2 octobre 2009âConfĂ©rence de presse dâouverture « M. HANLON : Mesdames et Messieurs, bonjour. Je vous souhaite la bienvenue aux AssemblĂ©es annuelles et je vous remercie de vous ĂȘtre joints Ă nous ce matin. Le prĂ©sident de la Banque mondiale, Robert Zoellick, va commencer par faire une dĂ©claration, aprĂšs quoi nous serons heureux de rĂ©pondre aux questions. Je donne maintenant la parole au prĂ©sident Zoellick. M. ZOELLICK : Merci, Carl. Permettez-moi de commencer en exprimant notre sympathie pour les populations dâIndonĂ©sie, des Philippines, des Samoa, des Tonga et dâautres endroits de la rĂ©gion. Nous disposons heureusement dâun mĂ©canisme appelĂ© FacilitĂ© pour la rĂ©duction des catastrophes et la reconstruction (Facility for Disaster Reduction and Recovery), que nous avons pu activer rapidement pour procĂ©der Ă lâĂ©valuation du dĂ©sastre et des plans de reconstruction. Nous avons travaillĂ© avec les gouvernements concernĂ©s en vue de lever des fonds au plus vite pour rĂ©agir Ă cette immense tragĂ©die humaine et nous observerons lâĂ©volution de la situation durant les prochains jours pour dĂ©terminer de quelle maniĂšre nous pouvons ĂȘtre utiles. Je tiens Ă remercier nos hĂŽtes turcs et la population dâIstanbul en particulier pour leur participation Ă la prĂ©paration de ces AssemblĂ©es. Le centre des congrĂšs dans lequel vous vous trouvez a Ă©tĂ© achevĂ© tout rĂ©cemment ; câest un merveilleux endroit. Je suis trĂšs sensible aux efforts que le gouvernement et la ville dâIstanbul ont dĂ©ployĂ©s pour prĂ©parer ces rĂ©unions. Les AssemblĂ©es annuelles dâIstanbul ont lieu Ă un moment trĂšs important pour le Groupe de la Banque mondiale et les 186 pays qui en sont membres. La semaine derniĂšre, le sommet du G-20 a fixĂ© des jalons prĂ©cis pour les activitĂ©s de la Banque mondiale, mais plus de 160 pays nâĂ©taient pas reprĂ©sentĂ©s Ă ce sommet. GrĂące Ă ces AssemblĂ©es, toutefois, la voix des plus pauvres pourra ĂȘtre entendue et prise en compte : considĂ©rons donc quâil sâagit ici dâun « G-186 ». Nous avons interrompu la chute causĂ©e par la crise financiĂšre, mais il est certainement trop tĂŽt pour dĂ©clarer victoire. 2009 continuera dâĂȘtre une annĂ©e difficile et de grandes incertitudes entourent lâĂ©volution de la situation Ă©conomique en 2010 lorsque la plupart des mesures de relance auront suivi leur cours. Dans le monde entier, des pays â notamment les pays Ă faible revenu â continuent de souffrir des effets de la crise Ă©conomique mondiale, qui freine les exportations, rĂ©duit les envois de fonds des travailleurs Ă©migrĂ©s, entrave le tourisme et affaiblit les investissements. Il Ă©tait donc important que les pays du G-20 conviennent dâaccroĂźtre lâaide aux pays en dĂ©veloppement. Durant ces AssemblĂ©es, jâespĂšre que nous pourrons donner suite au projet de mĂ©canisme de soutien aux pays Ă faible revenu contre les crises dans le cadre des activitĂ©s de lâAssociation internationale de dĂ©veloppement (IDA), lâinstitution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planĂšte. Nous mettrions ainsi en pratique un des enseignements de la crise actuelle, Ă savoir la nĂ©cessitĂ© de faire de la protection des populations les plus vulnĂ©rables un Ă©lĂ©ment permanent de lâarchitecture financiĂšre mondiale. Nous espĂ©rons que ce mĂ©canisme permettra de maintenir les dĂ©penses de base en matiĂšre de santĂ©, dâĂ©ducation, de programmes sociaux, dâinfrastructures et dâagriculture. La Banque mondiale, par ailleurs, collaborera sans tarder avec les institutions de lâONU et dâautres partenaires pour assurer le suivi des instructions du G-20 quant Ă la mise en Ćuvre de lâinitiative sur la sĂ©curitĂ© alimentaire lancĂ©e au G-8 de LâAquila. Faisant preuve dâun grand sens de lâinnovation, lâIFC a créé de nouveaux mĂ©canismes pour faire concorder les besoins de ses clients avec les intĂ©rĂȘts des investisseurs dans plusieurs domaines : microfinance, infrastructure, financement du commerce, capital des banques et, plus rĂ©cemment, restructuration