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Les progrès mondiaux dans les domaines de la santé maternelle et de la planification familiale sont insuffisants

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  • L’accès à des programmes de planification familiale et de santé reproductive sauvent la vie des femmes et des enfants et apportent divers avantages aux femmes, à leur famille et à la société
  • Même si le taux de fertilité a diminué dans bon nombre de pays, la baisse est inégale à travers le monde
  • Le monde accuse du retard dans l’atteinte de l’objectif de développement pour le Millénaire numéro 5 : réduire le taux de mortalité maternelle et arriver à une couverture universelle des soins de santé reproductive

Le 9 juillet 2009 – Des rendez-vous réguliers chez le médecin, des échographies et divers tests font partie des soins prénataux courants auxquels ont droit les femmes enceintes dans les pays développés. Cependant, pour Adwoa, une femme enceinte du Ghana, l’accès à de tels soins de santé est indisponible.

Au contraire, pour de trop nombreuses femmes d’Afrique subsaharienne, la grossesse aboutit souvent à de douloureuses invalidités de longue durée ou à la mort pour elles ou pour leurs enfants.

Les vastes écarts qui existent dans le domaine de la santé maternelle sont le triste message de la 20e édition de la Journée mondiale de la population qui sera célébrée le 11 juillet.

Réduire de trois quart le taux de mortalité maternelle et arriver à une couverture universelle des soins de santé reproductive est l’un des objectifs de développement pour le Millénaire que la communauté internationale s’est donnée pour objectif d’atteindre d’ici 2015 pour améliorer la vie des personnes pauvres. Cet objectif est celui qui affiche le moins de progrès à l’échelle mondiale selon le plus récent Rapport de suivi mondial 2009

« L’une des meilleures façons de garantir la réduction rapide de la pauvreté et l’expansion des possibilités dans un pays est d’investir dans ses programmes de santé maternelle et de santé reproductive », indique Joy Phumaphi, vice-présidente de la Banque mondiale, développement humain, présidente du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant (PMNCH) et ancienne ministre de la Santé au Botswana.

Or, l’aide accordée aux programmes de santé de la population et de santé reproductive a considérablement diminué en termes de pourcentage de l’aide totale mondiale dans le domaine de la santé, passant d’environ 30 % en 1994 à 12 % en 2008.

Chaque minute une femme meurt de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement dans le monde, le plus souvent en raison de problèmes médicaux pouvant être évités ou soignés. Cela représente plus de 500 000 femmes chaque année à l’échelle mondiale, selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

Pour chaque femme qui meurt, 20 autres femmes souffrent de blessures ou d’invalidités qui peuvent perdurer toute leur vie, leur faisant perdre leur bien-être physique et leurs moyens de subsistance.

En Afrique subsaharienne, une femme sur 16 va mourir des complications d’une grossesse ou d’un accouchement pouvant être évitées ou soignées, contre 1 sur 2 800 dans les pays industrialisés. De plus, en Afrique, 1 enfant sur 11 risque de mourir avant d’atteindre son premier anniversaire.

Le taux de fertilité est encore trop élevé (plus de cinq naissances par femme) dans 35 pays pauvres du monde, principalement situés en Afrique.

Progrès réalisés jusqu’à ce jour

Ces dernières décennies, bon nombre de pays ont réalisé des progrès en matière de réduction de leur taux de mortalité maternelle et de leur taux de fertilité. À titre d’exemple, le taux de mortalité maternelle en Égypte est passé de 174 par 100 000 naissances vivantes à 84 par 100 000 naissances vivantes grâce à un meilleur accès à la planification familiale et aux accouchements dans des établissements de santé supervisés par des sages-femmes qualifiées. Le Bangladesh a réduit son taux de fertilité de plus de 7 enfants par femme en 1970 à environ 2,7 enfants par femme aujourd’hui alors que le taux de mortalité infantile de ce pays a diminué de 105 par 1 000 naissances vivantes en 1999 à 47 par 1 000 naissances vivantes en 2007.

