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La crise mondiale replonge quelque 35 millions d'habitants d'Europe et d'Asie centrale dans la pauvreté et la vulnérabilité

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Communiqué de presse n°:2009/323/ECA

Contacts :
Kristyn Schrader [+1] 202 458 2736
Kschrader@worldbank.org 
Michael Jones [+1] 202 473 2588
mjones2@worldbank.org

WASHINGTON, 24 avril 2009 — AprĂšs une dĂ©cennie marquĂ©e par une forte croissance et un recul de la pauvretĂ©, les pays d’Europe orientale et d’Asie centrale voient maintenant la crise Ă©conomique et financiĂšre mondiale contraindre prĂšs de 35 millions de gens Ă  la pauvretĂ© et Ă  la vulnĂ©rabilitĂ©, soit environ un tiers de ceux qui Ă©taient parvenus Ă  s’en extraire dans les dix derniĂšres annĂ©es, a aujourd’hui dĂ©clarĂ© la Banque mondiale Ă  l’habituelle sĂ©ance d’information sur l’économie rĂ©gionale des rĂ©unions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monĂ©taire international.

Environ 90 des 480 millions d’habitants que compte la rĂ©gion, soit quelque 18 % de la population, sont parvenus Ă  s’arracher Ă  la pauvretĂ© et Ă  la vulnĂ©rabilitĂ© depuis 1999. Toutefois, ces avancĂ©es sont aujourd’hui fragilisĂ©es par la crise financiĂšre. On considĂšre actuellement qu’environ 40 % de ces 480 millions d’habitants sont toujours pauvres ou vulnĂ©rables . Le nombre de gens entrant dans cette catĂ©gorie devrait cependant augmenter dans l’ensemble de la rĂ©gion, avec une hausse de quelque 5 millions de personnes pour chaque point de pourcentage perdu par le PIB. À la fin de 2009, la pauvretĂ© et la vulnĂ©rabilitĂ© devraient s’ĂȘtre aggravĂ©es de 5 %, ce qui reprĂ©sente environ 25 millions de victimes de plus. Ce chiffre devrait encore s’accroĂźtre de 10 millions pour s’établir Ă  un total de 35 millions de personnes d’ici la fin de 2010.

« Une crise humanitaire se prĂ©pare dans la rĂ©gion Europe et Asie centrale, » a dĂ©clarĂ© Shigeo Katsu, vice-prĂ©sident de la Banque mondiale pour la RĂ©gion Europe et Asie centrale. « Dix mois aprĂšs le dĂ©but de la crise, les avancĂ©es marquĂ©es par les pays dans la lutte contre la pauvretĂ© au cours des dix derniĂšres annĂ©es ont commencĂ© Ă  s’évaporer. À la fin de 2010, il se pourrait hĂ©las que l’on voit encore 35 millions de gens sombrer de nouveau dans les griffes de la pauvretĂ© et de la vulnĂ©rabilitĂ©. C’est lĂ  une crise humanitaire qui passe globalement inaperçue dans les discours sur la crise financiĂšre et Ă©conomique mondiale. »

L’Europe et l’Asie centrale sont durement touchĂ©es

De nombreux pays d’Europe et d’Asie centrale Ă©taient en position de vulnĂ©rabilitĂ© au dĂ©marrage de la crise. Des dĂ©ficits assez Ă©levĂ©s du solde extĂ©rieur courant, un fort endettement extĂ©rieur, une croissance fulgurante du crĂ©dit et une explosion de la consommation financĂ©e par des emprunts en devises Ă©trangĂšres ont engendrĂ© une situation de vulnĂ©rabilitĂ© en Europe centrale et orientale, dans les pays de la Baltique et dans certains pays de la CommunautĂ© des États indĂ©pendants (CEI). Par ailleurs, la plongĂ©e des prix des produits de base a brutalement figĂ© la croissance des grandes puissances Ă©conomiques de l’est de la rĂ©gion (Russie et Kazakhstan, par exemple) et a durement frappĂ© les rĂ©gions moins bien pourvues de la CEI.

