NâDJAMENA, 22 octobre 2009âLâidĂ©e de connecter toutes les capitales et les principales villes secondaires de lâAfrique centrale Ă partir dâun rĂ©seau de tĂ©lĂ©communications haut dĂ©bit en fibre optique est en cours de devenir une rĂ©alitĂ©. En effet, le Conseil dâAdministration du Groupe Banque mondiale vient dâapprouver le Programme de rĂ©seau de tĂ©lĂ©communications haut dĂ©bit dâAfrique centrale (en anglais, « Central Africa Backbone », en abrĂ©gĂ© CAB), un projet de 215 millions de dollars amĂ©ricains destinĂ© Ă offrir une opportunitĂ© exceptionnelle pour la rĂ©gion dâaccĂ©der aux moyens les plus modernes de tĂ©lĂ©communications dans des conditions de dĂ©bit et de prix raisonnables. Onze pays au total sont Ă©ligibles au Programme CAB.  Il sâagit des pays de la CommunautĂ© Ă©conomique et monĂ©taire de lâAfrique centrale (CEMAC) âCameroun, Tchad, RĂ©publique centrafricaine (RCA), Gabon, RĂ©publique du Congo, GuinĂ©e Ă©quatorialeâ, mais aussi le Niger, le NigĂ©ria, la RDC, Sao TomĂ© et Principe et le Soudan. Dâun financement de 26,2 millions de dollars, la premiĂšre phase qui vient dâĂȘtre lancĂ©e concerne essentiellement le Cameroun, le Tchad et la RCA, car lâAfrique centrale accuse un trĂšs grand retard par rapport aux autres rĂ©gions en termes dâaccĂšs et de niveau de prix des services TIC. Les tarifs mensuels dans la sous-rĂ©gion sâĂ©lĂšvent au double de ceux du reste de lâAfrique, et peuvent atteindre jusquâĂ trois fois ceux des autres parties du monde. Combler le fossĂ© tout en rĂ©duisant les coĂ»ts dâaccĂšs La plupart des pays couverts par le programme CAB se situent non seulement en dessous de la moyenne mondiale, mais aussi en dessous de la moyenne en Afrique subsaharienne. Ils subissent, de ce fait, de prix Ă©levĂ©s et dâune carence en matiĂšre dâaccĂšs. A 67 dollars par mois (2007), les frais de connexion aux services Internet sont plus Ă©levĂ©s dans les pays visĂ©s par le programme comparativement Ă la moyenne en Afrique subsaharienne (43 dollars) et Ă la moyenne mondiale (21 dollars). Par ailleurs, les tarifs de la bande passante internationale peuvent ĂȘtre jusquâĂ 50 fois plus Ă©levĂ©s pour les pays enclavĂ©s que pour les pays connectĂ©s aux cĂąbles sous-marins Ă fibre optique (le Tchad et la RCA utilisent exclusivement les communications par satellite). Ainsi, la premiĂšre composante du programme CAB vise Ă favoriser lâenvironnement sectoriel Ă travers la modernisation et lâharmonisation du cadre lĂ©gal et rĂ©glementaire, ainsi que par le renforcement de la capacitĂ© des institutions publiques telles que les ministĂšres sectoriels et les autoritĂ©s de rĂ©gulation. Le Programme va bĂ©nĂ©ficier, dans sa premiĂšre phase actuelle, de la dorsale optique de plus de 1000 kilomĂštres tirĂ©s le long du parcours de lâolĂ©oduc reliant le terminal maritime de Kribi (Cameroun) aux gisements pĂ©troliers de KomĂ© (Tchad), afin de connecter ces deux pays et la RCA au rĂ©seau Internet Ă haut dĂ©bit. Pour Mary Barton-Dock, Directrice des opĂ©rations de la Banque mondiale pour le Cameroun, le Tchad et la RCA, « le programme CAB est trĂšs important pour les pays concernĂ©s car il se trouve au cĆur de leurs stratĂ©gies de dĂ©veloppement. Ils pourront ainsi crĂ©er un environnement favorable, favoriser la concurrence et, Ă©ventuellement, accroĂźtre lâaccĂšs tout en rĂ©duisant les coĂ»ts pour les utilisateurs ». Dans un rĂ©cent rapport