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Nigéria : Renforcer les communautés, réduire la pauvreté

 
DerniÚre mise à jour : août 2009
L'IDA en action

Le défi à relever

La pauvretĂ© est toujours enracinĂ©e au Nigeria, oĂč 70 % de la population rurale vit en dessous du seuil de pauvretĂ©. Dans les rĂ©gions rurales, la pauvretĂ© frappe le plus durement les foyers qui travaillent dans l’agriculture. Les zones des Fadamas au NigĂ©ria sont les plaines inondables et les basses terres qui bordent les riviĂšres, des endroits oĂč se concentre la pauvretĂ©. La terre y est fertile et l’eau facilement accessible, mais les Fadamas ont Ă©galement Ă©tĂ© le théùtre de conflits entre agriculteurs, pĂȘcheurs et Ă©leveurs se disputant les terres, les ressources en eau et les pĂąturages.

La démarche suivie

En 2004, le gouvernement nigĂ©rian a lancĂ© le second Projet national de dĂ©veloppement des Fadamas, dont l’objectif Ă©tait d’augmenter les revenus des agriculteurs, des pĂȘcheurs et des autres populations pauvres vivant dans ces zones. Le projet Fadama II, soutenu par l'IDA (Association internationale de dĂ©veloppement), visait Ă  accroĂźtre l'autonomie des communautĂ©s locales et Ă  amĂ©liorer les capacitĂ©s du gouvernement Ă  porter assistance en particulier aux groupes pauvres et vulnĂ©rables, tels que les femmes, les jeunes sans emplois, les veuves et les personnes malades du VIH/SIDA. La stratĂ©gie a reprĂ©sentĂ© un changement important, en privilĂ©giant non plus la prĂ©dominance du secteur public mais une approche de dĂ©veloppement pilotĂ©e par la communautĂ© et axĂ©e sur des prioritĂ©s dĂ©finies prĂ©alablement par celle-ci. . La composante participative du projet reposait sur les groupes d’utilisateurs des Fadamas ayant des intĂ©rĂȘts Ă©conomiques communs, tels que les agriculteurs, les pĂȘcheurs, les Ă©leveurs (les personnes qui Ă©lĂšvent du bĂ©tail), les femmes, les personnes handicapĂ©es et les Ă©tudiants. Le projet a encouragĂ© ces groupes Ă  Ă©laborer des plans de dĂ©veloppement local, puis chacun d'entre eux a recherchĂ© des fonds pour financer l’achat de « matĂ©riel communautaire », tel que filets de pĂȘche, engrais, pompes Ă  eau ou gĂ©nĂ©rateurs. DĂšs que le ComitĂ© local de dĂ©veloppement des Fadamas avait approuvĂ© un plan de dĂ©veloppement, la communautĂ© lançait un appel d’offres pour le contrat et l'adjudicataire Ă©tait directement payĂ© via le compte du projet. Le projet Fadama II a Ă©galement apportĂ© son soutien Ă  des activitĂ©s non-agricoles telles que l’agro-industrie, la formation commerciale et la commercialisation en zone rurale. Par ailleurs, il a permis la mise en place de services de vulgarisation agricole axĂ©s sur les besoins, le dĂ©veloppement d’infrastructures rurales telles que les routes et aidĂ© les populations Ă  rĂ©soudre les conflits portant sur les ressources naturelles.

Résultats

Le projet Fadama II a permis Ă  2,3 millions de familles paysannes de 12 États nigĂ©rians d’amĂ©liorer considĂ©rablement leurs revenus. Les revenus des foyers ont augmentĂ© en moyenne de 60 % entre 2005 et 2007. Ce rĂ©sultat a dĂ©passĂ© largement l’objectif initial qui prĂ©voyait une hausse de 20 %.

 

Points importants :
- Les petits commerces se sont fortement développés. Le projet a amélioré les capacités des bénéficiaires à gérer les activités économiques.
- Les actifs communautaires se sont multipliĂ©s. Le projet a permis une augmentation de 590 % de la valeur des actifs productifs dĂ©tenus par un groupe, grĂące en partie aux transferts de fonds versĂ©s aux groupes d’utilisateurs du projet Fadama, qui ont couvert une grande partie des coĂ»ts d’acquisition des actifs du groupe.
- Les actifs privĂ©s ont augmentĂ©. Le projet a permis une augmentation de 49 % des actifs productifs privĂ©s des bĂ©nĂ©ficiaires.
- Ce sont les plus pauvres qui en ont davantage bĂ©nĂ©ficiĂ©. Le tiers le plus pauvre des bĂ©nĂ©ficiaires a connu la plus importante augmentation de ses actifs productifs. La valeur moyenne de leurs actifs est passĂ©e de 90 dollars Ă  environ 3 990 dollars.
- De meilleures conditions de transport en milieu rural ont permis de gagner du temps. DiffĂ©rents paramĂštres concernant l’infrastructure du transport en milieu rural ont Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©s, grĂące Ă  une rĂ©duction de la distance nĂ©cessaire pour atteindre la route carrossable la plus proche, mais aussi de la distance pour aller jusqu’à la ville et du temps nĂ©cessaire pour voyager en vĂ©hicule motorisĂ© jusqu’à la route la plus proche.
- Le soutien apportĂ© Ă  l’agriculture a Ă©galement Ă©tĂ© prĂ©cieux. Les services de consultation agricole ont permis d’amĂ©liorer la gestion du bĂ©tail et la gestion financiĂšre, et de mettre en Ɠuvre de meilleures techniques de commercialisation agricole. Par ailleurs, la demande de services de conseils payants portant sur l’aprĂšs-rĂ©colte a augmentĂ©.

