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En Ethiopie, toutes les routes conduisent au développement

Dernière mise à jour : juillet 2009
L'IDA en action : Infrastructure - Assurer une desserte routière de base

Le défi à relever

Dans les années 1990, le gouvernement d’Ethiopie a pris conscience qu’une extension importante de son réseau routier s’imposait pour atteindre ses objectifs de développement, à savoir (a) renforcer le secteur privé; (b) moderniser et développer les infrastructures essentielles; et (c) préserver l’environnement. La réalisation de ces objectifs ambitieux a été rendue possible grâce à l’élaboration d’une stratégie complète et tournée vers le long-terme.

La démarche suivie

Dans cette perspective, les dirigeants de l’Ethiopie ont conçu le Programme de développement du secteur routier (RSDP 1997–2007), un programme intégré composé d’investissements, de réformes sectorielles et de réorganisation institutionnelle, devant être exécuté en deux phases sur une période de dix ans. Une troisième phase a ensuite été décidée pour permettre son prolongement jusqu’à fin juin 2010.

L’IDA, conjointement avec d’autres partenaires, a soutenu le processus de préparation du programme et a rapidement participé à son financement. Afin de soutenir la mise en œuvre de cet ambitieux programme gouvernemental, le Conseil d’administration de l’IDA a approuvé le Projet d’appui au Programme de développement du secteur routier (RSDPSP), conçu comme la première étape d’une participation en plusieurs temps à un programme d’investissement sectoriel.

Les responsables de la planification du projet ont, dans un premier temps, examiné l’état du réseau routier dans son ensemble. Puis, ils ont défini des réformes institutionnelles et politiques et ont déterminé des niveaux d’intervention leur permettant d’atteindre leurs objectifs. Finalement, le Programme d’aide au développement du secteur routier devait atteindre les objectifs suivants :

- Améliorer l’accès aux routes rurales régionales et nationales afin de répondre aux besoins de développement économique et agricole;
- Renforcer les capacités institutionnelles des secteurs public et privé, pour pouvoir assurer un entretien et un développement routier durable;
- Offrir des opportunités économiques aux populations rurales pauvres grâce à la création d’emplois liés à la construction des routes en zone rurale et à la mise en place de services et de moyens de transport d’un coût abordable.

Les deux premières composantes ont permis la rénovation des principaux axes routiers du pays, notamment le tronçon Modjo-Awash-Gewane-Mille (442 km) dans le couloir emprunté par le commerce d’import-export, et le tronçon Awash-Hirna-Kulubi-Dire Dawa-Harar (311 km), qui donne accès à l’est de l’Ethiopie et à la Somalie.

Résultats

Onze ans après le lancement de la première phase du Programme de développement du secteur routier et grâce à la mise en œuvre des phases II et III du programme, des progrès remarquables ont été réalisés concernant à la fois l’état des routes et l’étendue du réseau routier. Au cours de la première phase du programme, 8 709 km de routes ont été construites ou remises en état. La seconde phase a permis de rénover 988 km de routes, d’améliorer l’état de 1 758 km et de construire 628 km de nouvelles routes de gravier.

Parallèlement, depuis septembre 2008, des travaux d’entretien de grande ampleur ou d’urgence ont été réalisés sur 4 199 km de routes d’asphalte ou de gravier et quelque 70 000 km de routes communautaires ont été construites. Aujourd’hui, la part des routes régionales et fédérales en bon état dépasse largement celle des routes en assez bon ou mauvais état.

Les usagers de la route bénéficient donc d’un réseau routier plus étendu, mieux construit et mieux entretenu. Les populations rurales ont ainsi un accès fiable à davantage de ressources et d’opportunités, grâce à l’amélioration des marchés, à un accès plus rapide aux services de santé, à une réduction des problèmes de transport et à l’augmentation du nombre d’emplois.

De plus, les effets positifs du projet sur le développement institutionnel sont considérables. Le Projet d’appui au Programme de développement du secteur routier favorise le rétablissement de l’Autorité routière d’Ethiopie (ERA), qui est maintenant l’agence chargée de la mise en œuvre du projet, en tant qu’institution autonome dont la direction est soumise à un Conseil d’Administration. Pour cette raison, d’importantes réformes ont été introduites, visant notamment à commercialiser les activités de l’Autorité routière d’Ethiopie. Cette stratégie garantit la fiabilité des infrastructures routières et l’efficacité des agences routières.

Points forts

- Le montant des revenus annuels du fonds routier a été multiplié par plus de 6.
- La part annuelle du prix total des contrats accordés aux entrepreneurs locaux a considérablement augmenté, pour atteindre 58 % en 2008.
- Les populations rurales signalent une diminution des tarifs et du temps de transport.
- Les opportunités offertes aux femmes ont augmenté grâce au revenu provenant du travail ouvrier et à une plus grande facilité de déplacement.
- La diversification des sources de revenus et des activités agricoles s’est traduite par une augmentation des prix de vente des produits agricoles sur les marchés et une diminution des intrants agricoles.

Contribution de l’IDA

L’IDA a contribué à ce projet sous la forme d’un crédit de 309,2 millions de dollars. L’IDA, conjointement avec les autres donateurs, accorde des dons et des crédits au Programme de développement du secteur routier de l’Ethiopie depuis 1995. La contribution totale de la Banque mondiale s’élève aujourd’hui à plus de 1,1 milliard de dollars. La participation de l’IDA a donc été un élément essentiel pour la mise en œuvre de ce programme national de longue durée.

Partenaires

Depuis le lancement du Programme de développement du secteur routier en 1997, la coordination des donateurs pour la Phase I, II et III du programme gouvernemental a été mise en œuvre par l’Autorité routière d’Ethiopie. Les partenaires incluent : l’Union européenne, le Fonds africain de développement, le ministère britannique du Développement international (DFID), le Norwegian Development Fund (Fonds norvégien de développement), le Deutsche Gesellshaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ), Kreditanstalt für Wiederaufbau (organisme chargé de l’aide bilatérale allemande), le Japon, l’Italie et les Pays-Bas.

Prochaines étapes

Le gouvernement s’est engagé à améliorer et à étendre le principal réseau routier dans le cadre de son Programme de développement du secteur routier. La phase III doit s’achever en juin 2010.


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