De plus, des campagnes de sensibilisation du public ont contribué à accroître l’aide visant à réduire les invalidités liées à la maternité tels que la fistule, une douloureuse rupture du canal génital qui survient lors d’un travail prolongé et obstrué et qui laisse les femmes incontinentes, isolées et honteuses.

Toutefois, d’importants défis restent à relever étant donné que l’aide destinée aux programmes de planification familiale et de santé reproductive n’a pas suivie la demande croissante.

Impacts des taux de fertilité sur la croissance économique

Des taux de fertilité élevés ainsi que des soins de santé inadéquats peuvent nuire au développement et à la croissance économique.

Investir dans des programmes de planification familiale et de santé reproductive est non seulement capital pour sauver la vie des femmes, mais cela permet également d’accroître le bien-être économique et social des femmes, d’améliorer la vie de leurs enfants et de leur famille et de réduire la pauvreté endémique.

« Plus les pays mettent de temps à adopter un modèle de faible mortalité et de faible fertilité, plus les pays à taux de naissance élevé risquent de continuer à souffrir de plus grandes inégalités dans le domaine de l’éducation, de l’emploi, de l’espérance de vie et de la prévalence du VIH/SIDA chez les adultes que dans les pays plus riches », affirme Mme Phumaphi.

La taille de la famille peut également avoir une grande incidence sur les emplois occupés par les femmes sur le marché du travail, selon un récent rapport de la Banque mondiale intitulé Enjeux des populations au 21e siècle : le rôle de la Banque mondiale.

Un sondage transnational suggère que le pourcentage de femmes faisant partie de la population active est directement lié au taux national de naissance. En Bolivie, il y a une solide corrélation entre l’utilisation par les femmes de moyens de contraception et l’occupation d’un emploi à l’extérieur de la maison. Aux Philippines, la croissance moyenne des revenus des femmes ayant eu 1 à 3 grossesses est deux fois plus importante que celle des femmes ayant été enceintes plus de 7 fois.

Veiller à ce que les systèmes de soins de santé puissent répondre à la demande

La Banque mondiale et plusieurs de ses partenaires internationaux pour le développement, notamment l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), se sont engagés à travailler ensemble au cours des cinq prochaines années pour aider les pays à renforcer leurs systèmes de santé (des cliniques rurales aux grands hôpitaux urbains) afin d’atteindre l’ODM numéro 5.

Pour sa part, la Banque mondiale a fourni près de 950 millions de dollars en prêts et subventions à des programmes de santé maternelle et reproductive et près de 350 millions de dollars supplémentaires sont d’actualité. Ce soutien financier permet de fournir un vaste éventail de services essentiels pour les femmes pauvres et leurs familles, notamment l’accès aux services et aux renseignements relatifs à la contraception, à l’assurance-maladie, à de meilleurs soins prénataux, à des sages-femmes compétentes, à des soins obstétriques d’urgence et à des soins post-natals.

Quelques faits au sujet de la population et de la santé reproductive

> Plus de 500 000 femmes meurent chaque année pendant leur grossesse ou leur accouchement, principalement dans les pays en développement et principalement de problèmes médicaux pouvant être prévenus ou soignés.

> 1 femme sur 16 risque de mourir de causes relatives à une grossesse en Afrique subsaharienne où le taux de mortalité maternelle est le plus élevé au monde, un taux au moins 100 fois plus élevé que dans les pays développés.

> 35 pays, principalement situés en Afrique subsaharienne, continuent d’afficher un taux de fertilité de plus de 5 naissances vivantes par femme, ce qui nuit aux progrès dans le domaine de la réduction de la pauvreté.

> L’accès à la planification familiale volontaire pourrait réduire les décès maternels de 25 % à 40 % et pourrait permettre une diminution allant jusqu’à 20 % des décès chez les enfants.

> La mortalité des mères et des nouveau-nés coûte 15 milliards de dollars en pertes de productivité chaque année.




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