Le planning familial et la santé génésique ont disparu des programmes de développement dans le monde ― Banque mondiale, FNUAP

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Communiqué de presse n°:2009/450/HD

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gharzeddine@unfpa.org

WASHINGTON, le 30 juin 2009—À la veille du 20e anniversaire de la Journée mondiale de la population, la Banque mondiale et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) ont averti que le planning familial et d’autres programmes de santé génésique, indispensables aux femmes pauvres, avaient disparu des programmes de développement de nombreux pays à faible revenu, des gouvernements des pays donateurs et des institutions internationales d’aide.

Ces programmes, ont-il déclaré, sont vitaux pour renforcer le bien-être économique et social des femmes, et plus particulièrement par ces temps de crise économique mondiale, et pour réduire la pauvreté endémique et les taux élevés de mortalité maternelle et infantile.

« Le ralentissement de l’économie mondiale a eu un effet dévastateur sur la croissance et le développement des pays pauvres, et est devenu une crise du développement pour les femmes parce qu’elles sont inévitablement les premières victimes des crises économiques, » a estimé Joy Phumaphi, Vice-président chargé du développement humain à la Banque mondiale, et ancien ministre de la Santé du Botswana. « Même avant l’apparition de cette crise, le planning familial et la santé génésique avaient disparu des écrans radar des pays à faible revenu, des donateurs et des organismes de développement. Nous avons ainsi perdu un temps précieux que nous aurions pu mettre à profit pour aider les femmes à accéder à ces services de santé vitaux et les pays à accélérer les efforts de réduction de la pauvreté. »  

Dans un discours d’ouverture prononcé à la Banque mondiale pour marquer le 20e anniversaire de la Journée mondiale de la population, Thoraya Obaid, Directrice exécutive du FNUAP a déclaré que l’investissement en faveur des femmes est un choix judicieux en cette période de crise économique mondiale et de réduction des budgets de la santé à travers le monde. « La vérité à la fois triste et choquante est que la mortalité maternelle représente la plus grave inégalité au monde, et de tous les objectifs de développement pour le Millénaire, le cinquième ODM (amélioration de la santé maternelle), est celui dont la réalisation accuse le plus grand retard. Et il sera encore plus difficile de réaliser cet objectif dans la conjoncture actuelle de crise financière et de réduction des budgets de la santé. Les progrès sont entravés non par un manque de connaissances mais plutôt par un manque de volonté politique de protéger la santé et les droits des femmes. »

D’après de nouveaux chiffres préliminaires de la Banque mondiale, l’aide publique au développement consacrée à la santé dans le monde a grimpé en flèche, de 2,9 milliards de dollars en 1995 à 14,1 milliards de dollars en 2007, autrement dit, elle a été pratiquement multipliée par cinq en l’espace de 12 ans. L’aide destinée à la population et à la santé génésique a, quant à elle, enregistré une croissance beaucoup plus modeste au cours de la même période, de 901 millions de dollars en 1995 à 1,9 milliard de dollars en 2007. Dans les 35 pays à taux élevé de fécondité d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient, l’aide en faveur des programmes de planning familial et de santé génésique des femmes est partie de 150 millions de dollars en 1995 pour atteindre 432 millions de dollars en 2007, alors que l’aide globale consacrée à la santé dans ces 35 pays passait de 915 millions de dollars en 1995 à 4,9 milliards de dollars en 2007. L’appui aux programmes de population et de santé génésique a considérablement diminué en pourcentage de l’aide globale en faveur de la santé, tombant de l’ordre de 30 % en 1994 à 12 % en 2008.

D’après le FNUAP, plus de 500 000 femmes meurent chaque année durant la grossesse ou la naissance des suites de problèmes médicaux qui peuvent être évités ou traités pour la plupart. Lorsqu’une femme meurt, 20 autres souffrent de blessures ou d’infirmités qui peuvent durer toute une vie et les priver de moyens d’existence et de bien-être physique. L’Afrique a les taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde — au moins 100 fois supérieurs à ceux des pays développés.

Intervenant également pour la même occasion à la Banque mondiale au nom du gouvernement Obama, Margaret Pollack, Sous-secrétaire adjoint par intérim, Bureau de la population, des réfugiés et de la migration au Département d’État américain, a déclaré que de meilleurs programmes de santé ne suffisent pas pour faire baisser les taux de natalité et que l’amélioration de l’éducation des filles, des possibilités économiques égales pour les femmes et la diminution du nombre de foyers vivant au-dessous du seuil de pauvreté revêtent une importance non moins vitale.

« Il a été maintes fois établi que l’investissement consacré aux femmes est un investissement consacré aux familles, aux populations locales et aux sociétés. C’est, en d’autres termes, un investissement pour notre notre avenir. Les États-Unis sont déterminés et décidés, et nous comptons bien travailler en partenariat pour garantir un monde où les femmes sont bien portantes et respectées et où leurs droits sont protégés. »

Au cours de la seconde moitié du 20e siècle, la population mondiale a plus que doublé, pour atteindre 6 milliards d’habitants, soit un accroissement spectaculaire de 3 milliards rien qu’en l’espace de 40 ans. Le taux d’accroissement a, à présent, ralenti à 1,2 % par an, mais la population mondiale continue, au cours de cette décennie, d’augmenter de 75 millions d’habitants par an. Elle pourrait atteindre, d’ici 2050, 9 milliards d’habitants, vivant probablement pour la plupart dans les pays les plus pauvres de la planète.

Un rapport récent de la Banque mondiale, intitulé Population Issues in the 21st Century: The Role of the World Bank (Les enjeux démographiques du XXIe siècle : Le rôle de la Banque mondiale), relève que la taille de la famille peut aussi avoir de graves répercussions sur l’emploi des femmes. Une enquête portant sur plusieurs pays donne à penser que le pourcentage de femmes dans la population active est directement liée aux taux de natalité nationaux. C’est ainsi qu’en Bolivie, une solide corrélation était relevée entre les femmes utilisant des méthodes contraceptives et celles qui avaient un emploi en dehors du foyer. Aux Philippines, la croissance moyenne du revenu des femmes ayant eu une à trois grossesses était supérieure à celle du revenu des femmes qui avaient été enceintes plus de sept fois. De toutes les régions du monde, d’est en Afrique subsaharienne que l’on trouve les taux de natalité les plus élevés, la fécondité moyenne y demeurant supérieure à cinq enfants par femme.

« Le statut inférieur des femmes constitue souvent un obstacle car dans de nombreuses sociétés les femmes n’ont pas le pouvoir nécessaire pour prendre leurs propres décisions concernant l’utilisation des contraceptifs ou d’autres services de santé génésique, » estime Joy Phumaphi de la Banque mondiale. « Éduquer les filles, améliorer les possibilités économiques pour les femmes, en leur permettant d’influer sur l’élaboration, la gestion et la supervision des programmes de santé génésique, constituent des moyens très importants d’encourager un meilleur accès à ces programmes de santé essentiels. »

Pour en savoir plus sur les activités du Fonds de l’ONU sur la population (FNUAP),
consulter l’adresse: http://www.unfpa.org/public/ (a) 

Pour avoir plus d’informations sur les activités de la Banque mondiale dans le domaine de la population et de la santé génésique, cliquer ici (a).




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