Personnes à contacter : Washington: Merrell Tuck-Primdahl [+1] 202 473 9516 Mtuckprimdahl@worldbank.org Kavita Watsa [+1] 202 458 8810 Kwatsa@worldbank.org WASHINGTON, 24 avril 2009 — La crise financière mondiale compromet la réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) à l’horizon 2015 et crée une situation d’urgence en matière de développement, selon un rapport de la Banque mondiale et du FMI publié aujourd’hui. La plupart des huit objectifs arrêtés au niveau mondial ont peu de chances d’être atteints, notamment ceux concernant la faim, la mortalité infantile et maternelle, l’éducation et la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et d’autres grandes maladies. Le Rapport de suivi mondial 2009 : Une crise du développement alerte l’opinion contre les nombreux risques que fait peser la crise, même s’il devrait être encore possible, selon les projections actuelles, d’atteindre le premier objectif - réduire de moitié, entre 1990 et 2015, le nombre de personnes vivant dans la misère. Selon les dernières estimations, le nombre de personnes vivant dans la misère risque d’augmenter en 2009 dans plus de la moitié des pays en développement, proportion qui sera probablement encore plus élevée dans les pays à faible revenu et en Afrique subsaharienne — les deux tiers et les trois quarts, respectivement. Selon les estimations, la récession mondiale va acculer 55 à 90 millions de personnes supplémentaires à la misère en 2009 et le nombre de personnes qui ne mangent pas à leur faim dépassera le cap du milliard, ce qui réduit à néant les progrès accomplis dans la lutte contre la malnutrition et souligne l’urgence d’investir dans l’agriculture. « Toutes les grandes régions étant frappées simultanément par la récession, il est à prévoir que la reprise sera lente et difficile dans de nombreux pays. Le problème de la pauvreté se pose donc avec une acuité et une urgence encore plus grandes », déclare John Lipsky, directeur général adjoint du FMI. La crise touchera tous les pays en développement au cours des deux prochaines années : recul des exportations, baisse des prix, contraction de la demande intérieure, diminution des envois de fonds sur salaires et de l’investissement, limitation de l’accès au crédit et fonte des revenus. Selon les nouvelles projections du FMI, la croissance dans les pays en développement va ralentir à 1,6 % en 2009, après avoir atteint 8,1 % en moyenne durant la période 2006-07, tandis que la production mondiale devrait se contracter de 1,3 % cette année. « Le monde a fait un grand pas en arrière en termes de richesse et de stabilité financière », indique Justin Yifu Lin, économiste en chef à la Banque mondiale. « Des millions de travailleurs vont perdre leur emploi en 2009 et il est impératif de mobiliser d’urgence des ressources en faveur des programmes de protection sociale, des infrastructures et des petites entreprises dans les pays pauvres afin d’assurer une reprise durable. » Le Rapport de suivi mondial ajoute que, s’il importe d’accorder une attention particulière aux programmes et aux services de protection sociale des pauvres et des groupes vulnérables contre les effets immédiats de la crise, il est également essentiel d’accélérer la réalisation des objectifs de développement humain, notamment dans le domaine de la santé où les perspectives sont les plus sombres. « Face à la crise, la communauté internationale doit réaffirmer sa volonté de tenir la promesse des ODM, et il est encore plus pressant de renforcer les programmes de santé et d’éducation essentiels, tels que la lutte contre les grandes maladies comme le VIH/sida et le paludisme, ainsi que les systèmes de santé et l’Initiative pour l’accélération de l’éducation pour tous », explique Zia Qureshi, auteur principal du rapport et conseiller auprès de la Banque mondiale. REDOUBLER D’EFFORTS POUR FAIRE FACE À UNE SITUATION D’URGENCE DANS LE DOMAINE DU DÉVELOPPEMENT – FAITS ET CHIFFRES - Les entrées nettes de capitaux privés dans les pays en développement sont en chute libre et pourraient afficher en 2009 un recul de plus de 700 milliards de dollars par rapport au chiffre record enregistré en 2007.
- Pour combler les déficits de financement qui se creusent dans les pays en développement, les dirigeants du G-20 ont décidé le 2 avril 2009 de soutenir un triplement des ressources du FMI, à 750 milliards de dollars. Ils ont également soutenu une allocation générale de droits de tirage spéciaux équivalant à 250 milliards de dollars, dont 100 milliards iront directement aux pays en développement (19 milliards aux pays à faible revenu). La capacité de prêts concessionnels du FMI au profit des pays pauvres sera doublée.
