NAIROBI, 3 mars 2010 â En marge du Forum africain du carbone prĂ©vu tous les ans, une nouvelle initiative visant Ă gĂ©nĂ©rer des retombĂ©es bĂ©nĂ©fiques aux plans Ă©cologique et financier pour les communautĂ©s locales vivant dans les zones pauvres situĂ©es sur les hauteurs de lâĂthiopie a Ă©tĂ© annoncĂ©e aujourdâhui mĂȘme Ă Nairobi. Le Projet de rĂ©gĂ©nĂ©ration naturelle assistĂ©e de Humbo est le premier projet forestier de grande ampleur en Afrique Ă ĂȘtre homologuĂ© dans le cadre du MĂ©canisme de dĂ©veloppement propre du Protocole de Kyoto. Il gĂ©nĂ©rera des retombĂ©es Ă©conomiques et sociales pour les communautĂ©s pauvres en Ăthiopie, mais aussi des effets bĂ©nĂ©fiques pour lâenvironnement car il rĂ©duira dâenviron 880 000 tonnes les Ă©missions de dioxyde de carbone dans lâatmosphĂšre au cours des 30 prochaines annĂ©es.  Le PrĂ©sident-Directeur gĂ©nĂ©ral de World Vision Australie, M. Tim Costello, a affirmĂ© que le Projet de rĂ©gĂ©nĂ©ration naturelle assistĂ©e de Humbo, qui a Ă©tĂ© mis en place par lâagence internationale World Vision en partenariat avec la Banque mondiale, est un exemple trĂšs rĂ©ussi de reboisement qui rĂ©duit la pauvretĂ© tout en luttant contre le changement climatique.  « World Vision travaille depuis plus de 20 ans avec les communautĂ©s pour la mise en Ćuvre de projets compatibles avec lâenvironnement qui crĂ©ent des emplois et font reculer la pauvreté », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Le revenu gĂ©nĂ©rĂ© par les crĂ©dits carbone est sans doute un surcroĂźt de ressources fort apprĂ©ciable, mais le projet offre dâautres avantages tangibles tels que le renforcement des capacitĂ©s de surmonter les effets sur le climat.  Le Projet Humbo est le fruit de la collaboration entre plusieurs organisations Ă lâĂ©chelle de plusieurs continents, qui bĂ©nĂ©ficie de lâassistance des bureaux de World Vision en Australie et en Ăthiopie, de la Banque mondiale, de lâAgence Ă©thiopienne pour la protection de lâenvironnement, ainsi que des administrations locales et rĂ©gionales et de la communautĂ©. Il a permis de restaurer plus de 2 700 hectares de terres dĂ©gradĂ©es Ă Humbo au sud-ouest de lâĂthiopie depuis 2007. Lâhomologation du Projet par les Nations unies ouvre la voie Ă la vente future de crĂ©dits carbone reprĂ©sentant plus de 338 000 tonnes (dâici Ă 2017), dont le Fonds BioCarbon de la Banque mondiale achĂštera lâĂ©quivalent de 165 000 tonnes sous forme de crĂ©dits carbone.   Le Fonds BioCarbon est une initiative bĂ©nĂ©ficiant de contributions venant du secteur public et du secteur privĂ©. Il achĂšte des rĂ©ductions dâĂ©missions Ă des projets de boisement et de reboisement dans le cadre du MDP, ainsi quâĂ des projets sectoriels portant sur lâamĂ©nagement des terres hors du cadre du MDP, tels que les projets qui contribuent Ă la RĂ©duction des Ă©missions rĂ©sultant du dĂ©boisement et de la dĂ©gradation des sols (REDD) et Ă lâaccroissement des quantitĂ©s de carbone piĂ©gĂ©es dans les sols par lâemploi de pratiques agricoles amĂ©liorĂ©es.  La vente de crĂ©dits carbone dans le cadre du Fonds BioCarbon gĂ©nĂšrera un flux de revenus de plus de 700 000 dollars pour les communautĂ©s locales sur une pĂ©riode dâau moins dix ans. La communautĂ© pourra bĂ©nĂ©ficier dâautres revenus par la vente des crĂ©dits carbone qui nâont pas Ă©tĂ© achetĂ©s par la Banque mondiale ainsi que de la vente de produits du bois provenant dâĂźlots boisĂ©s dĂ©signĂ©s dans le cadre du Projet.  Le Projet Humbo est le plus vaste projet forestier de la Banque mondiale en Afrique Ă obtenir lâhomologation du MDP. « à cette date, lâAfrique abrite moins de 2 % des projets homologuĂ©s par le MDP. La promotion de projets dâamĂ©nagement des terres et de protection des forĂȘts dans cette rĂ©gion est une condition essentielle au changement du statu quo. Sans cela, il sera difficile dâobtenir lâadhĂ©sion des pays africains Ă un rĂ©gime climatique aprĂšs Kyoto. Ă cet Ă©gard, lâhomologation de ce projet revĂȘt une signification toute particuliĂšre », selon Mme Inger Andersen, Directrice, DĂ©veloppement durable (RĂ©gion Afrique) pour la Banque mondiale.  « Nous sommes convaincus que le projet encouragera les promoteurs du projet Ă Â accroĂźtre les initiatives dâamĂ©nagement des terres et des forĂȘts dans cette rĂ©gion, permettant ainsi aux pays africains de mettre Ă profit les dĂ©bouchĂ©s quâoffrent les marchĂ©s du carbone en pleine croissance tout en gĂ©nĂ©rant des retombĂ©es supplĂ©mentaires pour les communautĂ©s aux plans social, Ă©conomique et environnemental ».  La Directrice nationale de World Vision Ăthiopie, Mme Tenagne Lemma, a confiĂ© que les avantages du Projet Humbo ont Ă©tĂ© reconnus publiquement lâannĂ©e derniĂšre par le gouvernement Ă©thiopien au cours de la JournĂ©e mondiale de lâenvironnement, ce qui sâest traduit par le dĂ©tachement de deux agents de terrain de World Vision en vue dâappuyer lâĂ©quipe de nĂ©gociation sur le changement climatique du pays. Le « modĂšle du projet Humbo » a Ă©tĂ© Ă©galement repris dans dâautres projets de World Vision Ă travers le pays.  « Les fortes pentes que lâon rencontre sur le site du projet avaient Ă©tĂ© aplanies depuis le dĂ©but des annĂ©es 70 et Ă©tant donnĂ© quâil ne reste presque plus dâarbres Ă cet endroit, lâĂ©rosion et les coulĂ©es de boue sont courantes pendant la saison pluvieuse », a-t-elle ajoutĂ©. « La situation est tout Ă fait diffĂ©rente aujourdâhui ».  « La multiplication des retombĂ©es pour la communautĂ© Ă travers lâamĂ©lioration de lâamĂ©nagement des terres et les effets bĂ©nĂ©fiques qui en dĂ©couleront pour la santĂ©, la sĂ©curitĂ© alimentaire et les moyens de subsistance des populations ont dĂ©passĂ© les prĂ©visions les plus optimistes. Ce qui est bien plus encourageant que les revenus liĂ©s au carbone, câest le revenu gĂ©nĂ©rĂ© par la vente du fourrage, des fruits forestiers et, enfin, la rĂ©colte sĂ©lective des produits du bois qui contribue Ă la fourniture de moyens dâexistence aux mĂ©nages et au dĂ©veloppement de lâĂ©conomie locale et qui dĂ©passe de loin les recettes provenant du carbone ».  Quoique les approches classiques du reboisement font appel Ă la replantation onĂ©reuse des arbres en puisant dans les stocks des pĂ©piniĂšres, plus de 90 % de la zone dâimplantation du projet Humbo a Ă©tĂ© reboisĂ© en recourant Ă la RĂ©gĂ©nĂ©ration naturelle des forĂȘts gĂ©rĂ©e par les exploitants (FMNR), qui encourage les repousses Ă partir de souches dâarbres dĂ©jĂ abattus, mais encore vivants. Ă lâaide de cette mĂ©thode, une vaste « forĂȘt souterraine » a Ă©tĂ© mise Ă jour et des essences forestiĂšres locales gĂ©nĂ©ratrices de biodiversitĂ©, dont certaines sont menacĂ©es, ont Ă©tĂ© restituĂ©es Ă la rĂ©gion.  à ce jour, trente projets forestiers ont Ă©tĂ© homologuĂ©s dans le cadre du MDP et ce projet est le cinquiĂšme projet LULUCF Ă ĂȘtre homologuĂ© dans le cadre du Fonds BioCarbon de la Banque mondiale. La mise en place de tels projets dâamĂ©nagement des terres, de modification de lâutilisation des terres et dâamĂ©nagement forestier (LULUCF) est indispensable, en particulier sur un continent qui nâa pas vu gĂ©nĂ©ralement se concrĂ©tiser un grand nombre de projets dans le cadre du MDP.  La majoritĂ© des 80 millions dâĂ©thiopiens tirent leurs moyens de subsistance de lâagriculture, qui reprĂ©sente 50 % du PIB et fournit 80 % des emplois. World Vision intervient dans la zone de Humbo en Ăthiopie depuis la grande famine de 1984-1985 qui a coĂ»tĂ© la vie Ă un demi-million de personnes.  Pour de plus amples renseignements sur le Fonds BioCarbon, priĂšre visiter le site web suivant : http://www.wbcarbonfinance.org  Pour de plus amples renseignements sur le Forum africain du carbone, priĂšre visiter le site suivant : http://www.africacarbonforum.com/2009/english/index.htm  |