Conférence de presse du Comité du développement : Remarques préliminaires de Robert Zoellick

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Assemblées annuelles 2009
Conférence de presse du Comité du développement :
Remarques préliminaires de Robert Zoellick

5 octobre 2009

M. ZOELLICK : « Merci, Carl.

Et je tiens à remercier tout particulièrement Agustin Carstens, qui a fait preuve d’une très grande compétence en tant que président du Comité du développement ces dernières années. En arrivant à ce propre poste, je n’aurais pas pu souhaiter un meilleur partenaire, ainsi qu’un ami et un conseiller. Et je dois dire qu’il va me manquer, mais je suis sûr que je vais rester en contact assez étroit avec lui.

Je tiens aussi à remercier le Gouvernement turc et les habitants d’Istanbul pour leur généreuse hospitalité. Je sais que ces réunions finissent toujours par perturber la circulation et compliquer les choses pour les entreprises et les activités locales, mais c’est merveilleux pour nous d’avoir eu l’occasion de voir cette ville extraordinaire et un magnifique pays.

Je suis très heureux que la réunion que nous avons tenue aujourd’hui au Comité du développement ait apporté un soutien de poids à l’action menée par la Banque mondiale. Elle a fait d’importants progrès pour ce qui est :

  • de garantir que les pays en développement vont avoir davantage leur mot à dire dans la façon dont cette institution est gérée,
  • de faire en sorte que le Groupe de la Banque mondiale ait des ressources suffisantes,
  • de créer un nouveau mécanisme pour décaisser rapidement des dons et prêts sans intérêts pour les 79 pays les plus pauvres de la planète, et
  • de donner suite à l’appel lancé par le G-20 en faveur d’un mécanisme pour la sécurité alimentaire de 20 milliards de dollars.

Les assemblées qui se tiennent ici à Istanbul sont la première grande réunion de responsables depuis le G-20, mais il y en a beaucoup parmi eux qui n’étaient pas autour de la table à Pittsburgh. Cette réunion donne à tous nos membres une occasion de s’exprimer sur l’orientation du Groupe de la Banque mondiale ; cela aura été une réunion du G-186.

En dehors de la réunion d’aujourd’hui du Comité du développement, la Banque mondiale a aussi participé à des manifestations organisées avec des groupes de la société civile, à une initiative du secteur privé visant à promouvoir les intérêts des filles et des femmes, à l’examen d’idées nouvelles pour tirer parti des capitaux privés afin de permettre le développement du secteur privé dans les pays en développement, ainsi qu’à de nombreuses réunions avec ses pays membres et organisations partenaires.

Le Comité du développement a reconnu que l’économie mondiale reste dans une situation précaire. Nous avons peut-être arrêté la chute des marchés financiers, mais nous sommes encore assez loin d’une reprise économique autonome qui fournit des emplois supplémentaires, des revenus plus élevés et des possibilités accrues.

La situation actuelle présente beaucoup de risques, qu’il s’agisse du nombre croissant des chômeurs, de la montée du protectionnisme ou des déficits de production encore larges. L’économie mondiale pourrait encore subir un retournement de situation, ne serait-ce que dans l’année 2010, où les gouvernements prévoient d’interrompre une bonne partie de leurs mesures de relance économique et où les refinancements de la dette pourraient s’accompagner d’une hausse des taux d’intérêt. Rien ne nous garantit que le secteur privé, principale source d’emplois, va se ressaisir. On ne sait toujours pas vraiment qui viendra remplacer le consommateur américain comme facteur de demande. Le moteur de la croissance mondiale a beau avoir redémarré cahin-caha, il pourrait aisément caler.

La réunion a maintenu en bonne voie le processus engagé par le Groupe de la Banque mondiale pour donner à ses pays membres en développement davantage d’influence. Cela part d’un souci de maintenir la pertinence, l’efficacité et la légitimité de notre institution dans un monde où les relations de pouvoir sont en train d’évoluer.