- Le G-20 a soutenu une augmentation des prêts des banques multilatérales de développement de 100 milliards de dollars à 300 milliards de dollars sur les trois prochaines années. Il soutiendra le Cadre de lutte contre la pauvreté de la Banque mondiale, qui fournit des financements aux projets d’infrastructure, aux programmes de protection sociale et aux petites et moyennes entreprises.
- L’aide publique au développement consentie par les membres du Comité d’aide au développement de l’OCDE a augmenté de 10 % environ en termes réels en 2008, inversant la tendance observée en 2006 et 2007. S’il faut se féliciter de cette augmentation, l’aide fournie en 2008 est restée inférieure de 29 milliards de dollars à l’objectif arrêté à Gleneagles, qui est d’atteindre 130 milliards de dollars par an d’ici à 2010, et l’aide aux pays d’Afrique subsaharienne a été inférieure de quelque 20 milliards de dollars à l’objectif de 50 milliards de dollars par an.
- En 2005, 1,375 milliard de personnes vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour dans les pays en développement, soit 25 % de la population. Le premier objectif retenu dans la déclaration du Millénaire est de réduire de moitié le taux de pauvreté, de 41,7 % en 1990 à 20,9 % d’ici à 2015. Selon les projections, la proportion de personnes vivant dans la misère devrait être ramenée à 15 % d’ici à 2015 et l’objectif devrait donc être atteint, mais la situation risque de changer du fait que la contraction de la croissance ralentit le taux de réduction de la pauvreté. L’Afrique subsaharienne n’atteindra pas l’objectif 1.
- Pour atteindre les objectifs du Millénaire concernant la santé et l’éducation, il importe de renforcer les filets de protection sociale, d’accroître l’aide fournie par les donateurs, d’améliorer l’efficacité des dépenses et de mobiliser une plus grande participation du secteur privé. En Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, le secteur privé (y compris les organisations de la société civile) assure la moitié des services de santé maternelle, procréative et infantile visés par les ODM. En Asie du Sud, 30 % de l’enseignement primaire et secondaire est dispensé par des établissements privés.
- Alors que les pays en développement ont besoin de quelque 900 milliards de dollars par an (soit entre 7 et 9% de leur PIB) pour entretenir leurs infrastructures et entreprendre de nouveaux projets, les dépenses réelles représentent à peine la moitié de ce montant. Le déficit de financement pour les nouveaux projets d’infrastructure a augmenté de près de 20 milliards de dollars par an, à mesure que les perspectives de financement privé s’amenuisent. C’est pourquoi la Banque mondiale met sur pied un nouveau programme d’appui aux infrastructures existantes et nouvelles qui pourrait dégager un minimum de 15 milliards de dollars par an sur les trois prochaines années pour aider les pays en développement et jeter les bases d’un redressement rapide au sortir de la crise économique mondiale.
- Afin de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, il faudra investir entre 150 et 200 milliards de dollars de plus par an sur la période 2010-20, et 400 milliards de plus par an en moyenne au-delà , pour lutter contre les changements climatiques dans les pays en développement, selon les dernières estimations.
- Il est impératif que les membres du G-20 tiennent leur promesse de s’abstenir de toute mesure protectionniste, compte tenu du fait que plusieurs d’entre eux n’ont pas honoré l’engagement pris en novembre 2008.
- S’agissant de la pénurie de liquidités pour le commerce international, les membres du G-20 sont convenus en avril 2009 de garantir la disponibilité d’au moins 250 milliards de dollars pour financer le commerce sur les deux ans à venir par l’intermédiaire de leurs agences de crédit à l’exportation et d’investissement ainsi que des banques multilatérales de développement, dont un apport à hauteur de 50 milliards de dollars de liquidités pour aider le commerce au cours des trois années à venir, grâce au nouveau pool de liquidités de la Société financière internationale pour le commerce mondial.
Le rapport et les documents connexes (notamment les mises à jour sur les progrès accomplis vers la réalisation des ODM) sont disponibles à l'adresse suivante: Rapport de suivi mondial 2009. L'aperçu (pdf) du rapport est disponible en français. Pour le visualiser cliquez ci-dessous : http://siteresources.worldbank.org/INTGLOMONREP2009/Resources/GMR2009-French_ovw.pdf |