Aperçu - Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des zones urbaines. Aujourd’hui, la population urbaine est de 3,3 milliards de personnes et devrait atteindre les 5 milliards en 2030.
- Cette transformation démographique est notamment due aux pays en développement, où a lieu 90 % de la croissance urbaine. La population urbaine d’Afrique et d’Asie du Sud devrait doubler dans les vingt prochaines années.
- Aujourd’hui, on estime que 70 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont produites par les villes. Si l’urbanisation est bien menée, elle peut permettre de réduire les changements climatiques grâce à des villes plus denses, plus compactes, et une utilisation rationnelle de l’énergie.
- Dans la plupart des pays en développement, plus de la moitié du PIB est généré dans les villes. L’avenir de ces pays dépendra donc de la productivité de leur population urbaine.
- De plus, l’urbanisation a permis à 25 pays de réduire leur pauvreté durant la dernière décennie.
Les avantages économiques des agglomérations attirent l’attention des pays. Plus de la moitié du PIB est généré dans les villes, l’avenir économique d’une grande partie des pays en développement sera donc déterminé par la productivité de ces populations urbaines en plein essor. Comme le souligne le Rapport sur le Développement dans le monde de 2009, l’urbanisation est indispensable pour la croissance, mais elle n’est pas suffisante.
Les modèles de concentration urbaine jouent un rôle important dans ce processus, avec notamment des pays qui bénéficient des économies des agglomérations pour atteindre un niveau croissant de productivité. Les avantages de l’urbanisation ont été démontrés dans l’est de l’Asie où les villes ont eu une part importante dans la rapide croissance économique pour des pays comme la Chine, le Japon, la Corée ou la Malaisie. La Chine est le cas le plus révélateur, avec 50 % du PIB réalisé dans les zones côtières, qui représentent seulement 20 % du territoire. La demande des pays clients de la Banque mondiale qui désirent reproduire l’expérience chinoise et l’approche par le développement économique local est très forte. La pauvreté augmente de plus en plus avec l’urbanisation. Les opportunités offertes par les villes ont déclenché une immigration considérable en provenance des zones rurales. Ainsi, partout où la Banque est engagée, le taux de pauvreté en zone urbaine augmente, à l’exception de l’Europe centrale et de l’est.
Dans les pays en développement, plus d’un milliard de personnes vivent dans des quartiers urbains très pauvres, et ce chiffre continue d’augmenter. La construction permanente de quartiers informels autour des centres urbains comme au Caire, dans des villes brésiliennes, et certaines villes d’Afrique en plein essor, est problématique, en ce en raison notamment de l’ambigüité du statut des personnes récemment arrivées. Les quartiers pauvres représentent le point vulnérable des zones urbaines, à cause notamment des revenus faibles, des logements insalubres, des services et infrastructures insuffisantes, de la violence et des crimes, des expulsions, et de plus en plus des catastrophes naturelles ou causées par les hommes. En anticipant les futurs flux de migrants ruraux et la croissance urbaine, les villes doivent se préparer à absorber la croissance démographique et à éviter l’expansion des quartiers informels et le développement de quartiers sensibles. Les financements alloués par la Banque en faveur du développement urbain ont atteint des niveaux sans précédent. Afin de répondre à l’urbanisation rapide, de nombreux pays ont cherché des investisseurs pour financer les infrastructures urbaines. Ainsi, le portefeuille urbain de la Banque s’est considérablement étoffé ; durant les 5 dernières années, il a atteint une part de 8 % du portefeuille total de prêts de la Banque, un pourcentage jamais atteint jusqu’alors. Les investissements financent des abris, des infrastructures, l’amélioration des quartiers pauvres, la gouvernance municipale, des efforts environnementaux et des services sociaux. Le portefeuille actif actuel comprend plus de 155 activités dans plus de 60 pays pour un montant total de 10,3 milliards de dollars américains dans des engagements de prêts.
