OPERATEUR : Je vous remercie d’avoir attendu. Pour le moment, tous les participants sont en mode écoute seulement. Pour poser une question pendant la session des questions/réponses, vous pouvez appuyer sur la touche étoile un de votre téléphone à touches. La conférence d’aujourd’hui est enregistrée. Si vous n’êtes pas d’accord, vous pouvez vous déconnecter maintenant. Je vais maintenant passer la parole à Mme Amy Stillwell. Amy, c’est à vous. Mme STILWELL : Bonjour tout le monde. Je suis Amy Stilwell de la Banque mondiale. Merci de nous rejoindre et désolée pour le retard. Yvonne Tsikata, Directrice des opérations de la Banque mondiale pour les pays des Caraïbes, va vous donner des informations sur la réponse de la Banque mondiale au tremblement de terre en Haïti qui s’est produit hier. Le prénom d’Yvonne s’épelle Y-V-O-N-N-E et son nom de famille T-S-I-K-A-T-A. Après son intervention, Mme Tsikata répondra à quelques questions. Une personne mène les débats. On répondra donc à vos questions l’une après l’autre. Veuillez s’il vous plaît vous présenter et dire de quelle organisation vous faites partie avant de poser votre question. Cette conférence téléphonique sera enregistrée, sauf indication contraire. C’est à vous, Mme Tsikata. Mme TSIKATA : Merci, Amy. Merci à tous. Comme vous le savez, après le tremblement de terre d’hier et les répliques qui ont elles aussi été de grande ampleur, la Banque mondiale annonce aujourd’hui une aide financière accrue et l’octroi d’une aide d’urgence à Haïti à hauteur de 100 millions de dollars. Ce n’est que l’un des aspects du soutien que nous allons apporter au pays. En effet, en plus de ces 100 millions de dollars d’aide financière, nous allons aussi travailler avec d’autres partenaires du développement pour aider le gouvernement d’Haïti à évaluer la nature et l’étendue des dégâts. Nous allons en particulier travailler avec l’ONU pour faire ce que nous appelons des évaluations des besoins post-catastrophe selon une méthode bien établie. Cela nous aidera à fixer avec le gouvernement les domaines prioritaires où les besoins sont les plus grands. Le Dispositif mondial de réduction des effets des catastrophes et de relèvement a affecté 250 000 dollars à cette évaluation. En termes de calendrier de cette évaluation, nous en sommes à l’évidence au stade de la recherche et du mode de sauvetage et il faut que cela suive son cours. Puis, en discutant avec le gouvernement, nous devrons fixer le calendrier le plus approprié. Nous voudrions aller aussi vite que possible. Ensuite, dans un troisième stade, nous voulons aussi utiliser nos projets existants. Nous avons un certain nombre de projets très dynamiques par lesquels nous sommes très proches de la population, comme par exemple certains projets de développement menés par les communautés, nos projets en matière d’éducation où nous fournissons une aide alimentaire aux enfants et où nous participons à la reconstruction des écoles. Nous estimons pouvoir dans tous ces domaines tirer parti très rapidement de notre activité existante. Les critères essentiels que nous retenons sont la rapidité, la réactivité et l’efficacité en termes d’utilisation des projets existants. La Société financière internationale, l’institution du Groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé, a au cours des deux dernières années travaillé très étroitement avec le secteur privé haïtien pour identifier les possibilités d’investissement. Elle a déjà commencé à parler avec des clients haïtiens pour voir comment la Société peut aider dans cette situation. Nous estimons en effet que le secteur privé aura un rôle crucial à jouer dans l’effort de redressement du pays. Enfin, à moyen terme, nous envisageons la constitution d’un fonds fiduciaire spécial pour Haïti, un Fonds pour la reconstruction d’Haïti. C’est quelque chose que nous avons déjà fait auparavant. Nous l’avons fait après le passage de l’ouragan Mitch en Amérique centrale. C’est un moyen de réunir plusieurs partenaires du développement de façon coordonnée pour faire face aux besoins véritablement très exceptionnels que nous prévoyons. Mme STILWELL : Bien. Et maintenant les questions. OPERATEUR : Merci. Si vous souhaitez poser une question, appuyer sur étoile un. Pour annuler votre question, appuyer sur étoile deux. Je répète, pour poser une question, appuyer sur étoile un. Un moment s’il-vous-plaît. La première question est : C’est à vous. QUESTION : un communiqué de presse dit 100 millions de dollars?au titre d’un financement d’urgence à titre gracieux. Ce financement s’ajouterait à quoi ? Je veux dire, quel est le montant que les Haïtiens vont avoir maintenant ? Mme TSIKATA : Jusqu’à