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Le renforcement des capacitĂ©s dans les États fragiles

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  • DĂ©velopper le leadership et consolider les coalitions entre les diverses parties prenantes.
  • Mettre Ă  profit les capacitĂ©s prĂ©sentĂ©es par de nombreuses parties prenantes, notamment les organisations de la sociĂ©tĂ© civile et la diaspora.
  • Analyser la dynamique de l’économie politique afin de concevoir des stratĂ©gies pour le dĂ©veloppement du leadership et le renforcement des institutions.
  • Le partage de connaissances entre les pays – notamment les Ă©change d’idĂ©es Sud-Sud – est particuliĂšrement efficace.

« Le renforcement des capacitĂ©s des États fragiles est l’une des premiĂšres prioritĂ©s du WBI Â», a affirmĂ© Sanjay Pradhan, Vice-prĂ©sident de l’Institut de la Banque mondiale (WBI), lors d’une consultation qui s’est tenue le 16 juillet 2009 sur ce thĂšme. «  Toutefois, dans les États fragiles et en conflit, tout est prioritaire, les capacitĂ©s existantes nĂ©cessitent d’ĂȘtre renforcĂ©es et les chances de voir des rĂ©sultats sont limitĂ©es. Nous avons donc besoin de vos conseils en matiĂšre de stratĂ©gies et d’approches », a ajoutĂ© M. Pradhan.

Les principaux experts du Groupe de la Banque mondiale et, plus largement, de la communautĂ© du dĂ©veloppement ont Ă©changĂ© leurs expĂ©riences et mis l’accent sur des questions essentielles au cours de cette journĂ©e d’atelier.

Sanjay Pradhan et Clare Lockhart

Sanjay Pradhan, Vice-prĂ©sident du WBI a prĂ©sentĂ© les perspectives du WBI en matiĂšre de dĂ©veloppement des capacitĂ©s dans les États fragiles et Clare Lockhart a soulignĂ© l’expĂ©rience de l’Institute on State Effectiveness (Institut sur l’efficacitĂ© des États).

Le rĂŽle crucial de la connaissance et de la formation

Plusieurs praticiens expĂ©rimentĂ©s ont soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© d’un corpus systĂ©matique de connaissances, notamment d’études de cas, de donnĂ©es prĂ©cises et d’expertises concernant les conditions (le « comment, oĂč et pourquoi ») d’une rĂ©forme rĂ©ussie ou infructueuse. « Il y a eu de nombreux succĂšs au cours des 30 derniĂšres annĂ©es Â», a indiquĂ© Clare Lockhart de l’Institute on State Effectiveness (Institut sur l’efficacitĂ© des États). Une partie de ces connaissances peut ĂȘtre communiquĂ©e au cours d’échanges de pair Ă  pair, qui rĂ©pondent Ă©galement Ă  la demande exprimĂ©e par les reprĂ©sentants des États fragiles d’ĂȘtre en relation avec ceux qui ont eu des expĂ©riences similaires. Les connaissances les plus pertinentes proviennent des pays qui ont « partagĂ© leur douleur », a affirmĂ© l’un des participants.

Des capacitĂ©s sont toujours prĂ©sentes, sous une forme ou une autre, dans les États fragiles. Elles se manifestent de diverses maniĂšres : il peut s’agir, par exemple, de la compĂ©tence Ă  organiser des troupes ou de l’artillerie, ou encore Ă  gĂ©rer l’afflux de multiples agences donatrices sur le terrain. Le dĂ©veloppement des capacitĂ©s nĂ©cessite souvent de rĂ©orienter ces capacitĂ©s existantes et d’y adjoindre de nouvelles compĂ©tences. Plus gĂ©nĂ©ralement, cela implique de favoriser et accompagner le potentiel de changement.

Pilar

Pilar Domingo de l’Overseas Development Institute a prĂ©sentĂ© une approche thĂ©orique sur le dĂ©veloppement des capacitĂ©s dans les États fragiles.

