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Davantage d'opportunités pour les populations pauvres en Amérique latine

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17 avril 2009 — La maison de Socorro Palma, à San Felipe Teotlal, dans l’État mexicain oriental de Puebla, est certes petite mais bien éclairée. Elle sert de foyer à ses sept jeunes enfants et abrite également plusieurs poules qui soulèvent des nuages de poussière à chaque fois qu’elles entrent ou sortent.

Bien que cette maison soit modeste, ses occupants ont de grandes ambitions.

 

Tous les enfants de Socorro vont à l’école, ils sont studieux et ont de bons résultats. Socorro elle-même, qui en tant que fille n’a pas pu aller au bout de ses études, a commencé à suivre des cours du soir.

 

Socorro attribue cette réussite à Oportunidades (Opportunités). Ce programme d’aide de la Banque mondiale a attribué des bourses à cinq de ses enfants et leur a offert la possibilité d’être soignés lorsqu’ils sont malades.

 

« Chaque mois, nous recevons également de l’argent qui sert à nous dépanner », raconte Socorro.

 

A l’image de Socorro, plus de cinq millions de familles mexicaines à faible revenu perçoivent une aide qui leur permet d’avoir accès à une meilleure éducation et aux services de santé. Un soutien particulièrement important dans ce contexte de crise économique qui s’étend et qui menace directement les progrès sociaux réalisés ces dernières années.

 

Le programme a récemment reçu 1,5 milliard de dollars de fonds supplémentaires de la Banque mondiale, garantissant ainsi une aide à 25 millions de personnes, soit un quart de la population du Mexique.

 

Dans cette région du monde, la Banque apporte une aide de 3 milliards de dollars destinée à développer les filets de protection sociale, grâce à des programmes qui portent des noms différents mais qui reposent tous sur le même principe : plus connus sous le nom de "transferts conditionnels en espèces", ces programmes fournissent aux familles pauvres une aide financière et des services de base, à condition que leurs enfants aillent effectivement à l’école et qu’ils bénéficient de soins sanitaires et d’une alimentation appropriés.

 

En Colombie, Familias en Acción (Familles en action) apporte son soutien à 1,7 million de familles, tandis que Bolsa Familia (Sac familial) en prend en charge 11,2 millions. Enfin, au Pérou, Juntos (Ensemble) est en train d’être renforcé afin de développer ses services, qui aident des milliers de familles rurales à surmonter leurs problèmes.

 

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Socorro va de l'avant grâce au programme Oportunidades.

Ces programmes se sont avérés très bénéfiques pour le développement des enfants concernés. Selon les responsables du projet, la fréquentation scolaire a augmenté de plus de 30% et les taux d’abandon de la scolarité ont chuté considérablement.

 

Même si ces résultats parlent d’eux-mêmes, des experts insistent sur le fait que ces programmes doivent être soutenus et développés, car selon des estimations de la Banque mondiale, quatre millions de personnes pourraient tomber dans la pauvreté à cause de la crise financière.

 

« Nous avons pris beaucoup d’initiatives afin d’atténuer les conséquences les plus néfastes de la crise au sein des populations les plus vulnérables, affirme Axel van Trotsenburg, Directeur pour le Mexique et la Colombie à la Banque mondiale.

 

A cause de la crise, le chômage augmente rapidement dans la région. Rien qu’au Mexique, le chômage a progressé d’1% en avril, pour atteindre 5,3%. Dans d’autres pays, les travailleurs se tournent vers le secteur informel, suivant ainsi une tendance classique dans cette région où en temps de crise, les emplois disparaissent. 

 

Par conséquent, les familles manquent de ressources financières pour fournir à leurs enfants les services dont ils ont besoin et il est courant que les enfants soient retirés de l’école pour qu’ils rapportent des revenus supplémentaires au foyer.

 

Les programmes tels qu’Oportunidades (Opportunités) cherchent à empêcher ces départs précoces de l’école, qui selon Emiliana Vegas, spécialiste des questions d’éducation à la Banque mondiale, peuvent réellement porter tort à l’enfant. Dans de récents travaux, Emiliana Vegas insiste sur l’importance de l’éducation précoce comme outil de développement.

 

Elle entend démontrer que l’école est un investissement à long terme que les parents doivent respecter à tout prix. « Lorsqu’on interrompt la scolarité, explique Emiliana Vegas, cela provoque un important retard dans le développement psychologique et cognitif de l’enfant. C’est pourquoi les programmes de transfert conditionnel d’argent sont impérativement liés à l’accès des enfants à l’éducation et aux soins de santé ».

 

Les chiffres renforcent ses arguments. Depuis qu’Oportunidades a été créé au Mexique il y a plus de dix ans, les taux d’inscription au lycée ont augmenté de 33% tandis que les taux d’interruption de la scolarité y chutaient de 20%.

 

En même temps, les consultations préventives de santé, indispensables pour combattre les maladies, ont progressé de 35% dans tout le pays. Par ailleurs, dans les zones rurales, les enfants ont été malades, en moyenne, 70 jours de moins dans l'année. En Colombie, les inscriptions scolaires ont grimpé de 5 à 7%, selon Theresa Jones, de l’équipe sur la protection sociale de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

 

En allant à l’école et en obtenant de bons résultats, les enfants gagnent en estime de soi et en satisfaction personnelle et ils n’en sont que plus motivés. Et les sentiments des enfants sont contagieux.

 

« Mes enfants adorent aller à l’école. Cela leur plaît tellement que j’ai moi-même décidé d'y retourner, affirme fièrement Socorro Palma, car en tant que mère, je dois servir de modèle ».

 

Après tout, peu de mères connaîtront la même satisfaction que Socorro : assister à la remise des diplômes de ses enfants sur l’estrade où elle-même espère recevoir son propre diplôme.

(a) indique une page en anglais.





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