intitulĂ© « Information and Communications for Development 2009: Extending Reach and Increasing Impact » (Information et communication au service du dĂ©veloppement 2009: Ă©largir lâaccĂšs pour plus dâimpact), la Banque mondiale a constatĂ© que lorsque lâaccĂšs Ă Internet augmente de 10 points de pourcentage, il sâensuit une croissance Ă©conomique Ă©tablie Ă 1,3 points de pourcentage. Cette Ă©tude a par ailleurs dĂ©signĂ© la plate-forme mobile comme le moyen le plus puissant d'atteindre et de fournir des services publics et privĂ©s Ă des centaines de millions de personnes dans les zones Ă©loignĂ©es et rurales dans les pays en dĂ©veloppement. Moderniser le secteur des TIC et promouvoir les partenariats public-privĂ© Le projet CAB est Ă la fois un modĂšle dâintĂ©gration et de partenariat public privĂ©, car sa conception et sa mise en Ćuvre ont nĂ©cessitĂ© le concours de plusieurs organisations rĂ©gionales telles que la Banque africaine de dĂ©veloppement (BAD) et la CEMAC. Ses objectifs seront de: (i) maximiser l'utilisation du financement privĂ© (ou de minimiser l'utilisation du financement public), (ii) assurer la faisabilitĂ© et l'attrait de l'opĂ©ration, et (iii) d'assurer le libre accĂšs aux infrastructures de connectivitĂ© rĂ©gionale et garantir la concurrence, des tarifs raisonnables Ă lâĂ©chelle nationale, rĂ©gionale et internationale. En plus du dĂ©veloppement des infrastructures, le programme CAB permettra aussi de tacler les contraintes liĂ©es au secteur des TIC au niveau national dans chacun des pays concernĂ©s. Il sâagira dâamĂ©liorer lâenvironnement concurrentiel, notamment par la mise en place des outils de rĂ©gulation, la libĂ©ralisation accrue du secteur, la restructuration et la privatisation de lâopĂ©rateur historique, et la promotion des partenariats public-privĂ© pour maximiser lâimpact du CAB. Il est Ă noter que plusieurs projets avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© proposĂ©s dans la rĂ©gion, mais nâont pu voir le jour, en raison dâune combinaison de facteurs, notamment une rĂ©glementation peu adaptĂ©e, un contexte et des politiques peu favorables aux investissements, la complexitĂ© dâun projet dâinvestissement multi-pays et les doutes concernant sa pĂ©rennitĂ© financiĂšre.  « Les programmes d'infrastructures Ă caractĂšre rĂ©gional tels que le CAB illustrent la portĂ©e bĂ©nĂ©fique dâun partenariat solide entre gouvernements, secteur privĂ© et partenaires au dĂ©veloppement », a dĂ©clarĂ© Yann Burtin, chef dâĂ©quipe du projet. Les contributions de la BAD et de la Commission de l'Union africaine sont essentielles au processus, a-t-il ajoutĂ©. Lâapport des partenaires au  dĂ©veloppement Le Groupe Banque mondiale contribuera 215 millions de dollars au projet sur une pĂ©riode de 10 ans par le biais de l'Association internationale de dĂ©veloppement (IDA) et de la Banque internationale pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (BIRD). La BAD fournira quant Ă elle un financement parallĂšle dans le but de mobiliser 98 millions supplĂ©mentaires du secteur privĂ©. En collaboration avec la CEMAC, l'Union africaine jouera un rĂŽle important en facilitant la coopĂ©ration intergouvernementale et l'harmonisation des politiques. La SociĂ©tĂ© financiĂšre internationale (IFC) sera Ă©galement mise Ă contribution pour aider les gouvernements dans la structuration des partenariats publics privĂ©s. |