Contribution de l’IDA

Le coĂ»t total du projet Fadama II s’est Ă©levĂ© Ă  125,4 millions de dollars, dont une contribution de 100 millions de dollars de l'IDA soutenant les opĂ©rations menĂ©es par le projet dans 12 États. GrĂące au soutien de l’IDA, le Nigeria a pu mettre en Ɠuvre sa stratĂ©gie nationale de grande ampleur visant Ă  augmenter la productivitĂ© et les revenus agricoles, en se concentrant sur l’infrastructure et les finances rurales, la recherche agricole et les services de conseil. Le pays a Ă©galement amĂ©liorĂ© les mĂ©canismes permettant la rĂ©solution des conflits. De plus, l’IDA a contribuĂ© au dĂ©veloppement agricole du Nigeria, par le biais d’un programme actif comprenant un travail analytique, une assistance technique et des prĂȘts Ă  l’investissement. Le travail analytique rĂ©alisĂ© en collaboration avec le gouvernement du Nigeria comprend : Getting Agriculture Growing in Nigeria (stratĂ©gie de secteur, 2006); Nigeria Agriculture Public Expenditure Review; et Nigeria Rural Finance. Assessment of Current Programs and Options. En 2006, lorsque la grippe aviaire a fait son apparition au Nigeria, le crĂ©dit allouĂ© au projet Fadama a Ă©tĂ© redistribuĂ© afin d'aider le pays Ă  faire face au virus. Le gouvernement s'est appuyĂ© sur cette aide pour demander un crĂ©dit de 50 millions de dollars destinĂ© Ă  attĂ©nuer la menace que faisait peser le virus de la grippe aviaire sur la population et l’industrie avicole. Actuellement, l’IDA fournit une assistance technique au gouvernement afin de mettre en place une stratĂ©gie nationale de dĂ©veloppement agricole. Suite aux diffĂ©rents travaux analytiques qui ont Ă©tĂ© menĂ©s, l’IDA a Ă©tĂ© invitĂ©e Ă  apporter son soutien Ă  l’équipe gouvernementale chargĂ©e de l’agriculture et dont la mission est d’élaborer le Projet 2020 pour le Nigeria.

Partenaires

La Banque africaine de dĂ©veloppement s’est inspirĂ©e de cet exemple pour mettre en Ɠuvre des projets similaires dans six autres États, faisant passer le nombre total d’États du Nigeria Ă  bĂ©nĂ©ficier du projet Fadama de 12 Ă  18. Ces projets complĂ©mentaires sont notamment financĂ©s par le Fonds pour l’environnement mondial afin d’encourager la gestion durable des terres et des ressources en eau. Le gouvernement du Japon s’est Ă©galement inspirĂ© de ce projet pour dĂ©velopper l’infrastructure sociale (tels que des Ă©coles et des dispensaires) autour des communautĂ©s des Fadamas et ainsi accroĂźtre le bien-ĂȘtre des populations rurales.

Prochaines

Suite au succĂšs de Fadama II, le gouvernement s’est fortement engagĂ© dans une approche de dĂ©veloppement pilotĂ©e par la communautĂ© et a sollicitĂ© la mise en Ɠuvre d’un projet Fadama III, qui couvrirait la totalitĂ© du territoire national. Le nouveau projet a Ă©tĂ© lancĂ© en aoĂ»t 2009 dans l’État de Zamfara (NigĂ©ria du Nord). Comme le projet prĂ©cĂ©dent, il s’appuie sur des investissements dĂ©pendants de la demande et sur l’autonomisation des communautĂ©s locales, dans le but d’amĂ©liorer la productivitĂ© et la qualitĂ© des ressources en eau et des terres. Le projet a Ă©tĂ© mis en Ɠuvre dans 36 États du Nigeria et sur le territoire de la capitale fĂ©dĂ©rale, avec une aide de l’IDA de 250 millions de dollars.

 

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