RĂ©aliser le diagnostic de l’économie politique : comprendre le contexte politique

Pilar Domingo de l’Overseas Development Institute a prĂ©cisĂ© que les États fragiles ont tendance Ă  avoir des systĂšmes politiques complexes, se heurtant souvent Ă  la mĂ©fiance. Les groupes d’élites peuvent s’opposer Ă  des factions ethniques divisĂ©es. Les incitations en vue de crĂ©er un consensus sont faibles et la rupture de la cohĂ©sion sociale empĂȘche l’expression d’une demande en matiĂšre de gouvernance au niveau de la population locale. Il est nĂ©cessaire de rĂ©aliser une analyse politique sĂ©rieuse et transparente, afin que les Ă©lites politiques et les groupes d’intĂ©rĂȘt puissent ĂȘtre identifiĂ©s et que des alliances entre des parties prenantes multiples puissent se construire.

Leadership, coalitions entre parties prenantes multiples et construction de l’État

Sarah Cliffe, co-directrice du Rapport sur le dĂ©veloppement dans le monde de 2011 (World Development Report) concernant les États fragiles, a soulignĂ© le besoin de dĂ©velopper le leadership dans un environnement caractĂ©risĂ© par des institutions gouvernementales extrĂȘmement faibles. Elle a Ă©galement mis l’accent sur l’importance d’accompagner le dĂ©veloppement d’approches innovantes, de travailler avec des parties prenantes non-gouvernementales et de renforcer les capacitĂ©s des services administratifs. Nigel Roberts, Ă©galement co-directeur du Rapport sur le dĂ©veloppement dans le monde (WDR), a indiquĂ© que le dĂ©veloppement des capacitĂ©s est un thĂšme important du WDR.

Des participants ont observĂ© que compte tenu des faibles capacitĂ©s dont disposent ces pays et du besoin de reconstruire la confiance, une des principales prioritĂ©s est de fournir des plateformes favorisant la constitution de coalitions entre diverses parties prenantes au sein du gouvernement, du secteur privĂ© et de la sociĂ©tĂ© civile concernant l’utilisation des ressources et la fourniture de services.

Rwanda
Soutenir la capacitĂ© des gouvernements Ă  gĂ©rer les ressources entrantes est particuliĂšrement urgent lorsque des contrats faisant l’objet de financements multi-donateurs sont utilisĂ©s pour acheter des compĂ©tences et des services Ă  l’étranger. Pourtant, le besoin de renforcer les compĂ©tences de base au sein mĂȘme des pays en matiĂšre de gestion et d’administration est permanent. De nombreux cadres doivent ĂȘtre formĂ©s dans des domaines de compĂ©tences tels que la passation de marchĂ©, l’élaboration de budget, la gestion des finances publiques, la mise en Ɠuvre de programmes et de projets. L’un des moyens permettant d’obtenir des rĂ©sultats Ă  grande Ă©chelle pourrait consister Ă  vendre des formations sur ces compĂ©tences en grand nombre par le biais de partenariats avec des centres d’apprentissage locaux et rĂ©gionaux.

RĂ©alitĂ©s opĂ©rationnelles dans les États fragiles

« Il faut sortir des sentiers battus et avoir un Ă©tat d’esprit complĂštement diffĂ©rent pour ĂȘtre efficace », a dĂ©clarĂ© Jeff Gutman, Vice-prĂ©sident chargĂ© des politiques opĂ©rationnelles et services aux pays de la Banque mondiale (Operations Policy and Country Services). « Nous devons rĂ©flĂ©chir Ă  la meilleure façon d’opĂ©rer en tant que Banque offrant un service global ».

La Banque mondiale est en train de changer son approche concernant le crĂ©dit d’investissement, afin de mieux reflĂ©ter les rĂ©alitĂ©s concernant l’augmentation des risques sur le terrain et d’établir des indicateurs de succĂšs plus rĂ©alistes. Le traitement et la mise en Ɠuvre des prĂȘts doivent ĂȘtre rapides et comprendre un soutien Ă  la mise en Ɠuvre ainsi que la crĂ©ation d’institutions au sein de chaque pays.

