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Quelles seront les répercussions de la mondialisation sur la reprise économique de l’Asie du Sud ?

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  • la reprise de l’Asie du Sud sera tributaire d’un certain nombre de facteurs, dont notamment les trois aspects de la mondialisation : les flux de capitaux, les flux des échanges commerciaux et la gestion économique.
  • Est ce qu'il y a un plan de relance fiscale ?
  • Les changements au niveau de la mondialisation accéléreront-ils ou freineront-ils la reprise ?

27 juillet 2009 – De nombreux économistes commencent à percevoir des signes précurseurs d'une sortie de crise économique mondiale. Le débat se concentre désormais sur la durée nécessaire à la reprise économique. Mais certains s’inquiètent également de la manière dont cette crise peut avoir remodelé l’économie mondiale et modifié le processus de mondialisation d’une façon qui handicaperait la reprise économique de nombreux pays. Ejaz Ghani, conseiller économique auprès de la Banque mondiale pour la région de l’Asie du Sud, apporte des réponses à certaines des questions émergentes concernant la conjoncture économique mondiale et les implications sur cette région.

Selon Ghani, la mondialisation a engendré, au cours des trente dernières années, une accélération de la croissance en Asie du Sud ainsi qu’une réduction de la pauvreté. Mais la crise mondiale actuelle peut amener à modifier la nature même de la mondialisation, à mesure que les pays développés s’adaptent aux déséquilibres mondiaux qui ont contribué à la survenue de cette crise. « Les trois aspects de la mondialisation (à savoir les flux de capitaux, les flux des échanges commerciaux et la gestion économique) différeront peut-être à l’avenir, » a souligné Ghani. « Certains ministres des Finances s’inquiètent de savoir si les changements connus par le processus de mondialisation accéléreront ou freineront la reprise économique. »

Quelles seront donc les répercussions de ces changements au niveau de la mondialisation sur la reprise de l’Asie du Sud ?

Selon Ghani, la reprise de l’Asie du Sud sera tributaire d’un certain nombre de facteurs, dont notamment les trois aspects de la mondialisation : les flux de capitaux, les flux des échanges commerciaux et la gestion économique.

Les flux de capitaux

L’afflux de capitaux étrangers (envois de fonds, prêts syndiqués internationaux, investissements de capitaux privés et émissions d’obligations) vers l’Asie du Sud s’est accru au cours de ces dernières années mais, suite à la crise, cet afflux a enregistré une chute substantielle. « En raison de la restructuration financière mondiale actuelle, il faudra du temps pour que les flux de capitaux privés étrangers se ressaisissent, » a affirmé Ghani. « Même après un certain ressaisissement, les flux de capitaux demeureront moins accessibles au sein d’un nouveau contexte peu enclin à courir des risques et le coût du capital sera plus élevé. Cette conjoncture freinera la reprise économique. »

Malgré la chute des flux de capitaux, Ghani reste convaincu que la situation sera moins critique pour l’Asie du Sud que pour d’autres régions en raison de ses caractéristiques singulières.

Premièrement, les investissements en Asie du Sud sont principalement alimentés par l’épargne intérieure. Face à une réduction des afflux de capitaux, un pays doté d’une forte épargne intérieure est plus à même de faire front. Par rapport à d’autres pays en développement, la majorité des pays d’Asie du Sud dispose d’un taux d’épargne positif et élevé.

Deuxièmement, l’Asie du Sud fait preuve d’une capacité unique pour attirer des flux de capitaux moins volatils. La région repose davantage sur les envois de fonds que, par exemple, sur les flux de portefeuille et les emprunts bancaires. « Les envois de fonds en Asie du Sud sont davantage stables et continuels que les flux de portefeuille, » a souligné Ghani. L’intégration financière mondiale s’accompagne à la fois d’avantages et de risques. Pour ce qui est des avantages, elle favorise l’accès aux capitaux, le transfert des technologies, le savoir ainsi que la répartition des risques. En revanche, les pays risquent d’être exposés aux problèmes et à la volatilité des économies développées. « Aux vus du fort taux d’épargne intérieure et de la dépendance moins prononcée des flux de capitaux volatils, l’Asie du Sud devrait se relever plus rapidement, » a ajouté Ghani.