Pour toutes ces raisons, les pays de la rĂ©gion Europe et Asie centrale ont Ă©tĂ© touchĂ©s de maniĂšre assez prĂ©coce et plus gravement que les pays en dĂ©veloppement d’autres rĂ©gions. Les effets de la crise se font tout particuliĂšrement fait sentir au travers de trois mĂ©canismes essentiels de transmission : les marchĂ©s financiers, les marchĂ©s des produits et le marchĂ© du travail. Dans le secteur financier, les risques de refinancement dans les pays affichant d’importants dĂ©ficits des comptes courants et une volatilitĂ© sur les marchĂ©s des devises ont gĂ©nĂ©rĂ© un climat de forte incertitude. La production industrielle est en baisse, certains pays accusant un recul Ă  deux chiffres au dĂ©but de 2009 par rapport Ă  l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Le chĂŽmage est en augmentation, avec des pertes d’emplois sans prĂ©cĂ©dent dans certains pays tandis que dans d’autres, le taux de chĂŽmage devrait passer Ă  deux chiffres dans un avenir proche. Cette situation est particuliĂšrement prĂ©occupante pour les pays qui dĂ©pendent des envois de fonds (Albanie, Moldova et Tadjikistan, par exemple). Ainsi, de rĂ©centes simulations pour le Tadjikistan montrent qu’une diminution probable de 30 % des envois de fonds pourrait se traduire par une hausse de cinq points de pourcentage du nombre de gens vivant dans la pauvretĂ©.

Ce qui attend la région

La derniĂšre dĂ©cennie a Ă©tĂ© faste pour la rĂ©gion. Soutenu par les Ă©changes internationaux et les flux de financement et de main-d’Ɠuvre, le PIB de la rĂ©gion s’est accru de deux tiers par rapport Ă  son niveau de 2000. Toutefois, cette croissance se rĂ©vĂšle aujourd’hui non viable. La chute de la production a pris des proportions catastrophiques. Les prĂ©visions de croissance Ă©conomique mondiale pour 2009 ont Ă©tĂ© considĂ©rablement revues Ă  la baisse, les plus sĂ©vĂšres corrections concernant la croissance en Europe et en Asie centrale. Compte tenu de l’expĂ©rience passĂ©e, ces prĂ©visions pourraient toutefois ĂȘtre encore trop optimistes. De plus, sur la base d’hypothĂšses raisonnables pour le crĂ©dit extĂ©rieur et les flux d’investissements, les besoins de financement de la rĂ©gion pourraient atteindre les 300 milliards de dollars.

« Cette crise sera plus profonde que prĂ©vu, et les prĂ©visions pour l’Europe orientale et l’Asie centrale pourraient encore ĂȘtre trop optimistes, » a dĂ©clarĂ© Indermit Gill, l’économiste en chef de la RĂ©gion Europe et Asie centrale. « Les prĂ©cĂ©dentes crises ont montrĂ© qu’il faut du temps avant que les flux de capitaux retrouvent leurs niveaux d’avant la crise ; les ajustements nĂ©cessaires sont donc aujourd’hui encore plus vastes que prĂ©vu. En outre, on peut s’attendre Ă  ce que cette crise change la face de la rĂ©gion : Ă  la sortie de la crise, les taux de croissance seront probablement bien plus bas qu’au prĂ©alable. »

Ce qu’il faut faire

« En s’attachant Ă  prĂ©server les emplois, Ă  protĂ©ger la population et Ă  stabiliser le secteur financier, les pays peuvent attĂ©nuer l’impact de la crise et s’assurer une meilleure position pour redĂ©marrer a posteriori, » a indiquĂ© Shigeo Katsu.

L’action sociale doit ĂȘtre une prioritĂ© pour la rĂ©gion. Dans de nombreux pays d’Europe orientale et d’Asie centrale, les effets de deux annĂ©es de flambĂ©e des prix alimentaires, d’énergie coĂ»teuse et de marasme Ă©conomique mondial se sont conjuguĂ©s Ă  d’autres chocs, tels que les catastrophes naturelles et l’instabilitĂ© politique. Les rĂ©percussions de ces crises ont entamĂ© les recettes publiques et mis Ă  mal les dĂ©penses sociales et les rĂ©gimes de retraite alors que la demande des allocations de chĂŽmage et d’autres prestations augmente.