La Nouvelle Stratégie Urbaine de la Banque. La dernière stratégie urbaine mise en place par la Banque – Villes en Transition - a près de 10 ans. De nombreuses raisons, comme l’urbanisation rapide, les changements climatiques, la crise financière mondiale, la volatilité des prix et les réserves en énergie, les progrès de la décentralisation et la prise en considération de l’importance de la croissance urbaine ont engendré un besoin de révision de l’agenda urbain et la redéfinition des outils pour venir en aide aux villes. Il a été demandé à la Banque de participer à l’élaboration de cet agenda, en collaboration avec de nombreux partenaires donateurs, des associations urbaines – Alliance des Villes et Villes Unies et Gouvernements Locaux – des gouvernements nationaux et des villes. La nouvelle stratégie – Systèmes urbains : utiliser le potentiel de l’urbanisation pour la croissance et la réduction de la pauvreté – doit être publiée à l’automne 2009. Elle est conçue à partir d’une approche du type « système urbain ». Si les villes les plus importantes accueillent souvent la majeure partie des entreprises créatrices d’innovations et des industries du secteur des services, caractérisées par les « économies de l’urbanisation », les villes de taille moyenne offrent plus d’avantages aux entreprise de manufacture caractérisée par une « économie de la localisation ». Les plus petites villes offrent des marchés à la production et au commerce ruraux à travers de petites entreprises qui contribuent souvent à la facilitation de la transition rural-urbain.
La stratégie promeut non seulement une approche de vente « en gros » permettant d’atteindre les populations en croissance des villes secondaires, le développement d’instruments de financement plus adaptés aux nouveaux besoins, mais aussi l’élaboration de nouveaux produits de connaissance permettant de renforcer les capacités au niveau local. Elle plaide également pour un développement urbain durable et associe la thématique urbaine à celle des changements climatiques et des économies d’énergie. Initiatives de la Banque dans le domaine de l’urbanisation. Un nombre de plus en plus important de pays en développement demande l’aide de la Banque dans la gestion du processus d’urbanisation. Des pays comme le Vietnam doivent faire face à une augmentation annuelle du nombre de résidents urbains de l’ordre de 1 million, une augmentation absorbée par trois centres urbains seulement. En réponse, la Banque travaille sur une étude consacrée à l’urbanisation avec l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) et d’autres partenaires. Ce travail met en place un cadre et une méthodologie destinés à l’analyse des perspectives d’urbanisation actuelles et futures, incluant des réponses politiques.
Ce nouvel outil, qui sera lancé avec la stratégie urbaine et testé dans l’année à venir, permettra d’analyser les tendances démographiques ainsi que les besoins en termes de transport, de logements, d’approvisionnement en eau et autres infrastructures, ainsi que les conditions du marché foncier. Il permettra de prendre en compte l’impact de l’urbanisation sur les populations urbaines les plus pauvres et aidera villes et pays à mieux se préparer à la gestion des processus d’urbanisation dans le cadre d’une approche basée sur un « système urbain ».  Changements climatiques et économies d’énergie dans les villes. On estime à 360 millions le nombre de résidents urbains vivant en zone côtière. Cette situation renforce leur vulnérabilité face aux événements liés aux changements climatiques tels que les ouragans ou l’augmentation du niveau des eaux. Les villes consomment environ deux tiers de l’énergie dans le monde. Les solutions liées à l’efficacité énergétique peuvent constituer des réponses pratiques pour les villes, dont les budgets sont limités, et leur permettre de répondre à leurs besoins sans avoir à sacrifier leurs objectifs de développement. Le nouveau programme ECO2 Cities de la Banque mondiale a pour but d’aider les villes des pays en développement à parvenir à renforcer leur durabilité écologique et économique en liant santé de l’environnement, efficacité énergétique et questions de viabilité dans la préparation de l’avenir des villes. Contacts médias: Roger Morier, +1 202 473 5675, rmorier@worldbank.org Mise à jour : septembre 2009 |