©conomique sur la Russie, Ă lâoccasion dâune confĂ©rence de presse qui sâest tenue dans la capitale russe.  « Bien que le pays ait Ă©tĂ© durement touchĂ©, la politique budgĂ©taire de relance mise en Ćuvre par la Russie sâest avĂ©rĂ©e plus consĂ©quente que celle de nombreux pays du G-20, dĂ©passant mĂȘme la barre des 2 % du PIB recommandĂ©e au niveau international. Une part plus importante du plan de relance devrait dĂ©sormais ĂȘtre destinĂ©e aux foyers les plus vulnĂ©rables. » Klaus Rohland Directeur-pays pour la Russie Klaus Rohland, directeur-pays pour la Russie, a prĂ©sidĂ© lâĂ©vĂ©nement. Zeljko Bogetic, Ă©conomiste principal, coordinateur du RĂ©seau pour la lutte contre la pauvretĂ© et pour la gestion Ă©conomique (PREM) pour la Russie, chef dâĂ©quipe et auteur principal du rapport a prĂ©sentĂ© la nouvelle publication, accompagnĂ© par lâĂ©quipe composĂ©e des Ă©conomistes Karlis Smits, Sergey Ulatov, Marco Hernandez et Olga Emelyanova. Marina Vasilieva, chargĂ©e de communication senior, sâest occupĂ©e de la prĂ©paration de lâĂ©vĂ©nement, de la communication et de la stratĂ©gie de diffusion post-lancement. Les principaux mĂ©dias et agences de presse russes et Ă©trangers ont assistĂ© Ă lâĂ©vĂ©nement.    « MalgrĂ© des conditions Ă©conomiques et sociales difficiles, la Russie est aujourdâhui mieux prĂ©parĂ©e quâauparavant Ă contrecarrer les effets de la crise, grĂące Ă la politique budgĂ©taire prudente adoptĂ©e par son gouvernement et aux vastes rĂ©serves fiscales dont elle dispose. Toutefois, une rĂ©ponse politique davantage axĂ©e sur le soutien aux mĂ©nages serait bĂ©nĂ©fique sur tous les plans, permettant Ă la fois dâamortir lâimpact social de la crise et de soutenir la consommation intĂ©rieure. » Zeljko Bogetic Ăconomiste principal Ă la Banque mondiale pour la Russie « La Banque mondiale a toujours Ă©tĂ© un partenaire important pour la Russie, mĂȘme si notre collaboration a Ă©voluĂ© au fil du temps : nous sommes passĂ©s dâune aide financiĂšre dans les annĂ©es 1990 Ă une assistance aujourdâhui davantage tournĂ©e vers lâapport de connaissances et le conseil, correspondant mieux aux besoins actuels des grands pays en dĂ©veloppement Ă revenu intermĂ©diaire tels que la Russie », a affirmĂ© Klaus Rohland directeur-pays pour la Russie Ă la Banque mondiale. « Ces rapports Ă©conomiques sont la clĂ© de voĂ»te du travail dâanalyse que nous effectuons rĂ©guliĂšrement pour suivre les dĂ©veloppements Ă©conomiques et analyser les politiques mises en place en Russie. Nous espĂ©rons que notre analyse des politiques, fondĂ©e sur des faits et des Ă©lĂ©ments concrets, contribuera modestement Ă alimenter le dĂ©bat politique et, in fine, Ă mieux orienter les choix politiques de la FĂ©dĂ©ration de Russie ». Concernant le rapport, M. Rohland a fait remarquer quâil avait Ă©tĂ© rĂ©digĂ© « au moment oĂč lâĂ©conomie mondiale traverse de fortes turbulences. Il aborde les difficultĂ©s qui sâannoncent, mais montre Ă©galement la lumiĂšre au bout du tunnel et Ă©voque la politique budgĂ©taire avisĂ©e qui a Ă©tĂ© mise en place jusquâĂ prĂ©sent, ainsi que les rĂ©ponses politiques qui pourraient ĂȘtre adoptĂ©es Ă lâavenir pour amortir les effets de la crise sur la population russe ».    ConfĂ©rence de presse du 18Ăšme Rapport Ă©conomique sur la Russie « Il sâagit dâune crise planĂ©taire. Aucun pays nâest Ă©pargnĂ©, et la Russie nâĂ©chappe pas Ă la rĂšgle », a dĂ©clarĂ© Zeljko Bogetic, Ă©conomiste principal pour la Russie et auteur principal du rapport. « MalgrĂ© des conditions Ă©conomiques et sociales difficiles, la Russie est aujourdâhui mieux prĂ©parĂ©e quâauparavant Ă contrecarrer les effets de la crise, grĂące Ă la politique budgĂ©taire prudente adoptĂ©e par son gouvernement et aux vastes rĂ©serves fiscales dont elle dispose. Ainsi, bien que le pays soit confrontĂ© Ă une forte baisse de la croissance, la politique budgĂ©taire de relance mise en Ćuvre par la Russie sâest avĂ©rĂ©e plus consĂ©quente que celle de nombreux pays du G-20, dĂ©passant mĂȘme la barre des 2 % du PIB recommandĂ©e au niveau international », a ajoutĂ© M. Bogetic. Il sâest dâautre part exprimĂ© sur les rĂ©ponses politiques qui pourraient ĂȘtre adoptĂ©es Ă lâavenir dans ce contexte de crise : « LâaccĂ©lĂ©ration de lâimpact social de la crise, câest-Ă -dire lâaugmentation rapide du chĂŽmage et de la pauvretĂ©, nĂ©cessite que lâon accorde une plus