de la dette des entreprises privĂ©es des pays en dĂ©veloppement. Ces AssemblĂ©es nous permettront aussi de travailler avec nos partenaires privĂ©s et publics pour mettre Ă contribution notre nouvelle SociĂ©tĂ© de gestion dâactifs (Asset Management Corporation). La prise en compte de lâĂ©volution des rapports de force Ă©conomiques pourrait ĂȘtre lâune des consĂ©quences de la crise actuelle. Les derniĂšres prĂ©visions Ă©conomiques montrent que la Chine et lâInde contribuent Ă faire sortir lâĂ©conomie mondiale de la rĂ©cession, mais nous ne devons pas oublier que les pays dâAsie du Sud-Est, dâAmĂ©rique latine, du grand Moyen-Orient et dâAfrique peuvent aussi ĂȘtre des pĂŽles de croissance. Une Ă©conomie mondiale multipolaire, moins tributaire des consommateurs amĂ©ricains, serait une Ă©conomie plus stable. Dans cette nouvelle Ă©conomie multipolaire, les accords de Bretton Woods scellĂ©s aprĂšs la deuxiĂšme guerre mondiale et rapiĂ©cĂ©s au fil des dĂ©cennies apparaissent de plus en plus anachroniques : les responsables politiques doivent combler le retard et aller de lâavant. Combler le retard signifie procĂ©der Ă la rĂ©forme du systĂšme de vote de la Banque mondiale et du FMI. Jâai demandĂ© que la part des pays en dĂ©veloppement au sein de la Banque mondiale soit portĂ©e progressivement Ă 50 %. La semaine derniĂšre, le G-20 a franchi un grand pas en ce sens en proposant dâaugmenter la part des pays en dĂ©veloppement dâau moins trois points de pourcentage dâici au dĂ©but de lâannĂ©e prochaine. La part des pays en dĂ©veloppement et en transition passerait alors Ă 47 %. JâespĂšre que cette question sera examinĂ©e par le ComitĂ© du dĂ©veloppement. Il est vrai que les pressions qui sâexercent sur les finances publiques nationales compliquent la tĂąche des gouvernements. Pour autant, je me rĂ©jouis que le G-20 se soit engagĂ© Ă faire en sorte que les banques multilatĂ©rales de dĂ©veloppement disposent de ressources suffisantes et nous ait demandĂ© dâexaminer nos besoins en capitaux dâici au milieu de lâannĂ©e prochaine. En ce qui le concerne, le Groupe de la Banque mondiale poursuivra ses entretiens avec les gouvernements des pays actionnaires â pendant et aprĂšs ces AssemblĂ©es â au sujet dâune Ă©ventuelle augmentation du capital de la BIRD et de lâIFC. Ces entretiens sont dĂ©jĂ bien avancĂ©s. Au printemps dernier, nos actionnaires ont demandĂ© Ă la Banque dâaccroĂźtre ses efforts et de fournir 100 milliards de dollars dâaide  au cours des trois prochaines annĂ©es. Comme je lâai indiquĂ© Ă nos Gouverneurs, la demande dâaide est dĂ©jĂ en passe de dĂ©passer cet ordre de grandeur et nous commencerons Ă ĂȘtre confrontĂ©s Ă de sĂ©rieuses difficultĂ©s dâici au milieu de lâannĂ©e prochaine. Notre action mĂ©rite un soutien accru. Les pays en dĂ©veloppement nous demandent chaque jour dâaugmenter nos investissements. Ces AssemblĂ©es sont donc pour eux une excellente occasion dâexposer directement leurs besoins aux autres actionnaires. LâIFC est Ă©galement confrontĂ©e Ă des contraintes en matiĂšre de capitaux qui pourraient entraver son soutien au secteur privĂ© des pays en dĂ©veloppement. Il sâagit dâune question importante, car lâune des questions posĂ©es par la reprise Ă©conomique est la non-intervention des programmes de relance publics dans le dĂ©veloppement du secteur privĂ©. Ă lâheure actuelle, lâeffondrement de lâĂ©conomie mondiale nâest heureusement plus un danger. Le risque, aujourdâhui, est que nous relĂąchions nos efforts. Si la crise sâestompe, la tentation sera de faire comme si rien ne sâĂ©tait passĂ©. Il deviendra plus difficile de convaincre les pays Ă collaborer pour rĂ©soudre les nombreux problĂšmes qui ont conduit Ă la crise et compromis les moyens dâexistence de millions de personnes, ainsi que les problĂšmes auxquels nous serons confrontĂ©s au sortir de la crise. Nous devons donc saisir lâoccasion qui se prĂ©sente aujourdâhui Ă nous pour faire avancer les rĂ©formes. Merci. »
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