L’engagement a été pris à cette réunion de parvenir à un accord au plus tard lors des Réunions de printemps de la Banque mondiale, l’année prochaine, sur une réattribution de droits de vote d’au moins 3 points de pourcentage pour les pays en développement. Cela leur donnerait 47 %, au moins, et la réunion a également soutenu l’idée de progresser peu à peu en direction d’une répartition équitable des droits de vote pour les pays en développement.

Cela étant, les temps actuels sont difficiles pour les gouvernements, dont les budgets sont tous mis à rude épreuve, mais les membres du Comité ont pourtant approuvé l’engagement, pris à Pittsburgh par le G-20, de veiller à ce que le Groupe de la Banque mondiale dispose de ressources suffisantes, et un pas de plus en avant a été fait : dans les mois qui viennent, nous allons approfondir notre analyse des besoins en capital de la BIRD et de l’IFC en vue d’une décision de nos actionnaires dans le courant du printemps et dans le contexte des décisions prises par l’ensemble des banques multilatérales de développement. Cela constituerait la première augmentation générale de capital pour la Banque mondiale depuis 20 ans, et je suis donc heureux que nous ayons pu aller de l’avant sur ce dossier d’une manière constructive, et établir un point de décision précis.

Et bien entendu, cela est lié au dossier de la voix et d’une augmentation sélective de capital dans le cadre des autres efforts que nous menons pour essayer d’accroître nos ressources financières et notre capital.

Le Comité a également convenu d’examiner les avantages que pourrait présenter l’établissement d’un nouveau mécanisme d’intervention en cas de crise pour les pays les plus pauvres du monde. Cela serait envisagé dans le cadre de l’examen à mi-parcours consacré en novembre à l’Association internationale de développement, le guichet de la Banque mondiale destiné à ces pays les plus pauvres. Cette initiative met en pratique un enseignement de cette crise : nous devons faire d’une protection pour les plus vulnérables un élément permanent de l’architecture financière mondiale.

Le Comité a demandé au Groupe de la Banque mondiale de mettre en place un fonds fiduciaire multidonateurs pour financer l’Initiative pour la sécurité alimentaire dans les pays à faible revenu que le président Obama a annoncée dans le cadre du G-7 en juillet dernier. Le processus a déjà débuté par une réunion qui s’est tenue hier pour dégager un accord avec les partenaires sur le cadre opérationnel pour ce fonds. Mais comme certains l’ont souligné de nouveau à cette réunion, la crise alimentaire et énergétique a fait plus de mal aux pays en développement que la crise financière. Et pour beaucoup d’entre eux, cette crise n’est toujours pas finie.

Enfin, nous venons de sortir aujourd’hui d’une réunion constructive au titre du Dialogue de Bali, tenue cette fois-ci à la demande d’Yvo de Boer, qui dirige le Secrétariat des Nations Unies pour le changement climatique. Celui-ci a tenu à venir jusqu’ici de Bangkok, où il retourne aujourd’hui même, et ce dialogue permet ainsi d’associer les ministres des finances et du développement à la discussion concernant la façon de financer les mesures d’atténuation et d’adaptation au changement climatique.

Comme le soulignait le mois dernier notre Rapport sur le développement dans le monde, les fonds consacrés au changement climatique vont représenter des coûts considérables, et c’est là une question à aborder sans tarder. Le dialogue d’aujourd’hui a traité des questions de financement et du rôle des banques multilatérales de développement, et la Banque mondiale s’est engagée à jouer le rôle qui est le sien sous l’impulsion de la CCNUCC et de la Conférence des parties dans le contexte des Nations Unies. »

Pour plus d'informations sur la Banque mondiale,
rendez-vous sur le site : www.banquemondiale.org.

Pour plus d'informations sur les assemblées annuelles,
veuillez consulter la page d'information des Assemblées 2009.

(a) indique une page en anglais.


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