grande importance aux mesures de protection sociale sur le court terme, afin dâamortir les effets de la rĂ©cession sur les populations pauvres et vulnĂ©rables. Par ailleurs, les investissements en faveur des petites et moyennes entreprises et des principaux goulots dâĂ©tranglement au niveau des infrastructures contribueront, sur le long terme, au redressement et Ă la diversification de lâĂ©conomie ». ĂlĂ©ments principaux du rapport - Le rapport souligne quâil sâagit de la premiĂšre rĂ©cession qui touche lâensemble de la planĂšte depuis la Seconde Guerre mondiale, caractĂ©risĂ©e par une baisse simultanĂ©e de la production et du commerce et par une forte chute de la production et de la fabrication industrielles. Les effets de cette crise sâavĂšrent bien plus Ă©tendus et profonds quâon ne lâavait prĂ©vu. Les perspectives mondiales demeurent trĂšs incertaines : la production et le commerce devraient ĂȘtre en perte de vitesse Ă lâĂ©chelle mondiale en 2009 et les flux de capitaux vers les pays en dĂ©veloppement connaĂźtre une importante diminution. Le cours du baril de pĂ©trole devrait se maintenir entre 40 et 50 dollars pour la pĂ©riode 2009-2010. Une reprise de la production mondiale peut ĂȘtre envisagĂ©e pour 2010, mais le redressement Ă©conomique sâannonce lent et progressif. La crise mondiale se rĂ©vĂ©lant bien plus profonde quâon ne lâavait imaginĂ©, le triple choc auquel se trouve confrontĂ©e la Russie (effondrement du cours du pĂ©trole, fuite des capitaux et nette dĂ©tĂ©rioration des conditions de crĂ©dit sur les marchĂ©s extĂ©rieurs) dĂ©passe largement en gravitĂ© les prĂ©visions faites il y a seulement quelques mois. - Le PIB rĂ©el de la Russie risque donc de se contracter de 4,5 % en 2009, soit une forte dĂ©cĂ©lĂ©ration par rapport aux 5,6 % de croissance enregistrĂ©s en 2008. Par consĂ©quent, le budget de lâĂtat, excĂ©dentaire en 2008, affichera un dĂ©ficit considĂ©rable en 2009. Le chĂŽmage pourrait atteindre 12 % dâici la fin de lâannĂ©e, alors que la Russie connaissait le plein emploi en septembre 2008. De plus, la crise menace de saper en partie les avancĂ©es considĂ©rables qui ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es ces derniĂšres annĂ©es en matiĂšre de rĂ©duction de la pauvretĂ©. Si aucune autre mesure spĂ©cifique nâest mise en Ćuvre, la crise pourrait entraĂźner 2,75 millions de Russes dans la pauvretĂ©. La vulnĂ©rabilitĂ© structurelle du pays nâa fait quâaccentuer les effets de la rĂ©cession : forte dĂ©pendance vis-Ă -vis des secteurs pĂ©trolier et gazier, base industrielle Ă©troite et secteur des petites et moyennes entreprises limitĂ©. - La politique budgĂ©taire mise en Ćuvre jusquâĂ prĂ©sent, reflĂ©tant les premiers effets de la crise, visait moins Ă soutenir les mĂ©nages que le secteur financier et les entreprises. Mais lâimpact social prenant dĂ©sormais de lâampleur, la politique budgĂ©taire devrait ĂȘtre davantage destinĂ©e Ă amortir les effets de la rĂ©cession sur les populations pauvres et vulnĂ©rables. DâaprĂšs les premiĂšres estimations, si la Russie augmentait lĂ©gĂšrement et de façon temporaire (dâenviron 1 % du PIB) les ressources allouĂ©es aux trois programmes de protection sociale (allocations familiales, indemnitĂ©s chĂŽmage et prestations de retraite en faveur des plus dĂ©munis) qui ciblent les groupes les plus vulnĂ©rables et les plus exposĂ©s Ă la pauvretĂ©, elle pourrait considĂ©rablement allĂ©ger le fardeau qui pĂšse sur les populations pauvres et apaiser les tensions sociales, en particulier dans les rĂ©gions les plus touchĂ©es par la crise. - Par ailleurs, lâĂ©limination des goulots dâĂ©tranglement majeurs au niveau des infrastructures et le soutien apportĂ© aux petites et moyennes entreprises, grĂące Ă un lĂ©ger appui supplĂ©mentaire durant la crise, contribueront au redressement de lâĂ©conomie, entraĂźnant mĂȘme des effets positifs sur la croissance et la diversification Ă moyen terme. - Sur le long terme, il est primordial dâaccĂ©lĂ©rer les rĂ©formes structurelles destinĂ©es Ă diversifier la croissance, afin de favoriser la reprise de lâemploi, de faire remonter les revenus des classes moyennes et de rĂ©duire la pauvretĂ© dans son ensemble. Mais il est primordial de renforcer lâefficacitĂ© des politiques sociales et rĂ©gionales si lâon entend sâattaquer Ă la pauvretĂ© chronique et diminuer la vulnĂ©rabilitĂ© Ă la pauvretĂ©. |