Il est indispensable de maintenir l’ouverture du marchĂ© du travail, mais cela ne suffit pas. La plupart des pays de la RĂ©gion Europe et Asie centrale consacrent des sommes importantes Ă  la protection sociale et disposent des mĂ©canismes nĂ©cessaires pour mieux cibler l’assistance aux pauvres et aux personnes vulnĂ©rables. Les programmes d’assistance sociale et d’aide aux chĂŽmeurs ont totalement leur place aux cĂŽtĂ©s des mĂ©canismes de riposte Ă  la crise, en dĂ©veloppant l’aide aux familles Ă  faible revenu pour lisser la consommation et attĂ©nuer les effets nĂ©gatifs des chocs. Pour exploiter ce potentiel, il faut prĂ©server et accroĂźtre leurs budgets, tout comme ceux des services d’éducation et de santĂ© de base.

« De toute Ă©vidence, les gouvernements de la rĂ©gion doivent impĂ©rativement rĂ©pondre aux besoins urgents et immĂ©diats de leurs citoyens, » a fait valoir Shigeo Katsu. « Les programmes de protection sociale – projets d’alimentation en milieu scolaire, de nutrition, de versement sous conditions de prestations en espĂšces, et de rĂ©munĂ©ration en espĂšces du travail – sont importants en temps de crise, mais aussi Ă  long terme, car ils contribuent Ă  protĂ©ger les pauvres et permettent aux gouvernements d’éviter le recours Ă  des politiques plus coĂ»teuses ou moins efficaces. Si les programmes sont bien conçus, les sommes nĂ©cessaires Ă  la protection des pauvres ne sont pas exorbitantes. Leur coĂ»t qui est infĂ©rieur Ă  1 % du PIB peut faire toute la diffĂ©rence, et ce n’est pas cher payĂ©. »

Certains pays pourront envisager des mesures de relance budgĂ©taire, mais pour ce qui est des politiques budgĂ©taires, les options qui s’offrent Ă  la RĂ©gion Europe et Asie centrale sont limitĂ©es. Maintenir l’ouverture des voies commerciales qui ont amenĂ© la prospĂ©ritĂ© Ă  la rĂ©gion au cours de la derniĂšre dĂ©cennie est l’option la plus prometteuse dont disposent les pays d’Europe et d’Asie centrale pour tirer profit des programmes de relance budgĂ©taire engagĂ©s dans les pays dĂ©veloppĂ©s.

Enfin, la stabilisation du secteur financier demeure un dĂ©fi majeur, vu qu’elle est Ă  la source de la crise mondiale. La seule solution Ă  la portĂ©e des pays d’Europe et d’Asie centrale pour satisfaire certains de leurs besoins de financement est de maintenir de solides relations avec le marchĂ© des capitaux. Il faut stabiliser le systĂšme bancaire. En dĂ©pit de l’ampleur du problĂšme, le Groupe de la Banque mondiale a lancĂ©, en partenariat avec la Banque europĂ©enne pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (BERD) et la Banque europĂ©enne d’investissement (BEI), une opĂ©ration de 31 milliards de dollars qui vise Ă  soutenir la recapitalisation et la restructuration des banques et apporter ainsi des ressources aux institutions frappĂ©es par la crise Ă©conomique mondiale, conforter les mesures nationales de riposte Ă  la crise et dĂ©ployer sans tarder une assistance financiĂšre Ă  grande Ă©chelle bien coordonnĂ©e pour appuyer les prĂȘts Ă  la sphĂšre Ă©conomique rĂ©elle par l’entremise des groupes bancaires privĂ©s, particuliĂšrement au profit des petites et moyennes entreprises.

Pour plus d’informations, consultez le site suivant (a) : www.worldbank.org/eca


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