Mauritanie : Quand la jeunesse africaine réclame une nouvelle gouvernance du développement

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NOUAKCHOTT, 1er juillet 2009—C’est dans l’adolescence que Monza, aujourd’hui âgé de 25 ans,  s’est découvert une passion pour l’écriture. «  Je suis venu à la musique et à l’art d’une manière générale grâce à l’écriture que je pratique depuis l’âge de 13 ans », nous confie-t-il au début de notre entretien.  « Puis, à 15 ans, j’ai rencontré de jeunes rappeurs. Le courant est tout de suite passé entre nous, car leur musique et le poids de leurs mots correspondaient  parfaitement à ce que j’écrivais », ajoute-t-il.

En 1995, Monza rejoint un groupe de rap dénommé African Prodiges. Pendant 8 ans, il évolua dans ce milieu de manière quasi clandestine car la musique rap ne correspondait pas aux choix traditionnels  et aux idéaux du milieu duquel il est issu.  « Ce fut un choix difficile à accepter au début par mes parents, mais ils ont fini par l’accepter », confie Monza. Il va pousser son ambition jusqu'à devenir promoteur culturel et en 2008, il crée Assalamalekoum Hip Hop, qui deviendra par la suite une véritable tribune pour la jeunesse mauritanienne en mal  d’espace  pour laisser éclater son expression artistique.  

Avec d'autres artistes, Monza a participé récemment au « dialogue sur le développement », une série de consultations organisées par la Banque mondiale afin de déterminer les besoins de la Mauritanie en matière de développement. Sa contribution a été particulièrement appréciée au sein d’un groupe de réflexion sur l'engagement des partenaires au développement dans le pays.

En Mauritanie, la Banque mondiale est active dans l'engagement des jeunes. Les groupes de jeunes ont été  invités à des événements comme le dialogue sur le développement car la Banque estimait pouvoir bénéficier de leurs opinions sur l'économie, les finances, l'éducation, la santé et d'autres sujets. La Banque est également engagée avec les jeunes mauritaniens dans la promotion de la bonne gouvernance et la responsabilité sociale.

Pour Monza, les jeunes d’Afrique constituent le maillon faible dans le débat sur les questions de développement. Il invite les institutions internationales et les dirigeants africains à changer leurs dispositions envers la jeunesse. « Je dirais que les jeunes sont très peu représentés dans le discours sur le développement en Afrique. Nous sommes rarement consultés sur les questions importantes comme la bonne gouvernance, la lutte contre la pauvreté et les grandes pandémies.  Pourtant, il existe un inépuisable  éventail d’initiatives portées par des jeunes africains qui ne demandent qu’à être écoutés et encouragés », déplore-t-il.

Monza estime que les gouvernements africains devraient impliquer les artistes dans les questions relatives au développement et à la politique. « Les artistes observent la société pour en déceler les problèmes et les porter à la connaissance du public et des décideurs politiques.  Malheureusement,  c’est très rare de voir des décideurs politiques africains prendre en compte et résoudre les problèmes que la jeunesse leur soumet ».

Monza met également l’artiste face à ses responsabilités : «  Le discours de l’artiste doit refléter les aspirations du peuple car un discours artistique sans un combat derrière ne peut être que vide ».




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