Après l’organisation des opérations d'urgence après une catastrophe, le travail, à plus long terme, de reconstruction et d'aide à la population se poursuit souvent pendant des mois, voire des années. La reconstruction commence dès le premier jour. Les erreurs de décision lors de cette première phase représentent un risque important. Des équipes de la Banque travaillent en collaboration avec les gouvernements et les partenaires de développement aux Philippines, en Indonésie, aux Samoa et eb Lao RDP. 14 octobre 2009 –Aujourd’hui se tient la Journée internationale pour la réduction des catastrophes  (a) , une campagne annuelle sponsorisée par les Nations Unies, afin d’attirer l’attention sur les millions de personnes dans le monde menacées par des catastrophes. Pour les milliers de personnes affectées par les catastrophes qui ont frappé, ce mois-ci, l’Asie de l’Est et les îles du Pacifique, il n’est nul besoin de rappeler ces risques. Au cours des dernières semaines, des catastrophes naturelles majeures ont causé la mort de plus de 1 500 personnes dans plusieurs pays de ces régions et dévasté des maisons, des hôpitaux, des écoles, des hôtels, des routes et des ponts.
En premier lieu, des inondations et des vents violents provoqués par la tempête tropicale Ketsana ont laissé derrière eux beaucoup de traces aux Philippines, au Cambodge, au Viet Nam et au Laos, tant en termes de pertes humaines que de dégâts matériels. Après la tempête Ketsana, le typhon Parma a été à l’origine de glissements de terrain et de nouvelles inondations aux Philippines. En Asie du Sud-Est, plus de 650 personnes ont perdu la vie au cours des différents épisodes de tempêtes qui ont affecté près de cinq millions de personnes.
Dans le Pacifique, suite au séisme d’une magnitude de 8,3 sur l’échelle de Richter au large des îles Samoa, un tsunami s’est abattu sur les Samoa américaines, et sur les îles Samoa et Tonga, provoquant la mort de 150 personnes et balayant sur son passage des maisons et des entreprises. Ensuite, pendant deux jours consécutifs, deux importants séismes ont frappé l’île indonésienne de Sumatra où 800 autres personnes ont trouvé la mort, tandis que 240 ont été portées disparues et des milliers se sont retrouvées coincées dans des structures détruites. Plus de 135 000 maisons et bâtiments ont été gravement endommagés, notamment à Padang, la capitale, qui se caractérise par une forte densité de population.
Pour faire face aux conséquences de ces dévastations, la Banque mondiale travaille en collaboration avec les gouvernements et les partenaires de développement international pour aider à évaluer l’étendue des dégâts ainsi que leurs coûts. Elle travaillera ensuite sur un plan de reconstruction tourné sur le long terme et dont l’objectif est de « Reconstruire en mieux ». Après l’organisation des premières opérations humanitaires de secours, le travail, à plus long terme, de reconstruction et de restauration des moyens de subsistance de la population se poursuit souvent pendant des mois, voire des années, après la catastrophe.
« La reconstruction commence dès le premier jour »
Des experts en matière de gestion des risques de catastrophe reconnaissent aujourd’hui qu’il est important de s’impliquer dans le processus visant à « Reconstruire en mieux » dès qu’une catastrophe se produit.
« Nous avons constaté que la reconstruction commence dès le premier jour », a indiqué Abhas Jha, Coordinateur de la gestion des risques de catastrophes pour la région Asie de l’Est et Pacifique à la Banque mondiale. « Le risque le plus important est que de mauvaises décisions soient prises dès les premières phases de la reconstruction ».
Par exemple, si des personnes vivent dans un lieu peu sûr et que leurs maisons sont détruites, il est important de veiller à ce qu’elles reconstruisent leurs maisons dans des endroits moins exposés. Personne ne peut contrôler les risques naturels comme les tempêtes et les séismes, mais une reconstruction bien planifiée peut permettre « d’éviter que les personnes ne vivent dans des zones inondables ou ne construisent des maisons qui ne soient pas sûres », affirme Abhas Jha. « Nous n’intervenons pas seulement pour répondre à une catastrophe, nous travaillons également avec les populations locales et les gouvernements pour garantir une meilleure protection des vies et des moyens d’existence en cas de nouvelle catastrophe ».
Tirer les leçons des expériences passées
La Banque a tiré les enseignements de toutes les expériences en matière de gestion de catastrophes sur lesquelles elle a travaillé, des séismes en Amérique latine, en Turquie, au Pakistan et en Chine jusqu’aux inondations au Yémen, au Bangladesh et en Namibie. Elle a constaté que la clé du succès à long terme de la reconstruction, suite à une catastrophe, consiste à impliquer les personnes affectées dans les décisions qui concernent la façon dont leur maison et leurs biens seront reconstruits.
À Aceh, des communautés ont piloté les opérations de réaménagement et de reconstruction de leur propre maison et ont participé à la relocalisation de leur communauté. Ainsi, une bonne partie de la vie communautaire a été rétablie et les personnes ont le sentiment que leurs nouvelles habitations, résistantes aux séismes, sont plus sûres et que les équipements locaux répondent à leurs besoins. Les enseignements tirés de l’expérience d’Aceh ont été mis à profit après le tremblement de terre de Yogyakarta, qui a causé la mort de 7 000 personnes en 2006, et ont permis à la communauté de réagir de façon encore plus efficace tout en optant pour des mesures moins coûteuses.
Aujourd’hui, alors que des équipes de la Banque mondiale se préparent à faire face aux conséquences des récentes séries de catastrophes en Asie de l’Est et dans le Pacifique, les leçons tirées des expériences à Aceh, à Yogyakarta  (a) et lors du séisme dévastateur qui a frappé Wenchuan, en Chine  (a) , l’année dernière, sont prises en compte dans le plan de reconstruction et dans les discussions.
La réponse de la Banque aux catastrophes naturelles qui s'abattent sur l'Asie de l'Est et Pacifique
Concernant les cas de catastrophes les plus récents, des équipes de la Banque mondiale, conjointement avec les agences des Nations Unies, ont rapidement été déployées aux Samoa pour aider à réaliser les évaluations des besoins post-catastrophes (PDNA). Des équipes de la Banque sont en train d’être constituées pour effectuer des évaluations multisectorielles et multi-agences aux Philippines et en Lao RDP .
Aux Philippines , la Banque travaillera avec le gouvernement en collaboration avec les Nations Unies, l’Union européenne, la Banque asiatique de développement et avec d’autres partenaires. En Lao RDP , l’équipe PDNA comprendra l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), l’UNICEF et la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique. En Indonésie , l’équipe de la Banque aide les gouvernements locaux et provinciaux à compiler les données sur les dégâts et les conséquences de la catastrophe pour déterminer les dommages et pertes causés par le séisme.
Le Dispositif mondial de réduction des effets des catastrophes et de relèvement (GFDRR) – un partenariat de 24 pays et d’organisations internationales géré par la Banque mondiale – a rapidement dégagé des fonds pour soutenir un plan de relèvement durable dans tous les pays touchés.