Alastair

Alastair McKechnie est Directeur à la Banque mondiale du Groupe des États fragiles et en conflit.

Les piliers d’un programme de travail pour le WBI

Un large soutien s’est créé en faveur des efforts du WBI visant Ă  la constitution de coalitions de multiples parties prenantes grĂące Ă  des Ă©changes et au partage de connaissances de pair Ă  pair et Sud-Sud, et grĂące au travail avec des acteurs non-traditionnels, tels que les mĂ©dias, les institutions universitaires et les groupes issus de la sociĂ©tĂ© civile capables de promouvoir les mĂ©canismes de la responsabilitĂ© financiĂšre. « Quand le gouvernement n’est pas le meilleur interlocuteur, mobilisez la sociĂ©tĂ© civile », a suggĂ©rĂ© Alastair McKechnie, Directeur Ă  la Banque mondiale du Groupe des États fragiles et en conflit.

Les prochaines étapes pour le WBI

Pour clĂŽturer l’atelier, Sanjay Pradhan a proposĂ© quatre axes prĂ©liminaires en vue d’un programme de travail, Ă  partir des Ă©lĂ©ments qui se sont dĂ©gagĂ©s des consultations.

1. Le WBI organisera un ensemble d’évĂ©nements mondiaux concernant le renforcement des capacitĂ©s dans les États fragiles. Le premier consistera en un Ă©change de connaissances de pair Ă  pair concernant le dĂ©veloppement des capacitĂ©s dans les États fragiles d’Afrique. Il sera organisĂ© conjointement avec la RĂ©gion Afrique, lors des AssemblĂ©es annuelles concernant les fonds de la Banque, qui se tiendront Ă  Istanbul en octobre 2009. Cet Ă©vĂ©nement sera suivi par une confĂ©rence, lors du printemps ou de l’automne 2010, au cours de laquelle un bilan sera dressĂ© en prĂ©sence de nombreuses parties prenantes.

2. En tant que premiĂšre Ă©tape de la construction d’une base de connaissances sur les États fragiles, le WBI organisera un ensemble d’activitĂ©s pour favoriser l’échange de connaissances entre les États fragiles sur des thĂšmes spĂ©cifiques en vue de prĂ©senter et de partager des approches ayant fait leurs preuves.

Cliffe

Sarah Cliffe, co-directrice du Rapport sur le dĂ©veloppement dans le monde de 2011 concernant les États fragiles.

3. Au niveau de chaque pays, un ensemble d’activitĂ©s de consolidation du leadership et de crĂ©ation de consensus porteront sur des sujets tels que les industries d’extraction, la passation de marchĂ©, les approches axĂ©es sur des rĂ©sultats rapides, la planification d’actions et le dĂ©veloppement du capital social. Ces activitĂ©s incluront des parrainages, des Ă©changes Sud- Sud, et seront suivies d’un soutien intensif aux Ă©quipes de direction lors de la mise en Ɠuvre et de la mesure des rĂ©sultats.

4. Un programme sera mis en place pour vendre en grand nombre les connaissances de base aux pays sĂ©lectionnĂ©s, en partenariat avec les instituts et les centres d’excellence locaux et rĂ©gionaux. .

RĂ©alisĂ© en accord, d’un point de vue stratĂ©gique, avec des partenaires et d’autres unitĂ©s de la Banque mondiale, en particulier le Groupe des États fragiles et en conflit (OPCFC), les RĂ©gions et l’équipe WDR, le WBI peut avoir d’importants effets positifs. « Cet atelier est un exemple mĂȘme de la façon dont nous pouvons tous travailler ensemble sur le thĂšme trĂšs important des États fragiles », a dĂ©clarĂ© Aki Nishio, Directeur des opĂ©rations au WBI.

Pour en savoir plus sur l'Institut de la Banque mondiale (WBI), consultez : http://www.banquemondiale.org/wbi

(a) indique une page en anglais.




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