Les échanges commerciaux

Au cours des dix dernières années, le commerce extérieur de l’Asie du Sud a enregistré une croissance considérable, ce qui a contribué à la rapide croissance de la région. De nombreux pays en crise sont parvenus à accélérer la reprise de leur économie grâce à une expansion de leurs exportations. La reprise des pays d’Asie du Sud, suite à la crise des années 1990, a été rendue possible grâce à l’exportation vers les pays développés. « La crise actuelle étant synchronisée à l’échelle mondiale, une reprise reposant sur l’expansion des exportations s’avère moins possible, » a affirmé Ghani.

Les discussions à l’échelle mondiale se concentrent désormais sur la manière dont la réduction des échanges commerciaux freinera la reprise des pays en développement. D’autres avantages apportés par les échanges commerciaux en termes de croissance au sein des pays en développement sont souvent négligés. Ces échanges favorisent notamment la diffusion du savoir et les externalités de connaissance qui sont cruciales à la croissance. La crise mondiale actuelle n’a pas réduit la réserve de connaissances disponible dans les pays développés et celle-ci peut s’avérer bénéfique pour les pays en développement.

Selon Ghani, contrairement à l’Asie orientale, l’économie de l’Asie du Sud est principalement stimulée par le secteur tertiaire. Les exportations de services sont moins volatiles que celles des marchandises. La mondialisation des services ne fait que débuter. Les exportations de services en Asie du Sud ont connu une croissance plus rapide que celles des marchandises, et surpassent même la vitesse de croissance des marchandises en Asie du Sud. Une stratégie axée sur l’expansion des exportations de services devrait permettre à l’Asie du Sud de se redresser plus rapidement et de maintenir une croissance élevée à moyen terme. Mais en raison de la grande diversité au sein de la région d’Asie du Sud, tous les pays ne seront pas en mesure de bénéficier d’une telle stratégie. Les pays doivent se centrer sur leurs avantages compétitifs, a-t-il souligné.

Relance fiscale La portée et la mise en œuvre des politiques fiscales adoptées conditionneront également la vitesse de la reprise. « L’Asie du Sud est vulnérable dans ce domaine, » a commenté Ghani. « Contrairement à l’Asie orientale, l’Asie du Sud est handicapée par des taux d’endettement publics élevés par rapport au PIB. Cette situation ne favorise pas l’adoption d’un plan de relance fiscale d’envergure. »

L’Asie du Sud est le premier importateur net de produits de base (denrées alimentaires, métaux et pétrole) par rapport au PIB. La chute importante des prix des produits de base, et tout particulièrement du pétrole, pourrait réduire l’importance des subventions liées aux produits de base. De telles économies pourraient servir à financer des plans de relance fiscale discrétionnaires. « Par rapport au reste du monde, les budgets d’Asie du Sud ne consacrent pas suffisamment d’argent à l’éducation, à la santé, au réseau routier, à l’énergie et à l’eau. » a affirmé Ghani. « Une augmentation et une meilleure allocation des dépenses, conjuguée à un souci accru axé sur l’amélioration des infrastructures sociales et physiques ainsi que la mise en œuvre des filets sociaux de sécurité, accéléreront la reprise, inhérente à une croissance à long terme. »

Les changements au niveau de la mondialisation accéléreront-ils ou freineront-ils la reprise ?

La reprise dépendra des flux de capitaux, des échanges commerciaux ainsi que de la gestion économique. « Une mondialisation marquée par de nouvelles tendances s’accompagnera de nouveaux défis mais aussi de nouvelles opportunités, » a annoncé Ghani. « Une augmentation des échanges commerciaux grâce à la mondialisation des services et une intensification du commerce Sud-Sud offriront de nouvelles opportunités en Asie du Sud. »

Les pays en développement disposent d’importantes opportunités en vue de combler le fossé qui les sépare des pays développés, a-t-il déclaré. Le dividende démographique de la région restera un atout majeur pour l’Asie du Sud et la croissance de la productivité conservera sa tendance haussière. Grâce aux transformations structurelles actuelles des secteurs agricoles à ceux de la production et du tertiaire, l’Asie du Sud sera à même de se redresser au sein de l’économie mondiale.


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