présent, depuis 2005, nous avons versé environ 308 millions de dollars et aussi 55 millions de dollars en fonds fiduciaires. Cela viendrait donc en supplément de tout cela, de ce qui a déjà été programmé. QUESTION : D’accord. OPERATEUR : question suivante ? : C’est à vous. QUESTION : Oui, merci. Pouvez-vous nous dire comment l’argent sera décaissé ? Je veux dire, cet argent sera-t-il disponible immédiatement et sur quels types de projets ou comment sera-t-il dépensé ? Merci. Mme TSIKATA : L’affectation des fonds dépendra bien évidemment des priorités du gouvernement. Généralement, dans cette sorte d’urgence, pour vous donner un exemple, nous avons réagi rapidement par un soutien budgétaire. C’est un moyen rapide de verser des fonds au gouvernement pour qu’il puisse acheter les choses dont il a besoin. C’est une manière de faire. L’autre manière, c’est d’intervenir par le biais des projets existants qui sont efficaces en termes d’utilisation de l’argent. Ici encore, c’est un moyen rapide de verser l’argent parce que l’on n’a pas à partir de zéro et à mettre en place quelque chose. La nature réelle du projet sera bien évidemment déterminée en consultation avec le gouvernement haïtien. OPERATEUR : Je répète : pour poser une question, appuyer sur étoile un. Question suivante ? : C’est à vous. QUESTION : Je sais qu’il est encore très tôt. Je souhaitais simplement savoir si vous aviez une estimation des dommages économiques infligés au pays ainsi que la gravité du coup porté aux efforts de lutte contre la pauvreté à Haïti. Ma deuxième QUESTION : je ne sais pas exactement comment vous allez pouvoir acheminer une aide à Haïti. Les routes avec la République dominicaine sont-elles ouvertes, ou bien l’acheminement se fera-t-il par voies aériennes et, concrètement, comment les choses vont-elles se passer. Merci Mme TSIKATA : Merci. S’agissant de votre première question, vous avez raison, il est encore très tôt. Je pense que le seul point de référence dont nous disposons est la période 2008 pendant laquelle nous avons été les témoins de quatre ouragans et tempêtes tropicales. Le coût à cette époque pour l’économie haïtienne avait correspondu à 15 % du PIB. Il s'agissait alors d’une catastrophe beaucoup plus localisée. Celle qui nous occupe aujourd’hui a affecté une zone géographique du pays beaucoup plus vaste. Ainsi, au moins 15 % du PIB (produit intérieur brut) est l’estimation actuelle, mais il est trop tôt pour dresser un tableau complet des dommages économiques réels. En ce qui concerne les modalités de prestation de l’aide aux populations d'Haïti, l’aide est un appui budgétaire sur le même site ; il ne s’agit pas de choses matérielles, d’accord ? Mais bien de ressources financières. Je n’ai pas une idée claire de l’état des routes à proximité de la frontière de la République dominicaine. Nous pouvons compter sur les membres du personnel provenant de notre bureau en République dominicaine qui interviennent vers la frontière en coopération avec les organismes des Nations Unies. Ainsi, des informations devraient nous parvenir, des rapports précis, sur la situation à l’intérieur de la République dominicaine, à proximité ou en direction de la frontière. OPERATEUR : question suivante ? : C’est à vous. QUESTION : Bonjour, Yvonne. Je me demandais si vous pouviez juste nous exposer comment vous travaillez – actuellement, comment vous collaborez avec les autres donateurs à l’acheminement de l’aide vers Haïti. Savez-vous s’il existe une équipe spéciale ou un groupe déjà formé à la coordination de cette aide ? Mme TSIKATA : eh bien, nous disposons d’un certain nombre de groupes qui collaborent déjà étroitement. À Port-au-Prince, nous avons pu compter sur un groupe G10 composé de 10 grands donateurs dont l’action se concrétise également au-delà de la capitale. Nous nous sommes entretenus avec la BID et le FMI, et un certain nombre de réunions est organisé. D’ailleurs, cet après-midi, en ce moment même, je manque une réunion de l’Organisation des États américains, mais quelqu’un de mon équipe y assiste. Ainsi, il existe un certain nombre de possibilités permettant déjà aux donateurs de se réunir et de débattre de l’approche à adopter pour apporter une réponse cohérente. OPERATEUR : encore une fois pour poser une question, appuyer sur la touche étoile un de votre téléphone à touches. Question suivante ? : C’est à vous. QUESTION : Oui, bonjour. Merci encore. Je souhaitais simplement clarifier quelque chose que vous avez mentionnée précédemment. Je ne pense pas avoir correctement saisi. Vous avez dit que le choc économique de la catastrophe représentait au moins 15 % du PIB, c’est juste, un cinquième ; correct ? Mme TSIKATA : Correct. Mais cette estimation n’est pas scientifique. QUESTION : Oui. Mme TSIKATA : je veux dire : considérez les catastrophes de 2008 où quatre tempêtes tropicales et ouragans ont frappé une grande partie la ville de Goave, et maintenant considérez l’ouragan [correction : l’expert veut dire « tremblement de terre »] – [inaudible à 00:09:31] qui a frappé une plus grande partie du pays et également, malheureusement, ce centre économique. Je prévois ainsi que le coût économique va être supérieur au 15 % de 2008. OPERATEUR : question suivante ? : QUESTION : Bonjour. Je voulais simplement vérifier un point, vous dites qu’un total d’un million de dollars ont été alloués ou réservés puis que 250 – 250 000 dollars – correspondent à l’évaluation. Ainsi, 750 000 dollars supplémentaires sont prêts à être versés ; cela est-il correct? Mme TSIKATA : non, le financement supplémentaire est de 100 millions de dollars, je dis bien « millions ». QUESTION : Ah. Très bien. Désolé. Mais, alors, sur cette somme, il y en a 750 qui doivent être décaissés, et c’est à cela que vous vous référiez précédemment, les 250. Mme TSIKATA : la subvention de 250 000 dollars vient s’ajouter aux 100 millions de dollars. QUESTION : D’accord. Merci. Mme TSIKATA : et je dois apporter juste une précision. Lorsque j’ai parlé du fonds de reconstruction pour Haïti, je pense avoir omis de mentionner que la Banque mondiale s’emploiera à fournir le financement de départ au fonds de reconstruction. Mme STILWELL : nous avons le temps pour une toute dernière question. OPERATEUR : dernière question ? : QUESTION : Oui, dans la continuité de la question précédente, je souhaiterais savoir à combien vous estimez les dommages d’après les comptes rendus qui vous sont parvenus et les informations que vous avez recueillies auprès des personnes avec qui vous avez parlé. A quel autre grand tremblement de terre que vous avez vu compareriez-vous la présente catastrophe. Mais également, quel est selon vous le degré d’urgence de cette évaluation. Je veux dire, on pourrait penser que le gouvernement va mettre du temps avant d’être de nouveau en position de décider. Je veux dire : quel sera, selon vous, le délai nécessaire pour procéder à cette évaluation et dans quelle mesure celle-ci est-elle nécessaire ? Mme TSIKATA : du point de vue de l’étendue des dégâts, les mêmes informations me parviennent que vous. Notre personnel ne peut s’éloigner des environs de notre bureau. Comme vous le savez peut-être, de nombreuses routes sont impraticables de sorte qu’il est difficile d’avoir une vue correcte de la situation. Même les actualités se sont surtout concentrées sur Port-au-Prince même. Nous ne pouvons pas avoir une idée claire de ce qui se passe en dehors. En ce qui concerne l’urgence et la nécessité de procéder à une évaluation, je souhaite simplement dire que nous avons déjà effectué cette évaluation dans toutes sortes de situations, des situations particulièrement tragiques, de tsunamis, etc., et le gouvernement peut ne pas être en état de marche, mais les moyens sur place justifient généralement que nous nous y rendions. Il importe pour nous de nous rendre sur place dans un délai raisonnable en partie parce que la collaboration avec le gouvernement nous permet de commencer à contribuer à la formulation des priorités afin que nous puissions, en tant que partenaires de développement, décider des domaines prioritaires où nous souhaitons affecter nos ressources. Je pense que c’est là une opération importante, mais la priorité absolue pour les Haïtiens en ce moment consiste réellement à faire ce qu’ils font : donner le meilleur d’eux-mêmes pour retrouver leurs proches peut-être toujours enterrés vivants sous les décombres. Nous pensons d’abord très fort au peuple haïtien ; c’est une véritable tragédie. Je souhaite également mentionner qu’il a été particulièrement motivant pour nous de travailler pour Haïti l’année dernière. Le développement du secteur privé a suscité beaucoup d’enthousiasme, pour ce qui est de la « loi Espoir ». La Banque mondiale, en particulier la SFI, avait facilité des visites d’hommes d’affaires coréens et brésiliens. On a manifesté beaucoup d’intérêts dans les investissements, les nouveaux investissements. Aussi est-il particulièrement triste de constater ce coup d’arrêt, que nous espérons provisoire, mais la question de savoir comment Haïti peut véritablement relancer la croissance a fortement stimulé les esprits. Mme STILWELL : Merci à tous pour votre temps. Le principal contact pour la Banque mondiale à ce sujet est mon collègue Alejandro Cedeno joignable au numéro (202) 473-3477. Merci infiniment. Nous nous reparlerons prochainement. |